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Surface « Coupe du Monde »

Posted by Surface On juin - 8 - 2010

SURFACE FOOTBALL MAGAZINE

N° spécial Coupe du Monde

AVEC EN COUVERTURE

DJIBRIL CISSÉ

DISPONIBLE MERCREDI 9 JUIN

au tarif exceptionnel de 2,90€ seulement

En deux ans, on l’avait presque oublié. Une fois de plus, Djibril Cissé renaît de ses cendres et prouve son incroyable force mentale. Meilleur buteur du championnat grec, l’attaquant jouera la Coupe du monde avec l’équipe de France. Et il n’entend pas aller en Afrique du Sud pour faire de la figuration !

Extraits:

Le mondial

« Je le sens bien, je l’ai toujours bien senti. On peut le gagner. C’est en étant convaincus de ça qu’on arrivera à faire de grandes choses et qu’on pourra battre des équipes soi-disant supérieures à nous. »

Raymond Domenech

«C’est quelqu’un que j’apprécie et que je respecte beaucoup. Comme moi, il a son caractère ! Je peux comprendre qu’il puisse déranger, comme je comprends que les gens n’accrochent pas toujours avec moi. Quand on est un personnage, quand on est souvent dans l’extrême, on t’aime ou on te déteste. »

Laurent Blanc

« Nommer un sélectionneur avant la Coupe du monde, ça peut être gênant mais on est des professionnels. Si on loupe la Coupe du monde, ça ne pourra en aucun cas servir d’excuse. Blanc est un bon entraîneur, il a fait de grandes choses avec Bordeaux, il a un vécu en équipe de France, c’est quelqu’un de très intelligent. Je pense que c’est un bon choix. »


L’affaire Zahia

« Ce truc est ridicule. Normalement, c’est la presse anglaise qui fait ça. Mais bon, c’est fait, c’est fini, voilà ! On met une croix dessus et on n’en parle plus, parce que c’est chiant. Par contre, pour bien connaître Franck, ça promet une belle Coupe du monde parce qu’il a envie de faire taire les gens. Ça peut être un mal pour un bien. »


AU SOMMAIRE


MICHEL BASTOS

« Chez nous, le but, c’est d’arriver en finale, pas en quarts ou en demies. Si on n’atteint pas cet objectif, on se fait fracasser. »


LUCA TONI
« Raymond Domenech ne m’est pas sympathique, mais on m’a dit que les Français pensaient la même chose que moi »


DIEGO PEREZ

Diego Forlan
« Diego Forlan n’a pas la reconnaissance qu’il mérite […] S’il avait été argentin ou brésilien, il aurait été une vraie star. Il a quand même gagné le titre de meilleur buteur de toute l’Europe ! »


ADRIANA KAREMBEU

Sur les Bleus et la Coupe du monde :

« J’ai été surprise par les choix du sélectionneur, parce qu’il a laissé sur la touche des joueurs que je trouve très bons. Mais il a des arguments. Ce que je me demande souvent, c’est s’il y a du coeur dans cette équipe. Ont-ils vraiment envie, comme cette équipe magique que j’ai connue en 1998 ? C’est la vraie question. »


TEDDY RINER

Son avis sur les bleus pour la Coupe du Monde

« L’équipe de France a des chances. Elle est, il ne faut tout de même pas l’oublier, en construction. Beaucoup de joueurs sont partis. Il faut que le groupe se soude et qu’ils apprennent à se connaître, et surtout à jouer ensemble. »


DANIEL COHN-BENDIT

Il va soutenir la Cote d’Ivoire pour la Coupe du Monde

« Je viens de parier cent euros sur la Côte d’Ivoire […] ils sont dans le groupe de la mort avec le Brésil et le Portugal mais s’ils arrivent à se qualifier, tout est possible pour eux. Je vais soutenir cette équipe car je trouve qu’une victoire de ce pays à la Coupe du Monde 2010 serait un symbole extraordinaire. »


