Clovis Cornillac

Le 22 avril 2010, par Surface


Bonne bouille au sourire ravageur, Clovis Cornillac peut tout jouer. Pilote de ligne dans Les Chevaliers du Ciel, personnage inquiétant dans le psychodrame Scorpion ou encore héros de BD dans Astérix aux Jeux  Olympiques, il est devenu un acteur incontournable du cinéma français. Dans le nouveau film de Dominique Farrugia L’Amour, c’est mieux à deux (dans les  salles à partir du 5 mai), Cornillac interprète le rôle de Michel, trentenaire au tempérament romantique qui, échaudé par un premier  divorce, rêve d’une rencontre parfaite, totalement due au hasard comme l’ont connu ses parents. Mais Vincent (Manu Payet), son meilleur ami, ne  l’entend pas de cette oreille et force le destin en provoquant un rendez-vous entre Michel et Angèle (Virginie Efira). Une rencontre qui va chambouler sa  vie. La vie de Clovis Cornillac, 42 ans, a quant à elle été bouleversée il y a  bien longtemps. Et par toute autre chose...

DE QUAND DATE VOTRE PASSION POUR L’OLYMPIQUE LYONNAIS ? J’avais 7 ou 8 ans quand tout a commencé. Je suis né à Lyon et mon coeur  était partagé entre les exploits footballistiques des voisins de Sainté et les  pâles prestations de l’Olympique Lyonnais à l’époque. Il faut se souvenir  qu’en 1977, l’OL était au bord du dépôt de bilan. On se traînait au fond du  championnat et la sanction a fini par tomber. En 83, Lyon s’est retrouvé en  D2. Après trente ans en première division, c’était dur à avaler ! On a mis six ans pour remonter à l’échelon supérieur. L’OL a retrouvé un bon état d’esprit peu à peu grâce à l’arrivée de Jean-Michel Aulas en 87. On a donc rejoint la D1 en 89 grâce à notre coach de l’époque, Raymond Domenech. Comme quoi,  il n’a pas que des défauts, cet homme-là ! Et depuis 89, on y est  toujours (sourire). À l’école, ça discutait sévère : d’un côté, il y avait les  Gones et de l’autre, ceux qui faisaient des risettes à l’ASSE (rires). Tout se  réglait dans la cour de récréation, il y avait des matches tous les jours. Je  m’appliquais pour faire de bonnes passes et je ne redoutais pas les confrontations physiques mais question technique, je n’étais pas au top  (rires).

VOUS ÊTES DEVENU UN PROCHE DE JEAN-MICHEL AULAS. COMMENT EST-IL DANS LA VIE ? Nous sommes amis depuis plusieurs années, Jean- Michel pourrait être un membre de ma famille. Il nous est même arrivé de partir en vacances  ensemble avec nos compagnes. Jean-Michel, c’est un vrai Lyonnais, un  bonhomme passionné par son club. Encadré par Bernard Lacombe, une  figure légendaire de la maison lyonnaise, il sent toujours les bons coups. Je  me souviens quand il est allé chercher Sonny Anderson en 99. Dès son premier match à Gerland, on a tout de suite vu la puissance de feu qu’il pouvait amener au club. Lyon a toujours dégotté des perles au Brésil. C’est incroyable ! De Sonny à Juninho en passant par Bastos, Cris et Edmilson, il  n’y a rien à jeter ! Bon, il faut reconnaître que Fred, sur la fin, ça n’était pas  ça... Dans la vie, JMA est un gars simple, très humain, qui ne se la raconte  pas. Il est très à l’écoute de l’Autre, c’est une grande qualité chez lui. La  presse véhicule souvent une image tronquée mais la réussite de l’OL attise les  jalousies, c’est humain !

SOUVENT REMIS EN CAUSE, CLAUDE PUEL A TOUJOURS ÉTÉ SOUTENU PAR SON PRÉSIDENT. QUEL EST VOTRE POINT DE VUE SUR L’ENTRAÎNEUR DE L’OL ? Toute équipe connaît des baisses de régime. On a quand même enquillé sept  titres de champion de France d’affilée, c’est costaud ! Mais je suis content. Si Lyon ressemblait à l’équipe de Bordeaux entrainée par Ricardo il y a  quelques années, avec neuf types en acier qui ferment la boutique et  attendent le contre, ça me gonflerait vraiment. Claude est un chaud bouillant,  un vrai compétiteur. Sur le banc de touche, il est à 100% et s’il voit  un joueur traîner la patte, il explose. Et puis, il participe à toutes les  séances d’entraînement. Il jongle, dribble, tacle et s’arrache sur les contre- attaques comme un cadet. Il ne s’économise jamais. C’est un type rigoureux,  très exigeant avec lui-même.

AU POINT D’AGACER CERTAINS JOUEURS... Il demande le maximum à ses joueurs, c’est normal. Ceux qui n’adhèrent pas à son système peuvent être mécontents mais c’est la règle : c’est lui qui décide. Il lui est arrivé de rencontrer quelques soucis avec Toulalan ou Govou mais rien de bien grave. Claude ne supporte pas de perdre ! Je me souviens d’un match de soutien pour l’association de Joël Bats qu’on avait joué au Palais des Sports de Lyon. Il y avait pas mal d’anciens footballeurs et  je m’étais retrouvé dans l’équipe de Claude. On avait fait un beau parcours et on s’était retrouvé en finale. Quelques minutes avant de démarrer le match, on a eu droit à la causerie. « Bon, les gars, on ne perd pas ! On va jusqu’au  bout ! » Comme techniquement j’étais un peu à l’ouest, j’essayais de  m’imposer en donnant des coups d’épaule. Je devais marquer Youri Djorkaeff  (encore un Lyonnais !) et pendant toute la rencontre, j’ai vécu  l’enfer avec le Snake (rires). Puel était à fond du début à la fin ! Mais quand il  n’est pas sur le terrain, c’est un autre homme. Lorsqu’on dîne ensemble à  Lyon, il est souvent très drôle et avec lui, pas besoin de ronds de jambe, le  coeur parle !

COMMENT ÊTES-VOUS DEVENU ACTIONNAIRE DE L’OLYMPIQUE  LYONNAIS ? Début 2007, j’assistais à un match à Gerland et Jean-Michel me dit : « Tu sais que le club va rentrer en Bourse ?» Je lui ai tout de suite demandé : «  Pourquoi ? À quoi ça sert ? ». Je ne suis pas du genre à miser sur le cours du  café en Colombie... À la fin de la rencontre, il m’a expliqué la dynamique de son projet et j’ai compris que ça allait créer des emplois. Le complexe OL  Land va permettre de développer un pôle de travail à Lyon. Rien que la  construction du nouveau stade de 60 000 places va faire travailler des  milliers de personnes. Je suis donc devenu actionnaire de l’OL parce que tout  ça avait du sens, parce que c’est ma ville, mon club, parce que c’est  Jean-Michel et parce que cette histoire peut développer l’emploi dans la  région !

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