À 31 ans, Sébastien Piocelle vient de faire son retour parmi l’élite. Après un parcours plus que chaotique, où se sont mêlés chômage, blessures, mauvais choix et problèmes de salaire, le milieu de terrain et capitaine d’Arles-Avignon est plus que jamais prêt à prendre sa revanche sur le destin, même s’il refuse de parler de son retour en ses termes. La récompense de l’acharnement…
La route vers la gloire est parfois longue et sinueuse. Certains y parviennent rapidement sans jamais en décrocher, d’autres la touchent du bout des doigts avant de sombrer. Pour Sébastien Piocelle, la descente aux enfers fut longue, interminable même. Passé par le grand Nantes de Reynald Denoueix, ce milieu de terrain de 31 ans a commis de nombreuses erreurs dans sa carrière. Les erreurs de jeunesse, comme il aime à les appeler, auxquelles viennent s’ajouter les mauvais choix, les blessures et le hasard, qui est loin de toujours bien faire les choses. Mais le premier fautif, c’est bien lui-même. Rare sont les footballeurs qui connaissent un parcours aussi chaotique. Encore plus rares sont ceux qui parviennent à rebondir. Un seul mot suffit à Sébastien pour qualifier sa trajectoire : « Courage. Entre les mauvais choix, les blessures, le hasard et les erreurs, tout ça fait que, finalement, j’ai dû rebondir à chaque fois. Quand on se blesse, il faut savoir revenir. Surtout, au niveau mental, quand on se blesse une deuxième fois. Et quand on se retrouve sans club, on se sent un peu ignoré. J’ai réussi à revenir, et je suis encore là. » Et pour rebondir, il faut avoir toucher le fond…
« L’ANCIEN ESPOIR DU FOOTBALL FRANÇAIS »
Sa carrière avait pourtant démarré parfaitement. Préformé à Clairefontaine, Piocelle s’aguerrit à Nantes, aux côtés d’Eric Carrière, l’autre milieu récupérateur du club. Après deux saisons chez les Canaris, il est prêté à Bastia, où il espère confirmer
les espoirs placés en lui. Car Sébastien est un « ancien espoir du football français ». « Ancien », parce qu’il ne confirma jamais au plus haut niveau, et « espoir » car beaucoup le considéraient comme le futur Didier Deschamps. Un poids supplémentaire
sur les épaules d’un jeune footballeur, comme la plupart, fougueux comme certains, pressé comme beaucoup. « Souvent quand on fait des comparaisons, la plupart du temps, les mecs s’écroulent derrière. Sur le coup, ça m’a fait plaisir. Mais, quand tu as 20 ans, tu commences à jouer, on parle de toi, tu peux quand même t’enflammer rapidement. »
S’il a explosé à la fin des années 90, le natif de Gouvieux (Oise) a ralenti la cadence dès son arrivée sur l’île de Beauté. « Ce fut une année difficile. J’avais 20 ans, je venais de me marier et ma femme était restée à Nantes pour ses études. C’était la Corse, la chaleur… Par moment, j’avais tendance à m’égarer. C’était plus facile de sortir. J’ai dû faire une vingtaine de matches. » Les conséquences de son mauvais choix vont rapidement lui sauter au visage. Pendant que Seb se la coule douce à Bastia, son club formateur devient champion de France. Un petit goût d’amertume et de regrets pointe alors. Une question de fierté ?
Certainement.
Denoueix l’appelle pour lui demander ce qu’il compte faire la saison suivante mais par fierté, il préfère rester en Corse. Malgré ce coach qu’il respecte au plus haut point, il commet une erreur, qui aura un impact sur le reste de sa carrière. « C’est lui qui m’a lancé en pro. Je le respecte énormément. Si on s’est un peu braqués, c’est de ma faute. C’est moi qui avais changé un peu de costume. À 19 ou 20 ans, on fait des erreurs. Là, l’erreur, c’est que par fierté, j’ai décidé de continuer avec Bastia. Je le regrette.
Quand tu vois l’impact que peut avoir une Ligue des Champions sur une carrière… Je n’y pense même plus, mais peut-être que si j’étais resté, j’aurais eu une carrière différente… » Le destin peut parfois prendre un malin plaisir à donner tort à ses propres
choix, réfléchis ou non. L’année suivante, Piocelle se blesse au genou. Premier coup dur… Le début d’une longue descente aux enfers.
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©Fabien Campoverde

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