Archive for the ‘Surface n°19’ Category

Olivier Giroud

Posted by Surface On janvier - 15 - 2013

Nul besoin d’être un fin observateur du football français pour affirmer qu’Olivier Giroud est la grande révélation de l’année. En lice pour le titre de champion de France avec la jeune génération montpelliéraine, meilleur buteur du championnat, élu joueur le plus sexy de la Ligue 1, tout lui réussit. Originaire de Grenoble, il sera lancé dans le grand bain par Istres avant de montrer les crocs à Tours. Meilleur buteur de Ligue 2, différents clubs anglais vont lui faire de l’oeil, mais il préfère poursuivre ses classes en L1, chez le promu Montpelliérain. Après une première saison prometteuse dans l’élite, Giroud a littéralement explosé. Une ascension qui lui a ouvert les portes de l’équipe de France, avec laquelle il a désormais toutes les chances de participer à l’Euro 2012.

Après la saison aboutie qu’il réalise avec le MHSC, fort à parier qu’Olivier Giroud mette  les voiles vers l’étranger. Le genre de performance qui booste la confiance mais qui peut donner le vertige. Olivier Giroud en est un exemple-type. Réussite sportive, exposition médiatique, physique intéressant. Comment tenir son ego en place quand on marche sur l’eau ? On le rencontre en milieu d’après-midi, à l’hôtel Villanova, situé au coeur de la cité montpelliéraine. C’est un Giroud agacé de tourner en rond avant de trouver le discret hôtel, fatigué également de ne pas trouver de place où garer sa cylindrée allemande, que nous retrouvons. La séance photo aura le mérite de le remettre à son aise. Soucieux de son image, il joue le jeu du stylisme avant de nous accorder une interview fleuve, où il saura se dévoiler jusqu’à nous laisser entrevoir son avenir…

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Son équipe type de L1 2011/2012 :

Pastore, Lisandro, Hazard… Par ligne : au but, Lloris est le meilleur même si Sirigu n’est pas mal. Je citerais Ospina aussi. En défense, Alex, très malin, très expérimenté, très chiant. Il y a un autre défenseur que je n’aime pas affronter, c’est Kana Biyik, le Rennais. Il est physique, il va vite et c’est un bon joueur. Je donnerais aussi la charnière centrale de Montpellier, Hilton et Yanga Mbiwa. Au milieu de terrain, difficile à dire, tellement il y en a. Après, le meilleur attaquant, c’est Giroud et basta (rires). Je plaisante mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de milieux dans le classement des buteurs. Nenê fait une belle saison mais il a mis sept pénaltys… Il y a aussi Rémy.

Montpelliérains : QUI EST QUI ?

• Le + technique : Belhanda, avec Cabella pas loin derrière avec tous ses “gri-gri”.

• La + grande gueu le : Jeunechamps.

• Le dossier qui fait marrer le vestiaire en ce moment : Bedimo a dit dans le Canal Football Club qu’ « il ne fallait pas tuer l’ours avant la fin du championnat ». Du coup, on essaie tous les jours d’inventer des dictons camerounais dans le même esprit.

• Le bûcheron : On n’en a pas trop mais un mec qui met beaucoup d’engagement, Matthieu Deplagne, un jeune du cru.

• Le souffre-douleur : Cabella se fait beaucoup chambrer avec sa coupe de cheveux, sa voiture orange, le fait qu’il ait mis RC sur sa voiture… Il cherche un peu.

• Le déconneur : Dernis ! Il est bon. C’est un super mec. Il est plein de blagues…

Olivier Giroud ©Vivien Lavau

Olivier Giroud ©Vivien Lavau

Olivier Giroud ©Vivien Lavau

Olivier Giroud ©Vivien Lavau

Franck Béria

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Rugueux, dur au mal, brut de décoffrage, poli par le temps mais inusable, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le jean, éternel basique de la garde robe masculine. Ces qualificatifs, nous pourrions les employer pour introduire Franck Béria, solide défenseur de Lille, qui le temps d’une session photo, a revêtu les multiples facettes que peut prendre le jean, vêtement indémodable qui traverse le temps….

Franck Béria ©Sabrina Lambletin

Franck Béria ©Sabrina Lambletin

Franck Béria ©Sabrina Lambletin

Franck Béria ©Sabrina Lambletin

Franck Béria ©Sabrina Lambletin

Alain Giresse

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Joueur mythique des Girondins de Bordeaux, de l’OM et de l’équipe de France, Alain Giresse a marqué l’histoire du ballon rond, en contribuant à écrire les plus belles heures du football français. Avec Platini, Rocheteau, Jean Tigana, ou Marius Trésor, il incarne la montée en force du foot tricolore et la fulgurante des joueurs de petit gabarit. Désormais reconverti en entraîneur, il nous livre sa vision du métier et porte un regard sans concession sur le foot d’aujourd’hui.

