Archive for the ‘Surface n°10’ Category

JEUNESSE DORÉE

Posted by Surface On décembre - 19 - 2011

Ils ont entre 19 et 25 ans et représentent la nouvelle génération de footballeurs. À l’occasion de cette entame de championnat, Surface a réuni cinq des grands espoirs du football hexagonal. L’occasion de décrypter le parcours d’une jeunesse décriée passée des centres de formations à l’élite à la vitesse grand V. Ou comment se construit l’homme au-delà du footballeur…

Surface est parti à la rencontre de cinq joueurs à l’avenir prometteur, afin de savoir ce qu’il se passe dans la tête d’un jeune homme d’une vingtaine d’années dont les responsabilités peuvent paraître démesurées. Ils nous ont parlé de leur construction personnelle, de leur génération et des valeurs qu’ils pensent devoir prôner pour s’assurer une carrière longue et fructueuse. Pas une sinécure…
S’il y a bien un point commun entre Kévin Gameiro, Sylvain Marveaux, Stéphane Ruffier, Jimmy Briand et Eden Hazard, c’est qu’ils arrivent tous les cinq à un moment charnière de leur jeune carrière. Après avoir prouvé aux yeux de tous un talent certain, ils doivent maintenant s’imposer au plus haut niveau dans la durée et s’émanciper. [...]

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

©Vivien Lavau

Jimmy Jean-Louis

Posted by Surface On décembre - 19 - 2011

À 42 ans, Jimmy Jean-Louis est l’un des rares Haïtiens a avoir percé sur la scène internationale. Héros de Heroes, l’acteur a plusieurs cordes à son arc. De son engagement en faveur de son pays natal à son inamovible passion pour le ballon rond, Jimmy nous raconte ses expériences avec toute la gentillesse qui le caractérise.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DU HOLLYWOOD UNITED FC ?
(Rires) Dans ce club, il y a des anciens footballeurs, des acteurs et des musiciens. On se voit toutes les semaines pour jouer. Mais le plus intéressant, ce sont les matches de charité que l’on a pu faire à Los Angeles, à New York, au Mexique ou au Canada. On a même affronté le Galaxy de David Beckham, qui a joué 88 minutes. C’est très sympa de se retrouver sur le terrain avec des collègues du cinéma et aussi des anciens du foot, comme Franck Leboeuf ou Youri Djorkaeff. Moi, en tant que fan, avoir l’occasion de jouer avec ces personnes-là, ça me remet dans mes rêves d’enfant. Mais l’équipe n’a pas vraiment d’entraîneur. Franck l’a fait à un certain moment, parce qu’il y avait des objectifs. On voulait rentrer en Coupe des États-Unis, qui est l’équivalent de la Coupe de France. On avait une bonne équipe, on s’est dit qu’on allait essayer de se donner à fond. Il a donc pris l’équipe en main.

QU’EST CE QUI VOUS DÉRANGE DANS LE FOOTBALL D’AUJOURD’HUI ?
Les joueurs gagnent beaucoup d’argent. Est-ce qu’ils le méritent ? S’ils en génèrent beaucoup, c’est normal qu’ils prennent la part du gâteau. Après, il y a beaucoup de polémiques concernant l’arbitrage. Faut-il mettre la vidéo pour pouvoir revenir sur les décisions ? Moi, j’aurais dit qu’il faut laisser les décisions à l’arbitre, et les erreurs telles quelles. Mais il y a tellement d’enjeux : un penalty non justifié peut changer le classement d’un club pour le reste de la saison.

[...]

