Archive for the ‘Surface n°3’ Category

Karl Olive

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Ancien chef des sports de Canal +, le journaliste aux multiples casquettes Karl Olive, donne des cours de media training aux acteurs du foot. Une activité encore méconnue qui consiste à maîtriser sa communication et éviter les questions-pièges de la presse.

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Photos: Hugues Anhes

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interview-piege et sens de la formule

Karl Olive a accepté de se prêter au jeu des questions vaches, habituellement posées par les journalistes aux acteurs du foot dans les situations de crise. Entre bonnes formules et conseils sur la gestuelle, l’ancien chef des sports de Canal+ montre comment briller, souvent feinter, en tout cas ne jamais se retrouver dans l’embarras.

Vous venez de perdre vos cinq derniers matches et vous vous rendez à Lyon. Mission impossible?
Si je pars de votre principe, on ne se déplace pas. C’est à coup sûr ce que Rodez a dû penser avant d’affronter le PSG (le club de National a éliminé Paris en Coupe de France, ndlr). Il ne faut pas être naïf : le sens de la formule, ça se prépare. Certains sont plus doués que d’autres naturellement mais ça vient surtout en travaillant.

Votre attaquant vient de rater deux penalties. Que pensez- vous de sa prestation?
Il n’y a que celui qui ne tire pas qui ne rate jamais. Ce qui m’aurait vraiment ennuyé, c’est qu’il ne prenne pas ses responsabilités. Je suis sûr que ses coéquipiers sont derrière lui. En appeler à l’émotionnel, ça sert souvent le message. ça rend la communication un peu plus forte.

Tu as été remplacé à la mi-temps. Tout se passe bien avec ton Entraineur?
L’entraîneur est là pour aligner la meilleure équipe. Il a jugé que je n’étais pas au niveau aujourd’hui, je le respecte. La réponse m’appartient et je vais tout faire à l’entraînement pour le convaincre.
Il vaut toujours mieux laver son linge sale en famille. Par contre, dans cette situation, il faut qu’il y ait rapidement une explication franche entre l’entraîneur et son joueur en interne. Au sein du groupe, il faut parfois se donner des gifles mais à l’extérieur, mieux vaut s’embrasser sur la bouche.

Tu es convoité par le Réal Madrid. Vas-tu quitter ton club?
Écoutez, mieux vaut faire peur que pitié. Parler de moi dans un grand club, ça valorise mon équipe actuelle pour qui je vais tout donner. Si mon club brille, je brillerai aussi.
Dire « écoutez » ou répéter la question du journaliste, c’est très utile. C’est un bon liant et une façon de se mettre à l’aise.

Waldemar Kita

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Pour un journaliste, Waldemar Kita est ce que l’on appelle un bon client. Le président du FC Nantes dit les choses franchement. Une façon de faire qui peut choquer et lui a déjà joué des tours. Mais sans doute aussi une bonne manière de détourner l’attention pour laisser son équipe travailler plus sereinement.

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Le rendez-vous était pris dans les locaux du club nantais à Paris, en face de  l’ambassade du Congo et à quelques pas de L’Arc de Triomphe. D’entrée, Waldemar Kita évoque les commentaires des médias à son sujet : « Je trouve  qu’il y a quelques fois de la malhonnêteté intellectuelle chez certaines  personnes qui viennent m’interroger. Dans ces cas-là, on voit bien que les journalistes écrivent des articles uniquement pour vendre du papier. Il est  évident que je fais parfois des erreurs mais je ne comprends pas qu’on mette en cause quasi systématiquement mon honnêteté. J’ai aussi parfois l’impression de payer le fait d’être nouveau dans le monde du football professionnel. C’est un peu une forme de bizutage… » Il se défend : « Au contraire, on devrait plutôt encourager des gens comme moi à investir dans le foot. Chaque président de club essaie de faire de son mieux pour son  équipe, mais ce n’est pas évident tous les jours. Le plus difficile est de réussir  à gérer les joueurs et leurs environnements, ce qui n’est pas donné à tout le monde. » Malgré tout, Waldemar Kita réagit souvent avec  philosophie aux critiques. « Je comprends tout à fait qu’on puisse critiquer ma réussite. C’est une réaction humaine. J’ai tellement vécu de choses dans ma vie. Il m’est arrivé par exemple de me faire régulièrement traiter de ‘sale polonais’. Mon éducation et ma culture m’ont permis de supporter ce genre de choses. Après, je suis parfois peiné pour ma famille lorsque je lis et  j’entends certaines choses. Alors que je veux juste donner mon coeur, ma passion et mon argent au FC Nantes. Si certaines personnes pensent toujours que je vais quitter ce club au bout d’un an, c’est qu’elles sont vraiment stupides». [...]