Alain Giresse, est un “mec à l’ancienne”. N’ayons pas peur des mots, chez lui, tout nous ramène à certaines valeurs du passé, à commencer par son polo rentré dans son pantalon de survêtement, symbole d’une époque où le foot était avant tout une affaire de sportif, dans le fond comme dans la forme. En transit sur Paris, c’est dans un hôtel à proximité de l’aéroport Roissy Charles De Gaulle, que l’ancien milieu de terrain d’origine bordelaise nous reçoit. Alors qu’une partie du staff de la sélection nationale s’affère autour de lui, il remarque tout de suite notre présence, et nous invite à le rejoindre autour d’une table du lounge. Le coup d’état au Mali, n’a pas encore eu lieu, et Alain Giresse est encore loin de s’imaginer qu’il mettra son rôle de sélectionneur entre parenthèses, pour revenir en France précipitamment début Avril. L’oeil vif, droit dans ses bottes, et un brin méfiant, il évoque avec nous un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Quelles sont les qualités d’un entraîneur ?

Sur le plan humain, il faut aimer s’occuper des hommes, des joueurs. Il faut avoir envie d’aller vers eux, de leur donner, d’apporter des choses. L’entraîneur c’est quelqu’un qui montre, démontre, encourage et valorise. C’est son objectif.

L’entraîneur c’est aussi quelqu’un qui n’a pas toujours le bon rôle…

Rarement, et je trouve que c’est l’injustice de ce métier. Sans faire de parano, l’entraîneur est plus critiqué qu’apprécié. Quand l’équipe perd, c’est à cause de lui, quand elle gagne, c’est grâce aux joueurs. C’est caricatural, mais c’est un peu ça, et c’est regrettable. Moi je pense qu’il faut donner à l’entraîneur l’importance qui lui revient.

Vous avez mis un terme à votre carrière sur le tard (36 ans, ndlr). Un parcours comme le vôtre est-il possible de nos jours, vu l’intensité des matches ?

J’ai aussi fait des saisons à 60 matches, et si on prend des joueurs comme Zanetti, il court toujours à 37 ans. Donc, oui, c’est encore possible. Premièrement, il faut passer au travers de la blessure grave, c’est indiscutable. Si vous êtes souvent blessé et que vous devez subir des opérations, ça complique les choses. Après, c’est une question d’hygiène de vie associée au mental, d’état d’esprit, et aussi de l’envie que vous avez de pratiquer ce sport. C’est aussi en grande partie une question de récupération et de repos. J’ai l’impression que de nos jours, les joueurs sont très sollicités sur les aspects extra football, et cela complique leurs étapes de récupération. C’est un peu ça qui me gène.

Comment jugez-vous le football actuel, son évolution dans la société et sur le terrain ?

Dans l’intensité du jeu, il y a un élément qui est de nos jours très appréciable, c’est le fait qu’on protège bien plus les joueurs qu’à l’époque où je jouais. Dans le passé, il y avait bien plus de violence que de nos jours, voire même des agressions sur les terrains. Les matches n’étaient pas tous disséqués, scrutés, épiés. Il y avait des endroits où c’était très compliqué, très violent. Il y avait des actes vraiment limites. Le foot d’aujourd’hui est rentré dans une ère médiatique alors il fait partie de l’actualité. On évoque régulièrement le foot et les footballeurs. À mon époque, il était confiné dans sa partie purement sportive. Actuellement, il est un peu à toutes les sauces, alors évidemment, on finit par chercher ses travers. La sur-médiatisation amène ce type d’excès. On va chercher des choses, puis on leur donne une résonnance, qui est parfois dommageable. Ce n’est pas toujours très sympa.

Vous le déplorez ?

Oui, bien sûr. Après il ne faut pas se prêter au jeu, ce qui ne veut pas dire qu’à mon époque, il n’y avait que des anges. Il se passait aussi des choses, qui étaient en grande partie de l’ordre de la vie privée, mais elles n’étaient pas étalées. Alors que désormais, ce n’est plus le cas. De nos jours, on donne trop d’importance à ce type de choses. L’approche que les gens ont du football en est perturbée. Aujourd’hui, quand on évoque le foot et les footballeurs, ce qui revient beaucoup, c’est le qualificatif « dégoûtant ». Chacun énumère sa liste de qualificatifs. C’est dommage.

Vous avez aussi joué sous les couleurs de l’équipe de France. Pour vous, les Bleus, cela n’a été que du bonheur ?

Evidemment. Après coup, on élimine les moments difficiles. Jouer en équipe de France, sur le plan personnel, c’est un pur bonheur. Alors quand derrière vient se greffer des résultats et des matches homériques…

On a tendance à dire qu’une équipe qui gagne, ce sont des individualités fortes mais aussi un bon groupe… Les Bleus de votre époque, c’était quoi ?

Des individualités fortes qui se fondaient dans un collectif. L’équipe vivait de cette manière. Chacun avait son caractère, représentait quelque chose dans son club respectif, mais tout le monde était à l’unisson au sein de l’équipe de France. On se fondait dans la reconstitution d’une équipe, en l’occurrence les Bleus.

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Alain Giresse ©Vivien Lavau

Benoit Costil

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Benoit Costil ©Fabien Campoverde

Venu Tout droit de l’antichambre de la Ligue 2, tous les regards et tous les doutes étaient braqués sur lui, au moins au début. Benoît Costil a dû en plus prendre la place d’un gardien qui s’était imposé comme l’un des meilleurs du championnat. Le droit à l’erreur n’existe pas, surtout pour un gardien.