©Fabien Campoverde

©Fabien Campoverde

Sébastien Piocelle

Posted by Surface On juillet - 26 - 2011

À 31 ans, Sébastien Piocelle vient de faire son retour parmi l’élite. Après un parcours plus que chaotique, où se sont mêlés chômage, blessures, mauvais choix et problèmes de salaire, le milieu de terrain et capitaine d’Arles-Avignon est plus que jamais prêt à prendre sa revanche sur le destin, même s’il refuse de parler de son retour en ses termes. La récompense de l’acharnement…

La route vers la gloire est parfois longue et sinueuse. Certains y parviennent rapidement sans jamais en décrocher, d’autres la touchent du bout des doigts avant de sombrer. Pour Sébastien Piocelle, la descente aux enfers fut longue, interminable même. Passé par le grand Nantes de Reynald Denoueix, ce milieu de terrain de 31 ans a commis de nombreuses erreurs dans sa carrière. Les erreurs de jeunesse, comme il aime à les appeler, auxquelles viennent s’ajouter les mauvais choix, les blessures et le hasard, qui est loin de toujours bien faire les choses. Mais le premier fautif, c’est bien lui-même. Rare sont les footballeurs qui connaissent un parcours aussi chaotique. Encore plus rares sont ceux qui parviennent à rebondir. Un seul mot suffit à Sébastien pour qualifier sa trajectoire : « Courage. Entre les mauvais choix, les blessures, le hasard et les erreurs, tout ça fait que, finalement, j’ai dû rebondir à chaque fois. Quand on se blesse, il faut savoir revenir. Surtout, au niveau mental, quand on se blesse une deuxième fois. Et quand on se retrouve sans club, on se sent un peu ignoré. J’ai réussi à revenir, et je suis encore là. » Et pour rebondir, il faut avoir toucher le fond…

« L’ANCIEN ESPOIR DU FOOTBALL FRANÇAIS »
Sa carrière avait pourtant démarré parfaitement. Préformé à Clairefontaine, Piocelle s’aguerrit à Nantes, aux côtés d’Eric Carrière, l’autre milieu récupérateur du club. Après deux saisons chez les Canaris, il est prêté à Bastia, où il espère confirmer
les espoirs placés en lui. Car Sébastien est un « ancien espoir du football français ». « Ancien », parce qu’il ne confirma jamais au plus haut niveau, et « espoir » car beaucoup le considéraient comme le futur Didier Deschamps. Un poids supplémentaire
sur les épaules d’un jeune footballeur, comme la plupart, fougueux comme certains, pressé comme beaucoup. « Souvent quand on fait des comparaisons, la plupart du temps, les mecs s’écroulent derrière. Sur le coup, ça m’a fait plaisir. Mais, quand tu as 20 ans, tu commences à jouer, on parle de toi, tu peux quand même t’enflammer rapidement. »
S’il a explosé à la fin des années 90, le natif de Gouvieux (Oise) a ralenti la cadence dès son arrivée sur l’île de Beauté. « Ce fut une année difficile. J’avais 20 ans, je venais de me marier et ma femme était restée à Nantes pour ses études. C’était la Corse, la chaleur… Par moment, j’avais tendance à m’égarer. C’était plus facile de sortir. J’ai dû faire une vingtaine de matches. » Les conséquences de son mauvais choix vont rapidement lui sauter au visage. Pendant que Seb se la coule douce à Bastia, son club formateur devient champion de France. Un petit goût d’amertume et de regrets pointe alors. Une question de fierté ?
Certainement.
Denoueix l’appelle pour lui demander ce qu’il compte faire la saison suivante mais par fierté, il préfère rester en Corse. Malgré ce coach qu’il respecte au plus haut point, il commet une erreur, qui aura un impact sur le reste de sa carrière. « C’est lui qui m’a lancé en pro. Je le respecte énormément. Si on s’est un peu braqués, c’est de ma faute. C’est moi qui avais changé un peu de costume. À 19 ou 20 ans, on fait des erreurs. Là, l’erreur, c’est que par fierté, j’ai décidé de continuer avec Bastia. Je le regrette.
Quand tu vois l’impact que peut avoir une Ligue des Champions sur une carrière… Je n’y pense même plus, mais peut-être que si j’étais resté, j’aurais eu une carrière différente… »
Le destin peut parfois prendre un malin plaisir à donner tort à ses propres
choix, réfléchis ou non. L’année suivante, Piocelle se blesse au genou. Premier coup dur… Le début d’une longue descente aux enfers.

[...]

