Formé à Sochaux, Jérémy Ménez a ébloui l’élite du football français dès ses 17 ans. Illustration de son précoce talent, il devient, la même année, le plus jeune auteur d’un triplé de l’histoire de la Ligue 1. Cinq ans plus tard, il vient de terminer une première saison en demie-teinte dans le prestigieux club de l’AS Roma.

Photo: Hugues Anhes
Des ambitions et des rêves plein la tête, Jérémy Ménez, qui a grandi à vitry-sur-seine, en banlieue parisienne, est parti à 21 ans tenter sa chance en italie. Après une première saison ponctuée d’une série de blessures, le numéro 94 de la Roma, annoncé cet été du côté de Marseille, rempile et compte bien, cette fois-ci, s’imposer chez les Giallorossi. Rencontré à Paris alors qu’il vient juste de signer un contrat avec la marque aux trois bandes, le jeune homme se livre avec une simplicité et une timidité qui le caractérisent. Laconique et direct, le romain sait ce qu’il veut : décrocher la lune. et ce sera avec le club de la louve…
On a beaucoup parlé cet été de ton éventuel retour en France. Etait-ce un souhait de ta part ?
Je trouve qu’il y a une grosse équipe à Marseille, ils jouent la Ligue des Champions et ils visent le titre. C’est clair que ce défi aurait pu m’intéresser. En fait, il fallait que Marseille vende un joueur. Ça n’a pas été le cas, donc le transfert ne s’est pas fait. Je suis resté à Rome et j’en suis heureux. C’est important pour moi de m’imposer ici, de franchir un palier. Partir aurait pu être perçu comme un échec.
A ton Arrivée à La Roma, qu’est ce qui t’a le plus marqué ?
Le fait de voir Francesco Totti pour la première fois. Là-bas, c’est un dieu, c’est impressionnant. Quand tu le vois jouer, tu te dis que c’est trop simple pour lui, le foot. En plus, il ne fait que marquer, il ne s’arrête jamais (rires) ! Tu regardes, tu observes les gestes qu’il répète à l’entraînement, pendant les matches. Et tu t’en inspires pour progresser !
Qui sont justement tes amis à la Roma ?
Je m’entends vraiment bien avec Filou (Phillipe Mexès, ndlr), qui est d’ailleurs mon voisin. Il m’a beaucoup aidé à m’intégrer au sein du club. Il y a aussi De Rossi, Cassetti et Totti. Avec ce petit groupe-là, on joue souvent au poker quand on est au vert, on se voit assez souvent en-dehors des entraînements. Mais ça reste une équipe, un vestiaire qui se mélange. Il n’y a pas de clans, c’est surprenant.
Sur le terrain, tu avais la réputation d’être sanguin. As-tu travaillé pour gommer ce coté impulsif ?
Le fait d’aller en Italie m’a fait beaucoup progresser à ce niveau. Aujourd’hui, je me suis calmé. Après, il faut savoir que ton attitude sur le terrain dépend du contexte dans lequel tu évolues. Si les choses se passent mal avec ton club, tu peux facilement avoir un comportement nerveux. Je suis conscient que je pouvais, à cause de ça, perdre en concentration. C’est très important pour un joueur d’être serein. Ça vient naturellement. Je pense évoluer dans le championnat le plus difficile, donc ça ne peut qu’être bénéfique pour moi.
Quelle perception as-tu du public italien ?
Ça n’a rien à voir avec la France. En Italie, ils sont vraiment tous passionnés et ça motive énormément. Tous les clubs, même les derniers ou ceux des divisions inférieures, ont leur stade rempli. Tout le monde est fan d’au moins un club. Le football représente énormément pour les Italiens. À Rome, c’est particulier, c’est vraiment très chaud, le public vit pour son club. Sans oublier la rivalité avec la Lazio…
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