Archive for the ‘Surface n°15’ Category

Eric Woerth

Posted by Surface On juin - 29 - 2012

Ancien ministre du Budget puis des Affaires Sociales sous le gouvernement Fillon, Eric Woerth est un fou de sport, et de football en particulier. Cible des médias suite à l’affaire Bettencourt, à l’instar de Raymond Domenech voici quelques mois, le maire de Chantilly reste un homme de terrain, toujours prêt à taper dans le ballon.

Né à Creil, en Picardie, en 1956, le petit Eric Woerth devient vite passionné de football mais c’est au club de handball qu’il préfère s’inscrire lorsqu’il a 15 ans. À la pratique du hand et du foot, s’ajoute ensuite celle du tennis. Bon camarade au lycée, il est toujours partant pour taper dans un ballon. Après de brillantes études (HEC, Sciences Po), il adhère au RPR en mai 1981, le lendemain même de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Conseiller régional de Picardie en 1989, il s’installe avec sa femme Florence à Chantilly. En 1993, repéré par Alain Juppé, il devient le directeur administratif et financier du RPR. Soutenu par Jacques Chirac, il remporte la mairie de Chantilly en 1995, où il est réélu confortablement en 2001. En 2002, il est le trésorier de l’UMP et s’occupe de la campagne de Chirac puis de celle de Nicolas Sarkozy en 2007. Un poste clé dans l’organigramme du parti qui allait être à l’origine de ses ennuis. Il est nommé ministre du Budget par Sarkozy en 2007. Bon soldat, on lui confie ensuite le ministère des Affaires Sociales. Le 7 septembre 2010, il est  à l’origine de la réforme des retraites. Happé par l’affaire Bettencourt, il est contraint de démissionner en octobre 2010. Redevenu simple député-maire, Eric Woerth se consacre désormais davantage à ses passions sportives (alpinisme, football, tennis). Co-auteur d’un livre d’entretiens avec Renaud Revel intitulé Dans la Toumente, il évoque avec nous les déconvenues de Domenech, la polémique sur l’hôtel sud-africain de Rama Yade, le PSG en mode Qatar. Et la joie retrouvée de pouvoir jouer au football en toute liberté.

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Eric Woerth ©Vivien Lavau

François Bégaudeau

Posted by Surface On juin - 29 - 2012

Romancier, critique et scénariste à succès  (Entre les Murs en 2008), François Bégaudeau est un fou de football. Ce Nantais de coeur ne jure que par le jeu à une touche de balle du Barça et par l’élégance technique de Samir Nasri.

Fils d’enseignants, François Bégaudeau grandit à Nantes. Très tôt, il se passionne pour le football. Ses idoles ont pour nom Michel Platini ou Kenny Dalglish. Adolescent, il s’inscrit dans le club nantais de Mangin Beaulieu où il est milieu droit. Il y reste cinq ans et y apprend les bases du jeu collectif. Supporter du FC Nantes dès le début des années 80, il est un fidèle du stade Marcel-Saupin et conserve encore aujourd’hui un profond respect pour les formateurs du jeu « à la nantaise » : Denoueix, Arribas, Suaudeau… Son diplôme d’enseignant en poche, il devient professeur de français au collège Mozart à Paris dans le XIXe. Passionné par l’écriture, il sort son premier roman en 2003, intitulé Jouer Juste, où il mélange avec habileté son érudition pour le geste technique et la confession amoureuse. Quatre ans plus tard, le réalisateur Laurent Cantet lui propose d’adapter au cinéma son roman Entre les Murs. Bégaudeau se fait scénariste, le film est présenté en compétition à Cannes en 2008 et obtient la Palme d’or. L’écrivain devient alors un habitué des plateaux télé et intervient comme chroniqueur dans plusieurs émissions culturelles : Ça balance à Paris sur Paris Première ou encore Le Cercle sur Canal + aux cotés de Frédéric Begbeider. Cette année, le Nantais signe un nouveau roman La Blessure, la vraie (Éditions Verticales), dans lequel l’auteur revient sur les lieux de son enfance. Parisien d’adoption, il nous donne rendez-vous à l’intérieur d’un café populaire du XIe. Intransigeant, espiègle, un brin ironique, à l’image de ses romans, François Bégaudeau est un vrai passionné de football hanté par le beau jeu, qui en parle avec panache et clairvoyance.