©Fabien Campoverde

©Fabien Campoverde

Sébastien Bassong

Posted by Surface On juillet - 25 - 2011

Tour de contrôle de la défense de Tottenham, Sébastien Bassong est en train d’exploser à Londres. Son mètre quatre vingt sept n’a d’égal que son talent et sa puissance. Son équipe en a largement profité l’an dernier pour perturber le Big Four et glaner une place en Champion’s League. Droit dans ses bottes, il revient sur son ascension en Premier League, sur sa vie dans la capitale anglaise et sur sa première Coupe du Monde avec les Lions Indomptables.

Quel bilan tires-tu de tes deux premières saisons en premier league ?
Sur un plan personnel, je tire un bilan positif. Je suis parti d’une relégation avec Newcastle et aujourd’hui, je joue la Ligue des Champions avec Tottenham.

Explique nous ce qu’est le derby du nord de Londres entre Tottenham et Arsenal ?
Le derby Nord londonien est assez spécial parce que les équipes sont vraiment très proches et la rivalité dure depuis très longtemps. C’est surtout pour le public, il y a une idée de prestige, comme dans tous les derbys. Tu peux perdre beaucoup de matches dans la saison mais celui-là il faut le gagner absolument. C’est important pour la fierté et l’ego des supporters. Mais bon, j’en ai joué d’autres en Angleterre comme Newcastle-Sunderland. Ce derby contre Arsenal est particulier parce que c’est
Londres, c’est la capitale. On sait que toute l’Europe regarde le derby Tottenham-Arsenal et qu’on va en entendre parler pendant longtemps.

Quelle est la différence entre le football anglais et le football français ?
Sur le terrain, la différence majeure, c’est l’impact. ça va vite. En Angleterre, c’est « up and down » comme on dit. L’impact physique est incroyable. Tu as des attaquants qui viennent te tacler par derrière, c’est spécial et purement « british ». Hors terrain, ce sont les mentalités qui sont complètement différentes. On est beaucoup plus libre et livré à nous même. On s’autogère. Je pense que ça porte ses fruits car les clubs anglais sont meilleurs que les équipes françaises. En France, on est beaucoup plus « serré » par les clubs. On regarde beaucoup ce que tu fais en dehors du football, si tu sors … En Angleterre,
on est des professionnels, on sait ce qu’on doit faire, à nous d’assumer. Tu manges comme tu veux, personne ne va venir regarder ce que tu as dans ton assiette. Tout ce qu’il te demande, c’est d’être bon sur le terrain et de mouiller le maillot. Quand tu goutes à cette ouverture d’esprit là, c’est difficile de retourner dans le système français. Tu te sens oppressé, il y a trop de règles. Après,
il y a de la discipline dans les clubs anglais mais dans un cadre très précis. Elle ne déborde pas sur ta vie privée.

Penses-tu que le football fabrique encore de belles amitiés ?
Oui ! Je traîne très souvent avec un rival d’Arsenal. Abou Diaby. Je le connais depuis que j’ai douze ans à Clairefontaine. J’ai mon meilleur ami aussi Thomas Gamiette qui joue à Reims. Notre amitié ne date pas du football, c’était avant. J’ai gardé de
vraies amitiés avec les gens qui étaient avec moi à Clairefontaine.

Justement, parlons un peu de ta carrière internationale. Tu as commencé avec l’équipe de France espoir et finalement tu as choisi de Jouer sous le maillot du Cameroun. Quelles ont été tes motivations dans ce choix ?
Le choix, j’ai eu le temps pour le faire. Au début, j’ai fait ma formation à Clairefontaine puis j’ai connu « France espoir ». ça me paraissait normal de continuer et de passer mes galons avec l’équipe de France. Après, il arrive un moment où il faut prendre une décision. J’ai été appelé par l’équipe du Cameroun. Et vu que j’ai reçu une éducation 100% camerounaise de la part de mes parents. Ils m’ont inculqués des valeurs particulières. Au moment où le choix s’est posé, j’ai pesé le pour et le contre. Et c’est le cœur qui a parlé.

[...]

