RIP LOUIS NICOLLIN

Le 30 juin 2017, par Alex Paul Demetrius


Décédé à la suite d'un malaise cardiaque, "Loulou" Nicollin était le symbole du président de club à "l’ancienne", passionné, paternaliste, affectueux et parfois sanguin. Nous avions fait son interview en 2012, et découvert un personnage bien différent de l’idée qu’on pouvait s’en faire.

Pour symboliser un football à l’ancienne, teinté de paternalisme et de beaufitude assumée, il n’était pas à proprement dit notre tasse de thé. Du personnage, on connaissait surtout ses coups de gueule, sa passion pour le ballon rond, ainsi que son coté "affectif". Il était comme ça « Loulou », entier, sans détour, grande gueule, tranchant, parfois vulgaire, mais terriblement affectueux, bref profondément humain. Un mec à l’ancienne, bien loin du politiquement correct en cours de nos jours. Un personnage truculent, d’une autre époque, qui aura connu un football ou la frontière en amateurisme et professionnalisme n’était pas aussi marqué qu’aujourd’hui. Avec son décès, c’est un pan tout entier de l’histoire du football Français qui disparaît avec lui. Nicollin était le marqueur d’une époque, ou plutôt d’une épopée footballistique Française. Nous l’avions rencontré à l’occasion d’un dossier spécial clash dans le football. Enfin rencontrer… Plutôt interviewer, car il nous avait fait plusieurs fois faux bond pour cause de réunions liées à son entreprise spécialisée dans le nettoyage, le ramassage, et le traitement de déchets. On avait tendance à l’oublier, mais Nicollin était surtout un homme d’affaire pugnace à l’agenda bien rempli. En 2017, sa société affiche 300 millions d’euros de chiffres d’affaires et compte 4500 salariés. Plus que tout autre discours, cela en dit long sur le sérieux du personnage, qui se faisait volontiers passer pour plus beauf qu’il n’était. A l’époque de notre entretien, notre intention était clairement qu’il nous « serve » du Nicollin. Qu’il sorte un petit peu de ses gonds et fasse deux trois déclarations dont il avait le secret. Au final, c’est un Nicollin posé, calme et aguerri, qui avait répondu à nos questions. Ponctuel, il nous avait appelé à 9h du matin précise, suite à une prise de rendez vous en bonne et due forme avec sa secrétaire. Droit dans ses bottes, sans détour, ni fantaisie, ce dingue de sport, qui au passage possède la collection de maillots de foot la plus impressionnante au monde, nous avait délivré quelques bonnes vérités, dont nous vous dévoilons quelques extraits. Nos condoléances à sa famille et ses proches. Reposez en paix monsieur Nicollin.

Vous êtes, ce qu’on appelle, un bon client avec les journalistes, vous vous amusez avec eux ?

Personnellement, j’en ai rien à branler ! Le football, ce n’est pas mon métier, c’est ma passion. Ce n’est pas pareil.

Les joueurs ont ils besoin d’être protégés face aux médias ?

Mes joueurs sont majeurs et vaccinés. Ils font ce qu’ils veulent avec les médias. Le métier de footballeur a beaucoup évolué. Aujourd’hui, il y a beaucoup de bacheliers. Ils n’ont plus rien à envier à d’autres professions, surtout qu’ils gagnent beaucoup d’argent. Et tant mieux pour eux.

Vous êtes un peu le robin des bois du football. Vous prenez la défense des petits clubs et vous vous attaquez aux riches ?

C’est normal de défendre les petits. On était des petits à Montpellier lorsqu’on a commencé en division d’honneur. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. Si tu oublies un jour, tu te casses la gueule.

Votre pire souvenir à Montpellier ?

Il y a eu des descentes en deuxièmes division, des défaites en coupe de France contre Nîmes. Finalement, en y réfléchissant, ce ne sont pas des mauvais souvenirs. Le football est fait pour te faire vivre de grands moments et d’autres difficiles. Le tout, c’est de toujours exister et essayer d’être parmi les meilleurs.

Concernant le football, qu’est qu’on peut vous souhaiter avant de mourir ?

Gagner une coupe de France ou une coupe de la Ligue serait quelque chose de bien. Après, créer un autre centre de formation qui soit propre au Montpellier Héraut. Ce sera la dernière œuvre que je pense qu’on réalisera. Ce sera une bonne chose pour le futur de Montpellier

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