FRANCIS HUSTER

La Coupe du Monde

«Je ne suis pas vraiment optimiste pour la Coupe du Monde. Je pense que la France a peu de chances de passer le premier tour. […] Franchement, je suis inquiet car il faut dire les choses : aujourd’hui, l’équipe de France n’a ni style, ni patron, ni système de jeu. »

« L’Espagne est la grande favorite de ce Mondial. Elle a un style de jeu, une maîtrise technique impressionnante et  physiquement, elle ne lâche rien. Juste derrière, je vois bien l’équipe d’Angleterre, entraînée par Fabio Cappelo.»


Dossier : L’AFRIQUE DANS TOUS SES ÉTATS

Quatre-vingts ans après la première Coupe du monde, c’est enfin au tour de l’Afrique de prendre en charge l’organisation de l’événement. Terre de football et exportateur de talents pour l’Europe, le continent espère de tout coeur qu’une de ses sélections va briller. Aurélien Chedjou, Asamoah Gyan, Djamel Abdoun et Philippe Troussier évoquent le sujet pour Surface.

Focus sur la Cote d’Ivoire avec les interviews de Gervinho, Souleymane Bamba et Henri Michel


Dossier : LES PRONOSTICS DE NOS EXPERTS

Journalistes, professionnels, entraineurs ou acteurs, des personnalités côtoyant le milieu du foot se sont prêtées au jeu des pronostics pour la Coupe du Monde. Qui sera le meilleur joueur ? Qui gagnera la compétition? Qui fera un bide ? extraits

Bruno Solo

« Le scénario idéal : Finale France-Espagne et on gagne avec un but de Cissé à la 89ème »


Jean Michel Larqué

« L’affaire Zahia ne perturbera pas l’équipe, c’est sûr. Par contre, à mon avis, la nomination de Laurent Blanc avant la Coupe du monde ne va pas déstabiliser le groupe, mais Raymond Domenech. C’est très gênant pour lui »


Alberto Costa

« Si l’Allemagne passe à côté de sa compétition, ça ne me dérangera pas. J’ai encore en mémoire leur attitude détestable contre l’Argentine lors de la dernière Coupe du monde »


Thierry Roland

«La France championne du monde ? Non mais ça ne va pas ? C’est impossible, c’est de la science-fiction, il y a une chance sur un million pour que ça arrive. »


Isabelle Moreau

« Je ne serais pas très triste si Cristiano Ronaldo rate sa Coupe du monde. Le Portugal est dans un groupe vraiment difficile et  à vrai dire, ce joueur m’agace un peu. »


Bruno Cheyrou

« La France championne du monde ? Pourquoi pas ! Si on s’en réfère à ses derniers matches, ça va être compliqué mais si on regarde son potentiel, c’est tout à fait possible. »


Dossier : L’OM CHAMPION

Le 5 mai dernier, à l’issue d’un match contre Rennes âprement disputé, L’OM devenait champion de France, mettant fin, au passage, à plusieurs années de disette. Surface était dans la tribune des Yankee pour assister au sacre, avant de dresser un bilan de la saison passée en compagnie de Jean-Claude Dassier, au centre d’entrainement Robert Louis-Dreyfus.

Djibril Cissé

Posted by Surface On juin - 8 - 2010

La France va se présenter à la Coupe du monde avec un attaquant qui joue en Grèce… Au beau milieu d’une sélection dont les membres évoluent tous dans les meilleurs championnats européens, la présence de Djibril Cissé pourrait faire un peu tache. Sauf que ce buteur au club exotique est une vieille connaissance du foot français (38 sélections chez les Bleus) et que ses  statistiques de la saison inspirent le respect : il a marqué 29 buts en 46 matches, remportant le titre de meilleur buteur de la Super League et réalisant un doublé Coupe/Championnat avec le Panathinaïkos.

