Kinésithérapeute à Nantes depuis 1985, Philippe Daguillon a vu défiler plusieurs générations de talents. Ses doigts de fée sont venus à bout de nombreuses blessures. Même si sa profession est relativement connue, l’aspect sportif change complètement la donne.

Il a été le kiné de l’équipe de France jusqu’en 1994 mais son attachement à Nantes est viscéral. Pourtant Parisien d’origine, « Dag », comme le surnomment les joueurs, n’a jamais quitté la Loire-atlantique. Plus qu’un kiné, Philippe Daguillon est un vrai soutien pour tous les joueurs. Depuis plus de 25 ans, l’emblème du staff nantais prodigue ses conseils et son savoir-faire à tout l’effectif. il a même mis son expérience à profit pour créer un outil qui devrait rapidement se répandre dans tous les clubs, le cryobain (traitement par le froid). Et il n’y a pas que les massages qui aident les joueurs à se sentir mieux.
Aucun métier n’exige aux employés d’être au top une fois par semaine, pendant presqu’une année entière. Pour être à son meilleur niveau durant toute une saison, le talent seul ne saurait suffire. La préparation physique et musculaire des joueurs constitue l’une des étapes les plus importantes du métier de footballeur. Une profession qui, au-delà des paillettes et des rémunérations plus qu’alléchantes, est loin d’être aussi facile qu’il n’y paraît. Les joueurs sont de gros travailleurs pour qui la préparation physique est aussi importante que les jeux avec le ballon. Phillipe Daguillon, kiné au sein du club de Nantes, n’est pas là pour sensibiliser les joueurs à cet
aspect pour le moins harassant. « Le joueur de foot professionnel sait que son job passe aussi par les soins. La plupart des gens ne voient que le côté doré de leur métier mais la face cachée est beaucoup plus pénible. » Homme de l’ombre par excellence, le kiné d’un club reste la pièce maîtresse pour tous les joueurs d’un groupe. Lors des matches, « Dag » est là, accompagné par les médecins du club, prêt à intervenir. Il fait partie de ces hommes qui surgissent sur la pelouse pour prendre en charge les joueurs au sol, blessés gravement ou non. « On essaie d’intervenir le plus rapidement possible parce qu’on sait que plus la blessure est prise en charge rapidement, plus les délais de guérison seront écourtés et les soins seront efficaces. » Fort de ses 24 ans d’expérience au sein des Canaris, l’ancien kiné de l’équipe de France sait de quoi il s’agit avant même de rentrer sur le terrain. « Maintenant avec l’habitude, on arrive à savoir avant de rentrer si la blessure est grave ou pas. On les connaît. Certains sont plus ou moins durs au mal et parfois ils ont juste besoin de souffler pendant le match. Quand on rentre, on sait si c’est pour un pépin grave ou pas. » Le côté préventif de ce métier est l’un des plus importants. Le but des kinés sportifs est d’amener les joueurs à leur meilleur niveau pour démarrer chaque saison. Mais c’est aussi et surtout de les soigner et de les accompagner pendant leur convalescence et la période de rééducation.