François Bégaudeau ©Vivien Lavau

Fabrice Eboué et Thomas Ngijol

Posted by Surface On juin - 29 - 2012

Révélés puis élevés au rang de « comiques de la nouvelle génération » grâce à leurs performances au sein du Jamel Comedy Club, Fabrice Eboué et Thomas Ngijol sont sans conteste les deux membres les plus « successfull » de la bande lancée par Jamel Debbouze en 2006. Pour Surface, ils reviennent sur leur rencontre, leur rapprochement et leur première collaboration avec le film Case Départ. Sans oublier, bien sûr, un peu de football.

Tranquillement installés au Fouquet’s, Fabrice et Thomas, alias Régis et Joël depuis le début de leur promo pour le film Case Départ, sont, comme à leur habitude, détendus et vanneurs. Très logiquement, l’interview suit le même schéma. Le premier film des deux humoristes met en scène deux frères à l’attitude diamétralement opposée. L’un est un anti-français de base, pour qui tous ses maux et ses galères ne sont le fait que d’une seule et même raison : sa couleur de peau. L’autre est tout le contraire, employé municipal, parfaitement intégré, et à la limite du racisme. Les deux hommes se retrouvent propulsés au siècle où l’esclavage était encore de rigueur, et où le mot racisme n’existait pas encore. Entre rires et sujets graves, les deux compères s’amusent à raconter leur rencontre et leur collaboration, peu évidente au départ, en croisant les doigts pour que leur film rencontre le succès escompté.

Fabrice Eboué et Thomas Ngijol ©Vivien Lavau

Thomas Ngijol ©Vivien Lavau

Fabrice Eboué ©Vivien Lavau

Florent Malouda

Posted by Surface On juin - 29 - 2012

Cadre d’une équipe de France à la dérive, Florent Malouda a laissé derrière lui les instants noirs du football français. Il reste l’un des rares joueurs à avoir été épargné par la vindicte, et est également, pour l’anecdote, l’unique buteur des Bleus en Afrique du Sud. Il se concentre aujourd’hui sur sa carrière à Chelsea mais aussi et surtout, sur ses actions hors des terrains qui font de lui bien plus qu’un footballeur.

Engager une conversation avec un footballeur relève souvent du parcours du combattant. Pas avec Florent Malouda. Malgré un retard prononcé à notre rendez-vous, le joueur de Chelsea se révèle très à l’aise en interview et prend beaucoup de plaisir à parler de ses projets, passés et à venir. Engagé dans de nombreuses actions humanitaires dans les quartiers, Malouda affiche une volonté d’exister en-dehors du football. Sans le dire, il travaille déjà son image dans l’optique de sa fin de carrière, contrairement à beaucoup de joueurs. Son festival One Love en est une première preuve. Très proche de ses origines guyanaises, c’est un Florent Malouda désireux de parler de ses actions qui nous a rejoint dans notre studio. Un homme avant un footballeur. Sensiblement frustré par l’image que peuvent renvoyer les joueurs de foot, surtout en Angleterre. Nous avons voulu savoir qui se cachait derrière le milieu gauche, le passionné de foot et le sportif capricieux.

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Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Florent Malouda ©Sabrina Lambletin

Nathalie Iannetta

Posted by Surface On juin - 29 - 2012

Il a fallu attendre treize ans pour voir Nathalie Iannetta, arrivée au service des sports de Canal + en 1997, tenir les rênes d’une émission de foot. Treize années durant lesquelles celle que beaucoup considèrent comme la journaliste foot par excellence a cravaché dur pour s’imposer dans un milieu ultra-masculin, quitte à parfois claquer la porte.

À quelques jours des vacances, Nathalie Iannetta nous reçoit dans les locaux de Canal +. À l’évocation de son parcours, on comprend tout de suite que pour une femme, s’imposer dans le milieu du journalisme sportif n’est pas une mince affaire. « Je tenais à te dire que j’étais contre ton arrivée […] Tu n’as absolument aucune légitimité ». Pourtant intronisée par Charles Biétry, voilà comment la journaliste a été accueillie à ses débuts au service de sports de la chaîne cryptée. De quoi en décourager plus d’une. Ces propos, ceux de Thierry Gilardi, auront eu le mérite de la motiver comme jamais. Depuis le début de sa carrière, la journaliste a touché à tous les genres d’émissions du groupe Canal. Du sport à la politique, en passant par le divertissement, c’est finalement toujours au foot qu’elle reviendra. La journaliste est aujourd’hui plus que respectée dans le milieu. Son secret : « le travail et l’expérience ». On ajoutera le caractère.