Tout le monde ne cesse de le lui répéter mais bon, on lui souffle aussi : « Super saison, Djibril ! Mais ce n’est jamais que la Grèce… » Piqué au vif, l’international répond pas l’ironie : « Et l’Europa League, c’était que l’Europa League ? Et l’AS Rome, c’était que l’AS Rome ? J’ai mis un but chez nous et deux buts chez eux. Mais bon, ce n’était que l’AS Rome… Il y aura toujours des critiques. Il y a toujours des gens à qui je plais moins et qui trouveront quelque chose. Même si je fais une bonne Coupe du monde. Ça ne me dérange pas. À la limite, ça me fait même plutôt rire. » Tout sourire, il nous fait  comprendre que la Grèce, ce n’est pas non plus l’Ouzbékistan et que ce pays a gagné l’Euro 2004, éliminant au passage l’équipe de France : « J’ai été agréablement surpris par le niveau du championnat. La qualité des terrains laisse à désirer mais il y a de très bons joueurs. La Grèce est qualifiée pour la Coupe du monde, ce n’est pas pour rien ! » Surtout, il défend son choix qui s’est avéré payant, celui qui avait fait dire il y à un an à tous les spécialistes de football : « Cissé est parti à Athènes, sa carrière est terminée ! » Le joueur venait alors de boucler une saison correcte avec Sunderland, qui n’est pas non plus le club le plus fameux de la Premier League. Ce transfert avait des allures de dégringolade dans les escaliers de la renommée. « C’était calculé. Je ne suis pas parti en Grèce pour prendre des vacances, je suis parti pour tenter un coup, peut-être un peu fou. Je voulais être présent à la Coupe du monde et en fin de compte, ça a marché. » Il ajoute : « Si je suis allé à Athènes, ce n’est pas parce que j’avais envie d’être le numéro 1 ou d’être la ‘star’ mais j’avais besoin de me sentir important, pour que j’arrive à me transcender et à donner ce que les gens attendent de moi. C’est d’autant plus important pour un attaquant. »

[...]

ESQUIVES A L’IMPUDEUR
Dans un article publié dans Libération, le journaliste Grégory Schneider emploie une formule très juste pour décrire l’attaquant des Bleus. « Djibril Cissé ne sort jamais sans son masque et il en change souvent. » Ils sont assez peu dans le foot à pouvoir prétendre être de vrais personnages. Le buteur en est un. Par son look d’abord : des coupes de cheveux excentriques, une montagne de tatouages, une tenue travaillée au détail près. Sa manière de parler aussi : un débit mitraillette, des réponses souvent télégraphiques, autant d’esquives à l’impudeur. Et son attitude qui peut passer pour de l’arrogance. On raconte qu’un jour, Cissé a balancé à un journaliste qui l’attendait : « Je m’en fous parce que je n’ai pas besoin de toi. Alors que toi, t’es journaliste, donc t’as besoin de moi. » Lorsqu’on l’a rencontré à Paris, le buteur venait d’apprendre le matin même qu’il allait partir au Mondial. Franchement de bonne humeur, disponible et agréable, il s’est investi dans le déroulement du shooting avec application, a distribué les bons points entre les stylistes et a insisté pour écarter tous les vêtements de couleur rouge, par superstition. Pendant notre entretien, il voyait tout en rose : « Le football, c’est ma vie. Si je fais des interviews, si je fais tout ça, c’est grâce au foot. Il ne faut pas oublier ça. Je dois tout au football et j’essaie de rendre à ce sport ce qu’il m’a donné. » Si Cissé est un personnage, il y en a un autre dans le groupe France, qui attire toute l’attention du public : Raymond Domenech, bien sûr. Cissé se sent proche du bonhomme, qu’il connaît depuis les Espoirs : « Il a toujours été correct avec moi, dans les bons comme dans les mauvais choix. Parfois, il ne m’a pas sélectionné et ça a toujours été justifié. Il ne fait pas dans le ‘Je ne t’aime pas, alors je ne te prends pas’. C’est quelqu’un que j’apprécie et que je respecte beaucoup. Comme moi, il a son caractère ! Je  peux comprendre qu’il puisse déranger, comme je comprends que les gens n’accrochent pas toujours avec moi. Quand on est un personnage, quand on est souvent dans l’extrême, on t’aime ou on te déteste. » Et Cissé le sait bien : en général, on ne déteste pas un champion du monde.