©Sabrina Lambletin

©Sabrina Lambletin

Ramzy

Posted by Surface On juillet - 25 - 2011

Acteur et désormais producteur, Ramzy est aussi un supporter meurtri du PSG. Le comique nous parle de sa relation avec le ballon rond et de sa profonde déception vis-à-vis de l’équipe de France. Pour lui, pas de doute, mieux vaut un Barcelone-Chelsea qu’un Brest-Caen.

TU AVAIS DES JOUEURS FÉTICHES ?
Maradona ! Et j’aime beaucoup Cantona aussi. C’est ça qui me plaît dans le foot. Tu vois la dernière Coupe du monde, nos joueurs, et bien c’est la honte. Ce n’est pas la honte ? Non ? Ma petite soeur défend encore Ribéry et compagnie. Moi j’adorais ces gars, mais ne pas s’entraîner à la Coupe du monde… Hey, c’est la Coupe du monde là ! Je suis vraiment pro rebeu, mais enfin, merde, porter le maillot de l’équipe de France… J’aimerais ne plus jamais voir ces gens porter ce maillot. On aime le foot, mais qu’est ce que c’est moche ce qu’ils ont fait ! Le pire, c’est Anelka. Je l’ai vu faire une interview où il a dit : « Domenech m’a dégoûté du foot ». Mais c’est toi qui nous as dégoûtés du foot ! Mais tu sais pourquoi, et écris-le bien ! La grosse faute de Domenech, je vais vous la révéler : il n’a pas pris de rebeu. Il y en aurait eu un dans le car, tout le monde serait descendu. Vous êtes malades ou quoi ? Vous vous rappelez de Zizou qui embrasse le maillot de l’équipe de France en 98. Ce n’est pas une histoire d’argent : Zizou gagne un milliard de plus qu’eux, et il nous a emmenés en finale de la Coupe du monde alors qu’il était à la retraite !

EST CE QUE LE FOOT FERAIT UN BON SUJET DE FILM ?
J’ai l’impression que le foot est très difficile à filmer. La seule fois de ma vie où j’ai kiffé le foot au cinéma, c’est quand j’ai vu un film qui s’appelait à nous la victoire. C’était un long-métrage qui se passait dans un camp de prisonniers, avec Pelé, Osvaldo Ardiles… Ils font un match de foot pour s’évader du camp. J’avais adoré ! Il y a notamment ce but de Pelé à la fin où il fait un retourné. C’était sublime. J’adore le foot, mais quand il y a un film qui en parle, je n’y vais pas, ce n’est pas attirant.

LES FOOTBALLEURS ONT-ILS UN POTENTIEL COMIQUE ?
J’ai l’impression que oui, mais c’est un humour de vestiaires. J’ai le sentiment qu’ils ont le même humour que les militaires. Attention, je généralise, comme un raciste qui parlerait des Arabes, mais grosso modo, on est quand même dans de l’humour
de vestiaires. Par contre, Jérôme Alonzo, je sais que je me suis marré avec lui : on peut lui faire des vannes, il comprend et il renvoie. Là déjà, c’est bien. Tu lui passes le bonjour d’ailleurs !

TU SUIS LE FOOT AVEC ASSIDUITÉ ?
J’ai arrêté de regarder le championnat français. Hey ! Oh ! Quand tu regardes Brest-Lorient, tu fais quoi ? Quand tu entends la sonnette qui t’annonce « But à Arles Avignon, contre Monaco ! », c’est difficile. Je suis un supporter historique du PSG. Je suis allé au Parc tous les week-ends pendant dix ans. Mais là, j’ai arrêté, parce qu’ils se foutent trop de notre gueule, et je crois que, si on aime le PSG comme je l’aimais, et comme je l’aime toujours au fond de moi, il faut s’en détacher aujourd’hui. C’est un message aux supporters, dont je fais partie. Je reviendrai le jour où il y aura un club ambitieux. Qu’on arrête de se foutre de notre gueule ! Attends, on est Paris, les autres capitales, elles ont 10 000 clubs ! C’est quand que nous serons numéro 1 ?
On a attendu le mercato, on a vu Nenê quoi… J’aime beaucoup Nenê, mais j’aimerais bien que notre ambition, ce soit d’avoir notre place en Champion’s League.

[...]

©Vivien Lavau