Considéré depuis deux saisons comme l’un des cadres de la formation lilloise, Yohan Cabaye a dû se faire à un nouveau statut. Il est devenu, cet été, l’enfant terrible du LOSC, ratant des entraînements et exprimant sans langue de bois son ressenti. Avant de se reconcentrer sur le terrain.
photo: Hugues Anhes
Le 20 septembre dernier, lors du derby face à Lens, Yohan Cabaye est expulsé quelques secondes à peine après être entré en jeu. Pourtant malgré tout ce qui a pu être écrit sur lui, la sérénité prédomine dans le regard du jeune homme de 23 ans. Sans détour, il évoque tout ce qu’il a ressenti pendant ces semaines difficiles, sur le terrain comme en dehors. Même s’il s’en défend, cabaye semble perdu dans la formation nordiste. ce club, à qui il a tant donné, est en train de s’éloigner de lui. mais de manière très lucide, il sait qu’il ne doit pas s’arrêter de travailler. C’est sous un ciel grisâtre, entrecoupé par quelques rayons de soleil, que l’équipe de Surface décharge son matériel, à Lille, devant le carlton. La suite de l’hôtel est prête à accueillir le jeune homme qui, soigneux de son image, a prévu plusieurs tenues pour le shooting. Apaisé, il prend la pose sous les yeux de sa femme et de son futur bébé. pour un talent comme le sien, le futur est loin d’être aussi gris que le ciel Lillois.
En début de saison, tu n’étais plus titulaire. N’as-tu pas eu l’impression de faire un pas en arrière dans ta carrière ?
Je ne savais plus où j’en étais. Je ne savais même plus comment il (Rudi Garcia, ndlr) me considèrait dans l’équipe, si j’étais un joueur important ou non. Je ne savais vraiment pas. Mais que tu sois un joueur important ou un joueur de complément, tu dois toujours prouver. Je n’ai pas parlé de ma situation avec le coach, je me donne à fond pendant les entraînements et c’est tout. S’il me fait jouer, tant mieux. Si je ne joue pas, il faut que lui-même en explique les raisons. Contre Rennes, je me suis servi de ce qu’il m’était arrivé pour me remotiver. J’ai tout fait pour prouver d’abord au coach, mais aussi aux autres personnes qui comptent toujours sur moi. J’avais envie de montrer que je n’étais pas mort.
Tu as dit dans la presse que si ta situation n’évoluait pas, tu ferais tes valises…
Pour un joueur de foot, le plus important, c’est d’être sur le terrain. Ici, j’ai vécu tellement de choses que du jour au lendemain, me retrouver sur le banc et ne pas savoir quel match je vais jouer, c’est quand même compliqué. Devenir un joueur dont on se sert pour faire tourner l’effectif et pour remplacer les autres, c’est dur. Je me pose des questions. Mais je pense ce que j’ai dit. Si ça continue comme ça jusqu’en janvier, on sera tous perdants. Moi, parce que je ne joue pas beaucoup et que je ne progresse plus, et le club, qui s’attend à mon départ.
Comment décrirais-tu l’ambiance au sein du groupe lillois ?
Il y a eu l’histoire avec Rudi Garcia. Mais également celle avec Malicki et Tafforeau (qui ont quitté le club, ndlr). Pour les anciens et moi, ça a été difficile à vivre. C’était des coéquipiers mais aussi des amis. On a tout vécu avec eux et du jour au lendemain, ils sont mis à l’écart. À la reprise, ils ne s’entraînaient même pas avec nous. On se demandait ce qu’il se passait et pourquoi ça leur arrivait, eux qui ont toujours été là. Il y a certains joueurs, des anciens, qui n’ont toujours pas digéré ce qui s’est passé. Mais sinon, ça se passe super bien. Tout le monde est dans le même état d’esprit.
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