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Djibril Cissé ©Vivien Lavau

Michel Bastos

Posted by Surface On juin - 7 - 2010

Il est le seul Brésilien de Ligue 1 qui jouera la Coupe du monde avec la prestigieuse Seleçao. Malgré une première saison en demie-teinte sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais, Michel Bastos a obtenu son ticket pour l’Afrique du Sud. À 27 ans, il vit le rêve de tous les footballeurs de son pays. Et il ne compte pas s’arrêter là.

Lyon, courant du mois de mai. Le championnat de football touche à sa fin. À la veille d’un match contre Le Mans, la cité des Gones reste sur le quivive. En cas de victoire de Lyon, conjuguée à une défaite de Lille, l’OL s’adjugerait la deuxième place du classement, synonyme de qualification directe pour la Ligue des Champions.

Conscient de l’enjeu mais désormais assuré de jouer la Coupe du monde avec le Brésil, Michel Bastos oscille entre son envie d’en découdre et la peur de se blesser. Une discussion animée sur le sujet bat son plein entre lui et Nicolas, patron du restaurant-hôtel l’Ermitage et supporter invétéré de l’Olympique Lyonnais. Michel Bastos reste préoccupé par son club mais sa tête est déjà ailleurs. La veille, il enchaînait les interviews avec les médias brésiliens, et le lendemain du match contre Le Mans, il doit rejoindre son pays d’origine. Dans un français impeccable, Bastos raconte ce que représente pour lui cette sélection qui a surpris pas mal de monde. « Elle récompense le travail que j’ai effectué depuis de nombreuses années. Je n’ai que 26 ans mais je suis  professionnel depuis déjà dix ans. Être sélectionné avec la Seleçao, c’est un rêve que j’ai depuis tout petit. J’ai réussi à l’accomplir et j’ai maintenant la possibilité de disputer une Coupe du monde. C’est parfait. C’est le plus haut où je pouvais arriver. » Depuis 2009, le Lyonnais a été appelé trois fois par Dunga. Sélectionné lors des matches amicaux contre l’Angleterre, Oman et l’Irlande, Bastos a tout simplement confirmé les espoirs qu’on plaçait en lui.

TITULAIRE LORS DE SES TROIS SELECTION
Du coup, jouer ce Mondial n’est pas vécu par le joueur comme une surprise mais comme un aboutissement. « En fait, j’ai plus été surpris quand j’ai été sélectionné pour la première fois. Je ne m’y attendais pas du tout, raconte-t-il. Je sentais que j’avais de grosses possibilités d’être retenu pour la Coupe du monde, mais comme je suis arrivé au dernier moment, rien n’était sûr. Franchement, j’y croyais beaucoup, surtout vu mes performances lors de mes dernières sélections. J’ai été titulaire durant ces trois matches. Il fallait juste que le sélectionneur confirme et c’est ce qui s’est passé ! » Il lui reste maintenant à batailler pour obtenir une place de titulaire en Afrique du Sud, car la concurrence sera rude. [...]

