Archive for the ‘Surface n°4’ Category

Philippe Daguillon

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Kinésithérapeute à Nantes depuis 1985, Philippe Daguillon a vu défiler plusieurs générations de talents. Ses doigts de fée sont venus à bout de nombreuses blessures. Même si sa profession est relativement connue, l’aspect sportif change complètement la donne.

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Il a été le kiné de l’équipe de France jusqu’en 1994 mais son attachement à  Nantes est viscéral. Pourtant Parisien d’origine, « Dag », comme le surnomment les joueurs, n’a jamais quitté la Loire-atlantique. Plus qu’un  kiné, Philippe Daguillon est un vrai soutien pour tous les joueurs. Depuis  plus de 25 ans, l’emblème du staff nantais prodigue ses conseils et son savoir-faire à tout l’effectif. il a même mis son expérience à profit pour créer  un outil qui devrait rapidement se répandre dans tous les clubs, le cryobain  (traitement par le froid). Et il n’y a pas que les massages qui aident les joueurs à se sentir mieux.

Aucun métier n’exige aux employés d’être au top une fois par semaine,  pendant presqu’une année entière. Pour être à son meilleur niveau durant toute une saison, le talent seul ne saurait suffire. La préparation physique et  musculaire des joueurs constitue l’une des étapes les plus importantes du métier de footballeur. Une profession qui, au-delà des paillettes et des rémunérations plus qu’alléchantes, est loin d’être aussi facile qu’il n’y paraît.  Les joueurs sont de gros travailleurs pour qui la préparation  physique est aussi importante que les jeux avec le ballon. Phillipe Daguillon,  kiné au sein du club de Nantes, n’est pas là pour sensibiliser les joueurs à cet
aspect pour le moins harassant. « Le joueur de foot professionnel sait que  son job passe aussi par les soins. La plupart des gens ne voient que le côté  doré de leur métier mais la face cachée est beaucoup plus pénible. » Homme  de l’ombre par excellence, le kiné d’un club reste la pièce maîtresse pour  tous les joueurs d’un groupe. Lors des matches, « Dag » est là, accompagné  par les médecins du club, prêt à intervenir. Il fait partie de ces hommes qui  surgissent sur la pelouse pour prendre en charge les joueurs au sol, blessés  gravement ou non. « On essaie d’intervenir le plus rapidement possible  parce qu’on sait que plus la blessure est prise en charge rapidement, plus les  délais de guérison seront écourtés et les soins seront efficaces. » Fort de ses 24 ans d’expérience au sein des Canaris, l’ancien kiné de l’équipe de France sait de quoi il s’agit avant même de rentrer sur le terrain. « Maintenant avec  l’habitude, on arrive à savoir avant de rentrer si la blessure est grave ou pas. On les connaît. Certains sont plus ou moins durs au mal et parfois ils ont  juste besoin de souffler pendant le match. Quand on rentre, on sait si c’est  pour un pépin grave ou pas. » Le côté préventif de ce métier est l’un des plus  importants. Le but des kinés sportifs est d’amener les joueurs à leur  meilleur niveau pour démarrer chaque saison. Mais c’est aussi et surtout de  les soigner et de les accompagner pendant leur convalescence et la période  de rééducation.

Brandao

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Qui était Brandao avant de poser ses valises sur la Canebière ? un attaquant brésilien qui jouait en ukraine, guère plus. Pourtant, le natif de Sao Paulo avait déjà des statistiques plutôt flatteuses : 65 buts en 139 matches avec le Shaktior Donetsk, soit un but tous les deux matches. Mais le doute subsistait tout de même sur la valeur de ce brésilien à l’allure étrange et jugé trop âgé (28 ans) pour exploser aux yeux du grand public ? aujourd’hui la question ne se pose plus. Dernier coup de poker du tandem Diouf/Gerets, Brandao a finalement su donner raison à ceux qui avaient misé sur lui. raillé dans un premier temps, evaeverson lemos da Silva a tout de suite pris ses marques à Marseille pour devenir un élément indispensable à la formation phocéenne. « Celui qui allume le feu » (signification de brandao) a réussi à s’imposer dans l’effectif marseillais. Il a allumé la mèche à Caen (26e journée) en offrant la victoire aux siens, pour ne plus l’éteindre jusqu’à la fin du championnat. Sept buts plus tard, Brandao a su enflammer le Vélodrome et a pu partir en vacances l’esprit léger tout en espérant faire les beaux jours du nouveau duo Deschamps/Dassier.

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Darren Tulett

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Le meilleur représentant du foot anglais en France, c’est lui et personne d’autre. Personnage incontournable, le journaliste britannique Darren Tulett, au look et au ton so british, jette un regard de passionné sur la nation reine du ballon rond.