Raymond DOMENECH

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Raymond Domenech ne laisse personne indifférent. Sélectionneur de l’équipe de France depuis déjà cinq ans, ses moindres faits et choix sont scrutés, décortiqués, puis analysés par la France entière.  Une responsabilité énorme et une pression de tous les instants, qui induisent des rapports parfois compliqués avec les médias et ceux qui se passionnent pour le ballon rond. Après les deux victoires des Bleus contre la Lituanie, il a toutefois accepté de répondre aux questions de Jérôme Alonzo, lors d’un entretien où il revient sur ses débuts, la finale de la Coupe du Monde, son rapport avec les journalistes et sa vision de la jeune génération.

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Raymond Domenech porte une veste et une chemise Ralph Lauren

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Raymond Domenech porte un ensemble Hugo Boss

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Raymond Domenech porte une veste et une chemise Dunhill

Quand on est sélectionneur de l’équipe de France, se sent-on parfois seul ?
C’est vrai que quand tu es seul, tu es vraiment seul. Mais j’ai une chance exceptionnelle. J’ai un staff fabuleux, et on a travaillé dur pour ça. Tu sais, j’ai fait beaucoup de choses : des séminaires sur la communication en groupe, la vie du groupe, avec le staff, etc. On en a fait pratiquement deux par an, où l’on s’est retrouvé à vingt-cinq personnes pour travailler sur la solidarité.

On vous entend souvent parler de la Finale de la coupe du monde 2006 et on constate que c’est un traumatisme. J’ai perdu deux coupes de France et je n’arrive toujours pas à le digérer (contre auxerre à la 91ème et lyon dans les prolongations). Pour tout le monde, le fait de cette finale, c’est l’expulsion de ZiZou. mais je voudrais revenir sur la blessure de Patrick Vieira dont personne ne parle. Elle est aussi importante, non ?
Oui, évidemment. Dans le jeu, elle est même capitale parce qu’il se blesse à la 56ème, je crois. Derrière tu dois faire une heure et Pat à ce moment-là, il était au-dessus du lot. Avec l’impact qu’il avait, j’étais tranquille. Je n’ai pas eu un instant d’inquiétude. Pour moi, c’etait gagné. Après, tu n’es plus dans la même configuration. Et puis tu perds Zizou, donc …

Est-ce que vous avez vu ce qui s’est passé ?
Non… Mais tu sais, quand tu es à mon poste, il y a des choses que tu sens. J’ai tout de suite eu en tête l’image du match contre Israël où Trézeguet s’était fait virer parce qu’il avait mis un coup de tête. Au moment où je me remémore cela, tout se passe là-bas, sur le côté. Je me dis : « Oh ! il y a un coup tordu là. Il y a un coup tordu, c’est sûr ». Et puis je vois Buffon qui commence à gueuler et Materazzi qui se tord de douleur.

