Kool Shen

Le 10 décembre 2009, par Surface


S’il n’avait pas fait du rap, il aurait certainement été joueur de football. De retour en solo après un come-back triomphal au sein du groupe NTM, Kool Shen évoque avec nous son autre passion : le ballon rond

A la veille de la sortie de son dernier album Crise de conscience, Kool Shen  enchaîne les interviews, comme un footballeur les matches. Rompu à l’exercice, professionnel et courtois, il n’hésite pas à s’enflammer lorsqu’il  s’agit de disserter sur le football. Fervent amateur de ce sport, au point de suivre les rencontres de ligue 2, il pourrait parler ballon durant des heures. Surtout que le francilien n’est pas passé loin d’une carrière de footballeur   professionnel. A deux doigts de signer au centre de formation de lens, il a finalement choisi la voie du rap. Avec succès.

Qu’est-ce Qui t’a amené à aimer le football ? Mon père jouait au foot, mon grand frère aussi. Je joue au ballon depuis que je marche. J’ai joué à Pierrefitte (près de Saint-Denis, ndlr), puis à Aubonne. Ensuite, j’ai été repéré par le Racing de Colombes où j’ai joué en cadets nationaux. Je devais partir en centre de formation à Lens. Il y a eu une détection mais j’ai préféré ne pas y aller car à ce moment-là, j’ai croisé la route du hip-hop. Et puis, ça me faisait chier de me retrouver à 300 kilomètres de chez moi, à 14 ans, loin de mes parents. Je venais de rencontrer une nouvelle passion, au grand dam de mon père. Il travaillait sur les chantiers mais me conduisait à mes quatre entraînements hebdomadaires au Racing.

Les critiques envers Raymond Domenech : fondées ou pas ? On a les meilleurs joueurs du monde et on n’arrive pas à battre la Roumanie et l’Autriche... Il peut dire ce qu’il veut à la fin des matches. Ribéry, Gourcuff et Benzema, ce sont trois phénomènes.Nous, on n’avait que Platini à l’époque. Il y avait Giresse et Tigana derrière mais avant que Giresse ne soit en équipe de France, quand on s’est qualifiés pour la Coupe du monde, on  n’avait que Platini. Aujourd’hui, l’équipe de France, c’est les All Stars. À part  la charnière centrale, où l’on ne sait pas qui doit jouer. D’ailleurs, les essais  permanents de Domenech… C’est à lui de les faire jouer ensemble, de savoir  mettre Thierry Henry en valeur. « Oui, mais ils jouent tous à gauche ». Ben,  je ne sais pas, débrouille-toi gros ! C’est ton métier ! Arrête de parler des  problèmes, essaie de les résoudre ! Et puis, fais nous kiffer ! Tu nous a fait  kiffer contre les Féroé, on est contents mais c’était les Féroé... D’habitude,  on ne kiffe pas. On fait cinq ou six passes de suite mais on n’arrive pas à avoir  un fond de jeu. Sans vouloir tirer sur l’ambulance, je suis obligé de me  tourner vers celui qui doit être responsable de ça. En plus, on a des joueurs  qui n’ont pas la super grosse tête et semble vouloir jouer ensemble.  Domenech doit être un détonateur pour que tous ces grands joueurs forment une vraie équipe.

On Considère Gourcuff comme le nouveau Zidane... Déjà, Zidane, personnellement, il ne m’a jamais impressionné, hormis le fait  qu’il nous a ramené la Coupe du monde avec ses deux buts. En 98, il n’avait  pas fait une Coupe du monde extraordinaire, d’ailleurs. En 2006, il fait un  très bon match contre le Brésil, mais Platini, c’est un mec que je place  largement devant Zidane.

Est-ce que tu crois que le foot peut jouer un rôle au niveau social ? Oui. Pour moi, cela peut être surtout une école de la vie. Il y a des règles qui  sont plus ou moins imposées, il faut apprendre à vivre et jouer au ballon  ensemble, respecter l’entraîneur, les entraînements. Après, est-ce que c’est  un ascenseur social ? Ça le sera pour celui qui réussit, mais il n’y a pas que  des Zidane.

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