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QUEL EST TON PLUS BEAU SOUVENIR DE SUPPORTER ?
J’ai eu la chance énorme de vivre la plus belle période de Brighton, lorsque l’équipe était en première division. L’année du centenaire du club en plus ! En 1983, on a joué une finale de la Cup à Wembley contre Manchester United. 2-2. Prolongations. À la toute dernière minutes, contre pour Brighton de 90 mètres. Michael Robinson, mon attaquant préféré, remonte  le terrain et fait une passe pour l’autre attaquant, un Ecossais, Gordon Smith. Je m’en souviens encore (il prend la voix des commentateurs de l’époque). « And Smith must score. And Smith must score.» (Et Smith doit marquer). Et il a tiré sur le putain de gardien ! On a raté notre seule occasion de gagner quelque chose… Mais ce sont des souvenirs géniaux, je vois tout là ! Surtout que ce jour-là, j’ai eu la honte de ma vie. J’avais 17 ans et j’ai fait le déplacement à Wembley avec tous mes potes. Et ma mère et mon beau-père, qui voulaient absolument y aller, sont montés dans le train avec moi…

LE FIGHTING SPIRIT EST UNE DES CARACTÉRISTIQUES ESSENTIELLES DE CE FOOTBALL…
ça vient des tribunes. C’est drôle de voir comment un joueur étranger  s’adapte à cette expérience-là. La passion de la foule et l’exigence du public t’obligent à changer et te poussent à jouer à toute vitesse. Il faut que ça  bouge et que ça attaque ! En France, les défenseurs n’osent jamais balancer  un long ballon devant pour ne pas se faire huer. En Angleterre, tu dégages la  balle et le public hurle « bravo ». Même si le public des stades a changé, il  reste composé de gens de la classe ouvrière qui se mettent minables au boulot pendant toute la semaine pour avoir les sous pour payer leurs billets. Le minimum qu’ils exigent, c’est que les joueurs mouillent le maillot.

L’HUMOUR ANGLAIS EST AUSSI TRÈS PRÉSENT, DANS LES CHANTS DE  SUPPORTERS NOTAMMENT. UN COUP DE COEUR ?
Chaque chant s’adapte aux joueurs, c’est vrai. À Manchester United, ils ont  un joueur coréen, Park, et les supporters s’amusent des stéréotypes. La chanson fait comme ça : « Park, Park, wherever you may be, they eat dogs in your country. » (Park, Park, où que tu sois, ils mangent des chiens dans ton pays). À prendre avec ironie, évidemment !

QUELS ONT ÉTÉ LES JOUEURS FRANCAIS QUI ONT LE PLUS MARQUÉ LE FOOT ANGLAIS ?
Cantona, Ginola et Henry. Cantona est celui qui a le plus compté : à  Manchester, ils chantent encore à sa gloire. Il fut l’un des premiers à venir et  à apporter autant au foot anglais, à faire gagner des titres à un club qui n’en avait pas obtenu depuis longtemps. Et puis, le kung-fu ! C’est un sacré personnage. Mais Ginola aussi. Aller dans le Nord de l’Angleterre quand on passe pour un pretty boy qui fait de la pub pour les shampoings, c’est fort. Il a été formidable à Newcastle et élu « joueur de l’année » lorsqu’il était à Tottenham. Il a déjoué beaucoup de pronostics. Fin 2008, Tottenham lui a même organisé une soirée. Et puis, Henry, bien sûr, qui a contribué par ses buts au succès d’Arsenal.

QUI SONT TES JOUEURS PRÉFÉRÉS ?
Rooney, Gerrard, Lampard… Des mecs qui ont des couilles, quoi ! (rires) Des  mecs typiquement anglais, qui en veulent mais qui ont aussi une vraie technique. Rooney, c’est un ancien boxeur et ça se voit sur son visage, mais  il peut être léger et super fin dans son toucher de balle. Ce sont des joueurs  qui sont très réguliers dans leurs performances.

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Pape Diouf

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Il est arrivé à l’Olympique de Marseille par la petite porte, en tant que manager général. Et il en est ressorti par la grande, au poste de président. Symbole d’un OM conquérant, cosmopolite, financièrement stable et quelque peu apaisé, Pape Diouf n’aura finalement pas résisté à l’avis de tempête émis après l’annonce du départ d’Eric Gerets.