Personne n’a vu ce qui s’est passé alors ? Rétablissons un peu l’histoire, qui a vu quelque chose ?
La télé. Le quatrième arbitre l’a vu à la télé, sur le banc. C’est ce que je dis toujours : « On a inventé l’arbitrage télé le jour de la finale de la Coupe du Monde ». C’est sûr, j’y étais. D’abord, ça commence avec un attaquant qui a le ballon de l’autre côté, il était en train de regarder ce qui se passait, donc je lui hurle : « Mais joue, joue, t’arrête pas ». Et il va me mettre le ballon en touche, tu t’imagines ? Tu crois que moi, sur le terrain, je vais mettre le ballon en touche ? Moi, je vais au but et puis j’attends que l’arbitre siffle (rires). Si tu continues à jouer, qu’est-ce que tu crois qu’ils font les mecs ? Ils se relèvent, et ils reviennent dans la partie. Materazzi, il aurait eu mal, il serait resté deux minutes à terre, et puis basta. Personne n’aurait rien vu. Mais quand le ballon est dehors et qu’il y a attroupement … Je revois très bien l’arbitre, il regarde le juge de touche, et ce dernier lui signifie qu’il ne sait pas, qu’il n’a rien vu. Et il y a le quatrième arbitre. J’étais juste en face de lui, je le vois planté là : il était en train de regarder la télé. Je l’ai traité de tous les noms, en me disant qu’il allait bien finir par tourner la tête, s’occuper de moi, et ne pas regarder ce qui se passait là-bas. Il n’a pas bougé, il regardait l’autre arbitre et il était en train de lui parler. Pourtant, avec ce que je lui ai dit, j’aurais dû être viré 10 000 fois du terrain ! Mais non, il ne voulait pas tourner la tête, il expliquait à l’arbitre du milieu ce qui s’était passé. Sur le terrain, personne n’a rien vu car le jeu était à l’autre bout. Il n’y a que les mecs qui étaient de l’autre côté, juste dans l’axe, qui ont pu le voir. Et Materazzi aussi bien sûr (rires).

Au niveau du foot, l’après, vous le voyez comment ?
Le challenge du deuxième club parisien me passionnerait. Comment expliques-tu que dans toutes les capitales du monde, il y a deux, voire dix clubs, comme à Londres, et qu’à Paris il n’y en a qu’un? Que tu n’arrives même pas à faire un second club, ne serait-ce qu’en deuxième division. Il y a largement la place pour en avoir un autre et c’est un vrai travail de construction et de mise en place. Je suis sûr qu’il y a de quoi le faire parce que tu as vraiment tout à mettre en place. Transformer les mentalités, t’imposer, etc…

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Michaël Llodra

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Tennisman professionnel, fils d’un ex-joueur du PSG, Michaël Llodra aurait très bien pu suivre les traces de son père. Dans sa jeunesse, il pratiquait les deux sports. Le destin en a voulu autrement, ce qui ne l’empêche pas de suivre le football avec une attention particulière.

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TON PÈRE A ÉTÉ FOOTBALLEUR PROFESSIONNEL. POURQUOI LE TENNIS PLUTÔT QUE LE FOOT?
Pour la simple et bonne raison qu’à 12 ans, il a fallu que je choisisse entre le foot et le tennis. J’avais été sélectionné pour participer à une compétition à Libourne avec le PSG. Au même moment, j’avais une compétition nationale de tennis. Au final, j’ai choisi le tennis car mon meilleur pote pratiquait ce sport. Aujourd’hui, je n’ai pas de regrets, mais avec le recul, je me dis que j’aurais très bien pu choisir le foot. Je ne sais pas si j’aurais pu faire une aussi bonne carrière qu’au tennis, mais le foot est un sport que j’adore. D’ailleurs j’attends avec impatience ma fin de carrière en tennis pour jouer plus régulièrement.

BEAUCOUP DE TENNISMEN AIMENT LE FOOT ?
En général, tous les joueurs de tennis aiment le foot et souvent adorent ça. Je pense à des mecs comme Sébastien Grosjean ou Nicolas Escudé. Nicolas, je pense qu’il aurait, sans aucun problème, sa place dans une équipe de L1. C’est un joueur très talentueux. En plus, c’est frustrant de voir 45000 personnes quand je vais au parc des Princes. ça donne envie.

QUELLE ÉQUIPE ET QUELS JOUEURS SUPPORTES-TU?

Le PSG. Maintenant, niveau joueurs, il y en a un qui m’a fait rêver pendant des années, c’est David Ginola. À chaque fois que j’allais au Parc, j’espérais voir un centre de Valdo que Ginola puisse amortir de la poitrine. C’était mon rêve. Aujourd’hui, je le connais un peu, et à chaque fois que je le vois, je lui lance un ballon ou une balle de tennis, juste pour qu’il l’amortisse de la poitrine. C’est un vrai régal. Je suis supporter du PSG, donc forcément des joueurs qui y évoluent. Je suis hyper sensible à ce qu’ils font. Je suis d’ailleurs très content pour Jérôme qui a marqué un but en coupe d’Europe. ça faisait longtemps qu’il n’avait pas marqué, et il l’a fait d’une belle manière.