UNE POULE DIFFICILE POUR LE BRESIL
Équipe préférée d’un bon nombre d’amoureux du ballon rond, le Brésil fait comme chaque année figure de favori. Michel Bastos nous dévoile le petit plus qui caractérise la formation brésilienne. « Chez nous, le but, c’est d’arriver en finale, pas en quarts ou en demies. Si on n’atteint pas cet objectif, il se produit ce qu’il s’est passé après le quart de finale contre la France, lors de la précédente Coupe du monde : on se fait fracasser. Cris, qui y était, m’a raconté que tous les joueurs s’étaient bien fait remonter les bretelles. Il y a une pression énorme mais elle fait partie du jeu. Si tu veux aller en Coupe du monde avec le Brésil, il faut faire avec. » Au Brésil, la ferveur qui entoure le football est exceptionnelle. Parfois irrationnel, pour ne pas dire  mystique, l’engouement pour ce sport ne s’explique pas. Il se vit. « Le foot peut arrêter la vie du pays. Pendant plusieurs semaines, le Brésil va vivre pour cette Coupe du monde. Il n’y aura pas d’autres événements pour l’éclipser. On est  23 joueurs qui doivent se donner à fond pour faire la fierté de tout un peuple. Pour beaucoup de Brésiliens, le foot est une religion. Le maillot jaune de la  sélection est comme une croix, et certains de mes compatriotes se mettent même parfois à genoux devant et prient. C’est incroyable. » Pour avoir hérité d’un groupe difficile (Portugal, Côte d’Ivoire et Corée du Nord), le Brésil sera sous pression dès le premier tour. Lucide, Michel Bastos se veut malgré tout  confiant. « Nous avons un groupe très fort. Le sélectionneur s’est permis de laisser de coté Ronaldinho et Adriano, qui comptent parmi les plus grands  joueurs du monde. Ça donne une indication sur le niveau de notre équipe. En Coupe du monde, mon pays est toujours au rendez-vous et il n’y va jamais  seulement pour y être. Il y va pour la gagner. C’est clair que notre poule n’est pas facile. La Corée est sans doute un pays un peu plus fragile que les autres  mais après, que ce soit au sein de la Côte d’Ivoire ou du Portugal, il y a des joueurs de qualité, comme Didier Drogba ou Cristiano Ronaldo. » Il ajoute : «  En plus, ça se joue en Afrique et même si les Ivoiriens ne sont pas chez eux, les Africains vont soutenir une équipe de leur continent continent. Ça peut être un plus pour eux. Je pense même que les pays africains ont une grosse possibilité de remporter la Coupe du monde sur leur continent. » Si Michel Bastos parie du bout des lèvres sur une équipe africaine, il redevient beaucoup plus sûr de lui à l’évocation des favoris. « Pour ma première sélection, j’ai affronté l’Angleterre et, même s’il lui manquait quelques joueurs, cette équipe m’a beaucoup impressionné. Après, évidemment, l’Espagne est jugée par tout le monde comme une sélection très forte. Il y a toujours le Brésil, l’Argentine, qui est un pays assez fort, la Hollande mais aussi la France. Je pense qu’il ne faut pas l’oublier, même si elle s’est qualifiée avec la polémique que l’on connaît tous. La France est là : c’est un pays qui est fort et il faut toujours compter dessus. » Espérons que Michel Bastos ne se trompe pas.

ARRIÈRE GAUCHE ? SON POSTE DE FORMATION !
Au sein de la Seleçao, Michel Bastos joue arrière gauche, ce qui n’est pas vraiment un problème pour lui, sachant qu’il est l’un des joueurs les plus polyvalents de notre championnat. « Ce n’est pas comme si je ne connaissais pas très bien ce poste… C’est mon poste de formation ! C’est celui que j’occupais avant d’arriver en France. Beaucoup de gens ne le savent pas mais c’est seulement chez vous que j’ai appris à jouer au milieu de terrain. Tous les Français qui l’ignorent vont pouvoir découvrir cet été qu’arrière gauche, c’est mon poste à la base ! » Le seul regret que Michel Bastos pourrait avoir, c’est de ne pas pouvoir jouer aux cotés de l’une de ses idoles, Ronaldinho. Si le Lyonnais ne discute pas les choix de son sélectionneur, il avoue être surpris par la non sélection du Milanais. Comme la plupart des Brésiliens d’ailleurs. « C’est quand même Ronaldinho ! Tout le monde a été surpris. Après, c’est vrai qu’en sélection, il a gagné beaucoup de titres et a eu pas mal de réussite, mais il n’a jamais été le Ronaldinho du Barça ou de Milan. J’adore ce joueur. J’aurais tant aimé jouer avec lui. J’avais cette possibilité et ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Il évoque ensuite ses autres modèles, ces footballeurs de génie qui ont toujours fait la force du Brésil. « Avant Ronaldinho, c’est surtout Romario qui m’a marqué. Tout le monde parle de Pelé mais je ne l’ai pas vu joué en vrai, moi ! Je n’ai vu que des images, et l’époque où il jouait était tellement différente que je ne sais pas s’il lui serait possible de faire les même choses de nos jours. » [...]