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Lors de notre rencontre avec celui qui s’avère désormais être l’ex-président  de l’OM, le club affichait une certaine sérénité. Le titre de champion de France était encore largement jouable puisque Marseille était premier du classement. Et Didier Deschamps venait tout juste d’être choisi comme futur entraîneur du club. À défaut d’éviter une crise induite par le départ d’Eric  Gerets, le club semblait l’avoir surmontée. Impérial, dans son bureau de la Commanderie avec vue imprenable sur les terrains d’entraînement, Pape Diouf semblait malgré tout exténué. Il nous prévenait d’emblée, mais en s’excusant, que notre entrevue n’allait pas s’éterniser, du fait d’un  rendez-vous important avec son médecin. Avait-il conscience que ses jours  à l’OM étaient comptés ? Préparait-il déjà sa sortie ? Se voyait-il encore  champion de France ? On ne le saura sans doute jamais, mais une chose est  sûre : il savourait son bilan avec le sentiment du devoir accompli, sans trop  se faire d’illusion quant à la longévité d’un président. « Nous avons réussi ici à stabiliser le club, qui, il faut le reconnaître, n’était pas à l’abri de certains soubresauts. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins d’instabilité. Ensuite, il y a chez moi la volonté chevillée au corps de ne pas me considérer comme président de l’OM ad vitam aeternam. Dans mon esprit, je ne considère pas  ce poste-là comme m’appartenant. Moi, tous les jours qui passent, je travaille comme si c’était les derniers, en essayant de préparer l’avenir. »

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Christian Gourcuff

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Père du meneur de jeu de l’équipe de France, ancien professeur de mathématiques, Christian Gourcuff, 54 ans, est l’entraîneur du FC Lorient depuis 2003. Esthète et intellectuel du foot, le Breton présente un profil vraiment atypique.

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Entre les phrases qu’il prononce, il laisse souvent flotter quelques secondes  de silence, son regard bleu pâle semblant alors fixer une image invisible.  présenté tour à tour comme l’Intellectuel du football avec un i à la hauteur  de la pénurie dans le milieu, comme le théoricien du beau jeu et un  redoutable négociateur, Christian Gourcuff, entraîneur du FC lorient depuis  six saisons, intrigue. Calme olympien, discours réfléchi et structuré, le  Breton est avant tout plus cultivé que la majorité de ses congénères. Des  parents enseignants, une classe préparatoire de mathématiques  interrompue suite à son choix de se consacrer au ballon rond, une courte carrière de prof de maths… Son parcours atypique, sa longévité et ses idées  tactiques (en 2006, France 5 a diffusé un documentaire intitulé Football, l’intelligence collective qui suivait le travail du coach lorientais) lui ont  apporté une notoriété certaine auprès des amateurs de foot. Pour les autres,  son nom ne sonne pas non plus comme une appellation étrange. Christian Gourcuff. oui, Gourcuff, comme l’autre, Yoann, celui qui attire depuis des mois toute l’attention des médias, le nouveau meneur de jeu de l’équipe de France, la révélation du foot hexagonal dont le physique avantageux se décline à toutes les sauces, en maillot comme en costume de ville, avec et sans chemise.

Il est devenu un « père de »
Que ceux qui ne s’intéressent au football que le temps de zapper entre deux  chaînes soient avertis: Christian est son père. Alors que les incertitudes  autour de la prolongation du séjour bordelais de Yoann tenaient la France  du foot en haleine, le prénom de Christian revenait très régulièrement au  coeur des négociations. « Contrairement à ce que je lis parfois, je ne suis pas  son agent. Je n’ai aucun intéressement sur mon fils. Si un jour, je devais  prendre un euro sur Yoann, je ne pourrais même pas me regarder dans la glace. Tout ce que je fais, c’est dans son intérêt », assure-t-il, las des rumeurs. Il ajoute : « Par contre, j’ai un gros avantage : je suis dans le milieu et je  connais toutes les données. Je lui ai conseillé de faire ce qu’il sent tout  simplement. Mais après, il faut se protéger contractuellement et c’est là que j’interviens. » Lui, le quinquagénaire discret guère attiré par les projecteurs,  entraîneur d’un club modeste (10ème du dernier  championnat), devenu cette saison « un père de », ne s’offusque pas de la  médiatisation massive de son fiston. « Sa médiatisation correspond à un  manque. Il fallait un joueur différent et Yoann est arrivé à ce moment-là. » Il  la trouve même positive pour la vision du football qu’elle incarne. « Elle n’est pas excessive car toujours remise dans le contexte du collectif. Une  telle reconnaissance incite à être collectif. Si on ne reconnaissait que des  Cristiano Ronaldo, tous les jeunes voudraient prendre le ballon et jouer de  façon individuelle. C’est intéressant pour le foot de reconnaître Yoann. »

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