CARNET DE VOYAGE EN RUSSIE 6 MOIS AVANT LE MONDIAL

Le 19 janvier 2018, par Alex Paul Demetrius


Le coup d’envoi de la prochaine Coupe du Monde sera donné dans six mois. Nous sommes partis en reconnaissance, à bord du Transsibérien traversant les chantiers où l'on s'active avec frénésie. Carnet de voyage. Txt et photos : BRECHT DE VLEESCHAUWER

“Vorobievy Gory”, annonce le hautparleur. Quelques secondes plus tard, les portes s’ouvrent. Le métro de Moscou est souvent vanté pour son architecture impressionnante, mais cette station-là est tout à fait banale

Les piliers centraux, décorés avec des affiches et des photos des Jeux Olympiques de 1980, nous rappellent que nous sommes en route pour le légendaire stade Loujniki. Aujourd’hui, le quartier est un immense chantier. La Russie se prépare pour la prochaine Coupe du Monde de football. L’ancien stade olympique, qui peut accueillir 80 000 spectateurs, sera le théâtre du match d’ouverture. En quittant la station de métro, nous tombons sur un groupe d’ouvriers essayant de se réchauffer en se collant aux tuyaux d’un système de ventilation. Lorsqu’on travaille dans les frimas de l’hiver russe, on n’en ressort pas indemne. “3 000 ouvriers travaillent ici 24 heures sur 24, sept jours sur sept”, explique le responsable de la sécurité. “La plupart des ouvriers proviennent des anciennes républiques soviétiques du Turkménistan et du Tadjikistan”, ajoute son collègue. “Ils sont nombreux à loger dans les containers qui jouxtent le chantier. La plupart travaillent au salaire minimum russe de 7 500 roubles (110 euros)”. Le coût de la rénovation du stade Loujniki est estimé à 480 millions d’euros, mais après la Coupe du Monde, l’enceinte n’accueillera plus que très épisodiquement des matches internationaux. Le Spartak Moscou a longtemps disputé ses matches à domicile à Loujniki, mais depuis 2014, il possède son propre stade de 40 000 places : l’Otkrytie Arena, qui accueillera également des matches de Coupe du Monde. Avec quatre stades d’une capacité minimale de 30.000 places et un de 80.000 places, les Moscovites sont désormais bien pourvus.

Il faut se farcir six heures de train, en direction de l’Est, pour atteindre Nijni Novgorod (plus communément appelé Nijni). C’est la cinquième ville de Russie. Après 400 kilomètres, l’odeur du poisson fumé et du thé pénètre à l’intérieur du train lorsque nous entrons en gare de Nijni. Alex, un coiffeur local, se veut optimiste lorsqu’on évoque l’organisation de la Coupe du Monde dans sa ville natale. “Actuellement, Nijni est une ville plutôt grise et monotone. C’est une grande ville, mais il ne s’y passe pas grand-chose. Je suis impatient à l’idée d’accueillir les nombreux supporters étrangers.” Le football traverse une période sombre à Nijni. Le FC Volga, le club professionnel qui a évolué en D1 de 2010 à 2014, a connu de gros soucis financiers l’été dernier et a mis la clef sous le paillasson. Désormais, le club le plus important de la ville est le FC Olimpiyets qui évolue dans la Ligue d’Oural-Volga, la troisième division russe.

À la tombée de la nuit, nous reprenons le train – et plus précisément le Transsibérien – en direction de l’Est. Apparemment, les Russes aiment l’emprunter le dimanche soir, car il est bondé. Aux premières lueurs de l’aube, le convoi approche de Kazan. La capitale du Tatarstan est située sur les bords de la Volga et la population est autant russe que tatare... Retrouvez l'intégralité de cet article dans le dernier numéro de Surface avec Neymar en couverture.

PLUS D'ARTICLES