Michel Bastos ©Hugues Anhes

Michel Bastos ©Hugues Anhes

Michel Bastos ©Hugues Anhes

Michel Bastos ©Hugues Anhes

Michel Bastos ©Hugues Anhes

Adriana Karembeu

Posted by Surface On juin - 7 - 2010

Cette année, la Fédération française célèbre les 40 ans du football féminin. Pour représenter ce sport trop souvent consacré aux hommes, Adriana Karembeu, qui présentera une émission sur Paris Première pour la Coupe du monde, a accepté d’endosser le rôle d’ambassadrice des joueuses tricolores. Pour Surface, le top model revient sur ses engagements et explique comment défendre le foot chez les femmes.

Élue femme la plus sexy du monde par le magazine FHM en 2006, Adriana Karembeu n’est pas qu’une icône de beauté : elle multiplie les actions humanitaires et associatives. C’est à l’occasion de la célébration des 40 ans du football féminin que Surface a rencontré la belle Slovaque. Mariée au champion du monde Christian Karembeu depuis 1998, l’ambassadrice de la Croix Rouge fait aujourd’hui une petite incursion dans le milieu du ballon rond pour encourager la gente féminine à se lancer sur les terrains. Avec un enthousiasme infaillible et un sourire ravageur, elle évoque son nouveau rôle, ses projets dans le cinéma et nous donne même son avis sur la sélection de Raymond Domenech. Première supportrice des Bleus pour le Mondial, elle sera présente en Afrique du Sud. Quand le football devient glamour…

DEPUIS DE NOMBREUSES ANNÉES, ON VOUS VOIT OEUVRER POUR DES ASSOCIATIONS. QU’EST-CE QUI VOUS A CONDUITE SUR CETTE VOIE ?
La Croix Rouge est venue me chercher. J’étais tellement honorée que je ne voyais pas comment refuser. C’est aussi pour des raisons personnelles que j’ai accepté. Car je revenais alors à mes premières passions. Au départ, je voulais être médecin et j’ai même fait des études de médecine. Finalement, ça ne s’est pas fait car j’ai percé dans le mannequinat. L’offre de la Croix Rouge, c’est comme si je revenais dans ce milieu par une autre porte. Je me suis tout de suite sentie très bien, comme chez moi. Je me suis dit que ça serait bien de donner plus qu’une image. Pour cette cause (le football féminin, ndlr), c’est la Fédération qui m’a proposé. Je me sens aussi crédible sur ce terrain, même si je ne suis pas une joueuse. Mais justement, cette approche un peu décalée est bonne parce que je suis là pour inciter les gens qui ne connaissent pas le football à s’y intéresser un peu.

EN QUOI CONSISTE CE RÔLE D’AMBASSADRICE DU FOOTBALL FÉMININ ?
Je prête mon image évidemment mais mon rôle, c’est aussi de communiquer, de promouvoir et d’essayer d’initier le grand public à ce jeu qui est formidable et qui ne devrait pas être réservé exclusivement aux garçons. Les filles peuvent très bien jouer au foot, et leur jeu est tout à fait professionnel, technique et tactique. Comme chez les garçons, sauf qu’elles sont plus jolies !
Il faut aussi changer les préjugés sur ce sport. Beaucoup de parents ont peur que leur petite fille se transforme en garçon, car c’est un sport qui est très masculin. Mais il faut regarder les joueuses et voir à quel point elles sont jolies.

