François Hollande

Le 22 avril 2010, par Surface


Ancien conseiller de François Mitterrand sur les questions économiques et premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008, François Hollande raffole du ballon rond. L’actuel président du Conseil général de la Corrèze a même été ailier droit (comme quoi...) au FC Rouen puis au club de Boulogne-Billancourt, lorsqu’il était jeune. Rencontre avec un fan de foot depuis toujours.

À la fin des années 60, le FC Rouen évoluait en première division. Initié au football par son grand-père, le jeune François Hollande, fils d’un médecin ORL et d’une assistante sociale, grandit alors à Bois-Guillaume, ville résidentielle située sur les hauteurs de la capitale normande. Spectateur assidû du stade Robert-Diochon, il intègre même le club local en 1967. À 14 ans, il quitte Rouen pour Neuilly-sur-Seine. S’en suivent de brillantes études (Sciences Po Paris, HEC, ENA) et la carrière politique que l’on connaît. Malgré un emploi du temps très chargé, il continue à assister à des matches de foot en famille ou entre amis. Le socialiste nous reçoit dans ses bureaux de l’Assemblée nationale. Sympathique et chaleureux, il revient pour nous sur ses souvenirs footballistiques et évoque avec lucidité l’avenir de l’équipe de France.

COMMENT EST NÉE VOTRE PASSION POUR LE FOOTBALL ? Je n’étais pas dans une famille où le football avait sa place. Heureusement, il y avait mon grand-père maternel qui avait joué et qui a eu la bonne idée de m’emmener avec lui assister à des matches. Il m’expliquait tout ce qui se passait sur le terrain : les horsjeu, les touches, les corners, etc... Ensuite, je me suis mis à pratiquer à l’école puis en club au FC Rouen. J’ai rapidement compris qu’en club, les matches sont un peu plus relevés au niveau engagement physique et technique (sourire).

L’ARGENT DOMINE LE FOOTBALL. LES CLUBS ANGLAIS OU ESPAGNOLS PILLENT SANS VERGOGNE LES CENTRES DE FORMATION FRANÇAIS.  COMMENT PROTÉGER NOS MEILLEURS TALENTS ? C’est un peu le reflet de la société actuelle. On est dans une société  mondialisée où l’argent circule et où les rémunérations flambent. Il y a  depuis cinq ans une inflation grandissante du prix de certains joueurs. On est  allé trop loin. Quand vous voyez la rémunération de Mateja Kezman qui  touche tous les mois plus de 200 000 euros, ça n’a acun sens. Alors, quand il marque un but, je comprend le staff du PSG qui apprécie à sa juste valeur sa performance... En France, il y a des clubs pas très argentés qui  manifestent leur spécificité par la formation comme Sochaux, Montpellier ou Rennes. Mieux vaut des joueurs bien formés que des transferts coûteux.  Quand vous voyez les résultats de Montpellier chaque année en coupe Gambardella, c’est un signe de bonne santé du club. D’ailleurs, quand on  arrive à garder l’ossature d’une équipe pendant plusieurs années, ça peut  marcher. Regardez ce que fait Jean Fernandez avec Auxerre !

EN 2008, VOUS AVEZ PARTICIPÉ À UN MATCH DE FOOT EN FAVEUR DE LA LUTTE CONTRE LA MALADIE D’ALZHEIMER AU STADE CHARLÉTY. AFFRONTER DES ANCIENS JOUEURS COMME BERNARD DIOMÈDE OU  JEAN-GUY WALLEMME, ÇA NE DOIT PAS ÊTRE ÉVIDENT... Un type comme Wallemme, c’est du solide en défense, il ne laisse rien passer !  J’étais un peu à cours d’entraînement, ce n’était pas facile pour moi. Il y  avait également Pierre Sarkozy, l’un des fils du Président. Il est adroit et joue  vite. Malgré le fait qu’on ne partage pas les mêmes opinions politiques, je sais  que son père est un connaisseur et un vrai passionné de football. Il faut bien  que l’on partage quelque chose (sourire)... Là est sans doute notre seul point  commun.

VOUS ÊTES RESTÉ ONZE ANS À LA TÊTE DU PARTI SOCIALISTE. LE RÔLE DE PREMIER SECRÉTAIRE RESSEMBLE-T-IL À CELUI D’UN ENTRAÎNEUR DE FOOTBALL ? (Sourire) Il y a toujours des liens entre le sport collectif et une organisation  politique. Il faut créer un fond de jeu à la base, une identité, une culture commune. Ensuite, il faut des leaders, mais pas trop... Comme dans une  équipe de foot, il faut ménager les égos. Il faut aussi une défense solide car on  prend souvent des coups. Et puis marquer des buts et pas contre son camp  (rires). C’est très difficile tout ça. Quoi qu’il arrive, le premier secrétaire doit  montrer l’exemple, comme l’entraîneur de foot : il ne doit jamais baisser les bras et soutenir ses troupes contre vents et marées.

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photos : Vivien Lavau

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