Bengal Fire

Le 2 octobre 2016, par Surface


Loin des frasques de l’Indian Super Championship (ISC), le vrai football indien est à l’image des nouvelles constructions qui colonisent les skylines des mégalopoles asiatiques : objectifs élevés et échafaudages en bambou. Les moyens sont parfois rudimentaires mais l’ambition et l’engouement valent le voyage. Spectacle et dépaysement garantis...

La Hero I-League, sorte de Ligue 1 indienne, voit plus loin que sa jeune soeur, la clinquante ISC. La seconde capte la lumière huit semaines par an grâce à des neo retraités venus d’Europe. La première, elle, souhaite installer le football au pays de Gandhi. Durablement. La Hero I-League, voit s’affronter neuf équipes déterminées à gagner une compétition très disputée s’étalant sur ce pays continent, où les footballeurs parcourent balle au pied des milliers de kilomètres. De Mumbai à New-Dehli ou de Goa à Aizawl, plus de 2 500 km séparent parfois les équipes. Un championnat éprouvant mais qui permet d’accéder à la Ligue des Champions d’Asie, vecteur essentiel de la promotion du football indien dans le monde. À la lutte avec le cricket, le hockey sur gazon, le badminton et le Kabaddi, le ballon rond peut-il se faire une place sous le soleil de Bollywood ?

Dans un pays où la religion est omniprésente, l’une des étapes clés de ce pèlerinage footballistique se trouve à Bangalore, capitale du Karnataka, au sud de l’Inde. Les veilles de match de championnat, Ashley Westwood, l’entraîneur anglais du Bengaluru FC préserve ses joueurs au maximum. Les consignes laissées à Aakash et Kunaal, responsables médias du club, sont strictes. L’entraînement terminé, nous patientons tout de même dans les couloirs du centre d’entraînement pour tenter de convaincre le coach de nous laisser rencontrer les joueurs. Sympathique et détendu, il finit par nous inviter à venir discuter avec ceux qui traînent encore sur le terrain. Comme partout en Inde, un chien se balade tranquillement dans les travées du Bangalore football stadium, il s’appelle Dimmie en hommage à Berbatov qui appréciera. C’est Kunaal en compagnie de l’une des stars de l’équipe, l’attaquant nord-coréen Kim Song Yong qui nous raconte l’anecdote. « Nous l’avons recueilli à moitié mort, nous l’avons sauvé et adopté. Tout le club s’est pris d’affection pour ce chien, à tel point qu’aujourd’hui il fait partie de la famille, c’est notre porte-bonheur ». Le capitaine du club, Sunil Chhetri est le dernier à quitter l’entraînement. Il en profite pour nous offrir une démonstration de jongles et de tours de passe-passe. C’est le leader technique du BFC mais aussi de la sélection indienne avec laquelle il a inscrit 51 buts en 90 matchs. Soit autant que Thierry Henry avec les Bleus.

Men of Steel – Indian Rules

Le BFC, c’est avant tout le rêve d’un milliardaire indien, Sajjan Jindal, véritable fan de foot et président de JSW Group, deuxième puissance métallurgique d’Inde derrière Arcelor Mittal. En 2013, la fédération indienne cherche à créer de nouvelles franchises qui doivent permettre d’étendre l’implantation géographique de la I-League tout en développant les infrastructures locales. JSW Group se porte candidat en misant sur la ville de Bangalore. Le projet est rapidement validé mais il faut monter l’équipe en quelques semaines. Ashley Westwood, alors entraîneur adjoint aux Blackburn Rovers se voit confier les rênes de l’équipe. Sunnil Chhetri, véritable idole indienne, ainsi que deux anciens de Premier League, le kenyan Curtis Osano et le britannique John Johnson, en provenance de Middlesbrough apporteront l’expérience. (...)

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