LE FOOTBALL FÉMININ EST TRÈS PEU MÉDIATISÉ. QUE FAUDRAIT-IL  FAIRE POUR LE RENDRE PLUS POPULAIRE ?
Il faut initier les jeunes filles. Il faut organiser beaucoup d’événements et d’actions pour leur dire : « Tentez, essayez… » Il faut aussi que ça change au niveau des clubs. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de structures pour accueillir les petites filles. Il faut réussir à y amener des femmes et leur ouvrir les portes. Pas seulement sur le terrain, mais aussi en tant que dirigeants, entraîneurs, arbitres… C’est un vrai sujet de parité.

VOUS VOUS INTÉRESSIEZ AU FOOTBALL AVANT DE RENCONTRER CHRISTIAN KAREMBEU ?
Mon père regardait souvent le football à la télé. Et nous, on était contentes qu’il soit occupé par quelque chose parce qu’il était très autoritaire. Donc, quand il y avait un match, on se disait : « Mais quel bonheur ! On peut être un peu tranquilles. » J’avais un bon rapport avec le football parce qu’il amenait le calme à la maison (rires). Je jouais un peu à l’école aussi. Mais la vraie rencontre, c’était évidemment avec mon mari.

VOUS SOUTIENT-IL DANS TOUTES VOS DÉMARCHES ?
Il était un peu surpris au début : « Dans quoi tu te lances là ? » Il me regardait un peu de travers mais je pense qu’il est content maintenant. Je travaille avec les mêmes personnes que lui, les mêmes dirigeants. Je fais maintenant partie de cette famille. Il l’accepte, mais il ne veut pas tout mélanger. Je lui dis : « Viens avec moi ! » Il me répond : « Non, non, je te laisse faire, c’est ton truc. »

[...]

Adriana Karembeu ©Sabrina Lambletin

Adriana Karembeu ©Sabrina Lambletin

Francis Huster

Posted by Surface On juin - 6 - 2010

Comédien à l’élégance rare, Francis Huster est au théâtre français ce que Zidane était à l’équipe de France. Admirateur de Kopa et de Platini, il voue depuis l’enfance une réelle passion pour le foot. Et ce supporter assidu des Bleus joue même chaque dimanche avec l’équipe du Racing Club de l’Alma, où il occupe le poste d’avant-centre.

À QUAND REMONTENT VOS PREMIÈRES ÉMOTIONS FOOTBALLISTIQUES ?
En 1958 et la demi-finale de la Coupe du monde en Suède. Je me souviens d’un France-Brésil plein de promesses. Pour moi, c’était l’événement incontournable. Je m’apprêtais depuis des jours à regarder le match qui était retransmis, en direct et en noir et blanc, sur la première et unique chaîne de télévision française. Face à l’équipe de France de Raymond Kopa, Just Fontaine et de Roger Piantoni, il y avait un onze brésilien redoutable avec le gardien des Corinthians Gilmar et sa brochette d’attaquants. Étaient alors alignés Vava, Didi, Garrincha et surtout l’insaisissable star du Botafogo : un jeune attaquant de 17 ans promu à un bel avenir et connu sous le nom de Pelé. Malheureusement, malgré une très bonne première mi-temps où Fontaine a mis un but splendide dès la neuvième minute, la France s’est inclinée 5 à 2.