QU’EST-CE QUI TE DÉRANGE DANS LE FOOT ET QUE TU NE RETROUVES PAS DANS LE TENNIS?
Le foot est un sport très populaire, et ce qui me gêne un peu, c’est qu’un joueur est fabuleux quand il fait un grand match, et puis deux ou trois jours après, il joue une rencontre où il est un peu moins bon physiquement, et là, il se fait lapider par la presse. Il en prend plein la tête, et c’est limite à cause de lui que l’équipe a perdu. On passe vite de l’euphorie à une situation étrange où le footballeur est décrit comme complètement nul. ça ne doit pas être facile à gérer pour l’entraîneur et encore moins pour le joueur.

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Cédric Carrasso

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Gravement blessé en 2007  alors qu’il était le gardien titulaire de l’Olympique de Marseille, Cédric Carrasso a dû repartir à zéro. Parti à Toulouse, le portier de 27 ans a si bien relevé son défi personnel qu’il a été appelé en équipe de France et transféré chez les Girondins de Bordeaux.

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Jouer à ce poste, c’est un monde à part…
On est différent à tous les niveaux. On ne travaille pas pareil, la gestion du corps n’est pas la même. Et on n’a pas le même maillot sur le terrain (rires). On a aussi une mentalité à part. Plus calme, plus posée mais un peu plus extravagante par moment. Le gardien a toujours des réactions bizarres, un peu insensées. Il fera toujours rire les autres joueurs. On est dans notre monde, en fait.

Les gardiens sont souvent beaucoup plus fidèles à leurs clubs que les joueurs de champ…
Un goal, soit ça joue, soit ça ne joue pas, à la différence des joueurs de champ. Si tu es bien dans ton club, tu ne vas pas partir pour chercher un peu de temps de jeu, ça n’existe pas. Le gardien, c’est tout ou rien. Donc on est obligé d’être beaucoup plus réfléchi dans ce genre de décisions.

Quelle est ta satisfaction en tant que gardien ?
Plus jeune, c’était de faire mon match, ne pas prendre de buts, ne pas faire d’erreurs, réussir un arrêt ou deux, regarder ma note dans le journal… Aujourd’hui, ça a beaucoup changé. Avec les grosses blessures, on évolue. Maintenant, j’ai seulement envie de prendre du plaisir tous les jours et d’accompagner ce groupe jeune, essayer de leur donner un peu de l’expérience que j’ai connue dans un grand club. Je n’ai pas la science infuse mais j’essaie de transmettre ce que j’ai appris.

Pendant une saison (2001/2002), Tu as joué en Angleterre à Crystal palace. Qu’y as-tu appris ?
L’anglais, déjà (rires). Je suis tombé dans un club extraordinaire, en D2. Il n’y avait aucun Français. J’ai vécu à l’hôtel pendant pratiquement huit mois. Et j’ai rencontré des gens fantastiques. En Angleterre, les joueurs sont moins bien formés qu’ici. J’en ai vu certains qui avaient un niveau moyen, genre troisième ou quatrième division française, mais qui soulevaient des stades de 45000 personnes rien que par l’envie et la fougue. Il n’y a pas de différence entre les stars et les autres. Celui qui se défonce le plus joue. L’état d’esprit est génial. Et puis, tout était nouveau, j’ai adoré. Une grande ville comme Londres, c’est super. Depuis ce passage, je me suis toujours dit que j’aimerais y retourner.

Quel rapport conserves tu avec Marseille ?
Dans ce club, tout le monde m’a vu grandir. Mon meilleur ami travaille dans le staff technique. J’ai beaucoup de monde au téléphone: l’entraîneur Eric Gerets, des joueurs… Et puis j’ai ma maison là-bas et j’y vais assez souvent. J’aurai toujours l’impression de devoir quelque chose à l’OM. Si un jour l’opportunité se présente, assez tôt pour jouer ou plus tard pour aider les jeunes, j’y retournerai avec plaisir.

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