EST-CE QUE DANS LES DIFFÉRENTES RÉDACTIONS OÙ TU AS ÉVOLUÉ, TU AS SENTI DES RÉTICENCES DE LA PART DES HOMMES À L’IDÉE DE TRAVAILLER AVEC UNE FEMME ?

Il y a quand même un truc qu’il ne faut pas perdre de vue dans ce milieu, c’est le côté un peu politiquement correct. Quand je suis arrivée, j’avais été choisie par Biétry. Pour qui connaît Charles Biétry, on ne conteste pas ses choix. Les mecs, même s’ils n’en pensaient pas moins, je crois qu’ils se sont dit : il vaut mieux la fermer ! Devant moi en tout cas… Le seul qui l’a ouvert et qui m’a convoquée pour me le dire en face, c’est Thierry Gilardi. Je me rappelle très bien de ce que m’a dit Thierry ce jour-là. Ça faisait peut-être dix jours que j’étais à la rédac’ des sports, je ne le connaissais pas. Pour moi, c’était le présentateur phare de cette chaine. J’étais extrêmement impressionnée et il me dit : « Assieds-toi ! Je tenais à te dire que j’étais contre ton arrivée » Déjà, ça te met à l’aise… J’ai toujours préféré la franchise mais bon, c’est brutal… « Je pense que c’est une vraie connerie que tu sois là, je l’ai dit à Charles. Tu n’as absolument aucune légitimité, ça va être extrêmement difficile pour toi. Le problème, c’est que moi, je suis patron de cette rédac’ et commentateur numéro un. Il va falloir que je fasse avec toi. Je suis obligé. Et si je veux que ça marche, il faut que je t’aide parce que si toi tu te plantes, on va dire qu’on a fait un mauvais choix et ça va me retomber dessus. Je n’ai aucun intérêt à ce que tu te plantes. Alors, regarde-moi bien : si tu te goures et que tu m’entraînes dans ta chute, je ne te le pardonnerai jamais. Alors, tu vas devoir travailler deux fois plus que les autres, tu vas devoir t’accrocher deux fois plus que les autres mais, et moi, et toi, on a un seul intérêt : c’est que tu réussisses. Voilà le deal. »

ET ?

Je suis sortie de ce bureau en me disant : « Ce type me déteste, il pense que je suis nulle, que je n’ai rien à faire là… » En même temps, il m’a rendu le plus beau service qu’on pouvait rendre à quelqu’un. D’un seul coup, je me suis dit : « D’accord, tu vas voir. Tu vas voir si je n’ai pas de raisons d’être ici, si je suis là juste parce que je suis une fille… » Résultat des courses, ça m’a boostée au-delà du réel. Pendant onze ou douze ans, j’ai travaillé avec Thierry. Et c’est quand il est parti de Canal que j’ai réalisé pourquoi je faisais ce métier à la télé. Parce que la télé, ça ne m’intéresse pas plus que ça. En fait, j’ai compris ce jour-là que je faisais de la télé pour épater Thierry Gilardi. Les remarques, après, tu sais… Tu fais une erreur, tu commets un lapsus, ça arrive à tout le monde. Un garçon, on va dire qu’il s’est trompé. Une fille, on va dire qu’elle n’y connaît rien. On nous pardonne beaucoup moins de choses et c’est là où Thierry avait raison. Il a fallu que je travaille deux fois plus que les autres parce qu’il fallait que je me blinde de tout, y compris de la faute d’inattention. Franchement, le fait d’être une femme n’est pas un inconvénient. C’est un avantage, c’est un accélérateur de particules. La victimisation totale des femmes, c’est juste insupportable. En fait, en étant une fille, j’ai eu plus de chance que les garçons.

C’EST DONC UN ATOUT ?

Très clairement, même quand tu vas faire des interviews. Quand tu es un garçon, tu es dans une rédaction de cinquante garçons. Tu téléphones dans un club parce que tu veux faire l’interview de machin. Le mec qui reçoit la demande d’interview entre un tel, un tel, un tel… On est tellement nombreux à faire ce métier qu’il ne sait plus qui c’est. S’il voit écrit Nathalie Iannetta, il sait qui c’est. Et du coup, il dit oui parce qu’il a identifié la personne. Ça aide.

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Nathalie Iannetta ©Vivien Lavau

Nathalie Iannetta ©Vivien Lavau