VOUS JOUEZ VOUS-MÊME SOUS LES COULEURS DU RACING CLUB DE FOOTBALL DE L’ALMA, À PARIS…
C’est grâce à Pierre Huth, un ami de trente ans. Il travaillait à Paris dans un centre de dépistage du cancer et c’était un vrai passionné de football. Fort de cette passion, il a monté le Racing Club de l’Alma. Un soir, il est venu me voir au théâtre et m’a proposé de rejoindre l’équipe, ce que j’ai accepté tout de suite sans sourciller (rires). Dans cette équipe, il y avait déjà quelques comédiens comme André Dussolier, Jacques Villeret qui était un vrai dingue de foot ou encore Jacques Weber. J’ai tout de suite trouvé ma place dans cette formation et j’éprouve une joie infinie à retrouver mes camarades
chaque dimanche. Il y a une telle complicité entre nous et en plus, malgré notre statut de vétérans, on aime toujours autant le jeu. On ne lâche pas le morceau (sourire) ! Tiens, dimanche dernier, on était au Tremblay et on a gagné le match !

L’ARBITRAGE VIDÉO,VOUS ÊTES POUR OU CONTRE ?
Je suis à 100% pour l’arbitrage vidéo. C’est un vrai scandale qu’il ne soit pas déjà autorisé. C’est incompréhensible. Ça fonctionne bien au rugby. Pourquoi ne pas mettre ça en place dans le football ? La théorie avancée par Michel Platini, c’est de dire que le football est un sport universel et que par conséquent, le moindre petit match doit être arbitré comme le plus grand. C’est n’importe quoi ! Tant qu’il n’y aura pas de vidéo, les joueurs tricheront. Un arbitre ne peut pas tout voir pendant 90 minutes !

VOUS TROUVEZ QUE LES JOUEURS DE FOOT TRICHENT DE PLUS EN PLUS ?
Le football ressemble de plus en plus à la vie, avec des règles stupides qui sont complétement dépassées. Comme la société d’aujourd’hui ! À la dernière seconde, tout peut changer et ce n’est pas obligatoirement le meilleur qui gagne. Les joueurs se conduisent de plus en plus comme des tricheurs. On vient de tataner le tibia d’un adversaire, on lève les mains et on dit : « Non, c’est pas moi, monsieur l’arbitre ! »

COMME LA MAIN DE THIERRY HENRY ?
En tant que supporter des Bleus et amateur de football, je trouve que c’est une erreur monumentale. Il y a un coté « pas vu, pas pris », qui m’a mis mal à l’aise. Pour des millions de gens, la France a volé la Coupe du monde à l’Irlande. Et ce pauvre Thierry Henry, qui a tant apporté aux Bleus, va traîner cette casserole toute sa vie. En plus, la réaction de joie de la FFF manquait cruellement de retenue.

COMME COMMENTATEURS SPORTIFS, QUI EST VOTRE PRÉFÉRÉ : LARQUÉ ? DUGARRY ? LIZARAZU ?
Je placerais Larqué en deuxième place : il a l’expérience et surtout du parti pris. C’est ça que j’aime chez lui : il n’est pas lisse. Christophe Dugarry est devenu en quelques temps un commentateur sportif très doué. Mais celui que je préfère, c’est Bixente Lizarazu. Il va certainement devenir le grand Mercure de la communication du football. La preuve : le soir de la main de la honte, il était le seul à s’insurger immédiatement. Il a des couilles et dit les choses sans aigreur ni méchanceté gratuite.
IL PARAÎT QUE VOUS ÊTES À L’INITIATIVE DU NOM DU STADE DE FRANCE…
Tout à fait. Guy Drut, le ministre des Sports de l’époque, avait demandé à des personnalités passionnées de football de plancher sur le nom à donner au plus grand stade jamais construit en France. Bernard Pivot, en connaisseur averti, avait proposé de le baptiser le Stade Bleu. Moi, j’ai proposé le Stade France. Je trouvais que c’était un beau symbole et ça a tout de suite été accepté. J’ai été l’un des premiers à fouler la pelouse avec Aimé Jacquet. Les poteaux venaient juste d’être posés, il n’y avait pas encore les filets. C’est  curieux mais je ressens toujours la même émotion quand je pénètre dans les  tribunes de ce stade où en 98, les Bleus avaient rencontré le Graal (sourire).

[...]

Francis Huster ©Hugues Anhes

©Hugues Anhes