Beau gosse, bien sapé, c’est un Benoît Costil fidèle à la jeune image qu’on lui prête depuis son arrivée dans l’élite, qui s’est présenté à la fine équipe de Surface. Inconnu du grand public, il débarque cependant au Stade de la route de Lorient, accompagné d’un supporter Sedanais, un de ces fidèles qui n’existent que dans les petits clubs. Il aura passé la journée avec son “idole”, le sourire aux lèvres, les yeux qui pétillent. Pourtant Benoît, malgré son sex appeal confirmé, est loin d’être ce qu’on pourrait appeler une idole. Un Normand qui a migré en Bretagne. Le cidre contre la crêpe. Au moins, même avec le fond d’image le plus pourri du monde, Costil sera toujours photogénique. Installé discrètement dans les cages des Rouges et Noirs, le Caennais a encore tout à prouver, et son titre de meilleur joueur de Ligue 2 ne pourra que l’encourager à continuer. Pour faire baisser les regards sceptiques qui étaient braqués sur lui avant qu’il ne fasse ses débuts dans le grand bain. Il se sent bien intégré aujourd’hui, mais n’en oublie pas ses premiers amours.

En 2007, alors que tu es en contrat depuis deux ans, tu prolonges avec Caen. Finalement, tu n’as jamais vraiment eu ta chance…

Je n’ai pas été très bon et je ne faisais pas de matches extraordinaires. Je n’étais pas prêt et je pense ne pas toujours avoir travaillé comme je travaille aujourd’hui. Je manquais de maturité, et je n’avais pas cette notion de travail.

Qu’est-ce qu’on se dit lorsqu’on est dans l’obligation de signer à Vannes, en prêt ?

Quand je pars à Vannes, c’est un échec pour moi, car je voulais m’imposer à Caen. Partir de Ligue 1 dans le plus petit club pro de France… Et si je ne réussis pas à Vannes, je fais quoi ? Mais même en allant dans le plus petit club de Ligue 2, je pensais Ligue 1 tous les jours.

Tu reviens de prêt et Caen n’est toujours pas disposé à te faire évoluer. À ce moment-là tu leur en veux ?

De retour à Caen, on ne me fait toujours pas confiance. J’ai donc été transféré pour zéro euro à Sedan ! Je suis hyper rancunier, et j’en voulais à Caen de m’avoir traité comme ça. J’ai eu du mal à accepter. Mais ensuite, je ne pensais même plus au Stade Malherbe.

Rennes vendait Nicolas Douchez au PSG, un gardien qui a fait ses preuves en Ligue 1. C’est toi qui le remplace ; ça ressemblait fortement à un pari…

Peut-être, mais il y a un de mes coaches qui m’a dit « ce n’est pas un pari, et ils vont vite s’en rendre compte… » Après, c’est un pari parce que je venais de Ligue 2. Même pour les gens extérieurs, c’était un pari. Je suis arrivé confiant même si je sais que je n’étais pas la priorité, aujourd’hui je suis là. Je m’adapte, et je me protège de la médiatisation.

Tu es arrivé dans un vestiaire où tout le monde se connaissait. Comment s’est passée ton adaptation ?

Pas facile au début, car encore une fois je venais de la Ligue 2. Je sentais des regards sceptiques vis-à-vis de moi. Même dans le vestiaire. Il fallait que je leur montre de quoi j’étais capable. Et l’entraînement, c’est comme un match pour moi. J’avais beaucoup de choses à montrer.

Aujourd’hui, as-tu l’impression d’avoir pris davantage d’importance au sein de l’équipe ?

De l’importance je ne sais pas, mais je me sens de mieux en mieux. Au fur et à mesure des matches, je me dis que je peux jouer, que je peux être au niveau. Au tout début quand on fait deux ou trois bonnes performances, les gens se disent souvent que c’est un feu de paille, mais c’est sur la durée qu’il faut voir. Je veux qu’on puisse me considérer comme un gardien fiable, sur qui on peut compter.

Tu as été élu joueur le plus sexy de Rennes, est-ce que ça a changé ta vie ?

Bah, devant chez moi, il y a 300 nanas ! Je ne peux plus sortir tout seul, c’est super chiant… Je blague, ça ne change rien. C’est un petit concours marrant, qui nous a bien fait rire dans le vestiaire, mais je ne pensais pas que ça prendrait une telle proportion. Je ne pensais pas qu’on allait en parler sur Canal+. Je me suis fait chambrer par mes coéquipiers, mais ce sont des jaloux en fait (rires).

Tu te vois où dans 3 ans ?

En Ligue 1, à Vannes ! (rires) J’attends qu’ils passent de National à la Ligue 2, puis à la Ligue 1, et je retourne à Vannes avec mes amis. J’ai pris beaucoup de plaisir là-bas. Je suis très bien à Rennes, mais si je peux retourner à Vannes, ça serait énorme. Je dis ça en déconnant, même si je le pense un peu. Aujourd’hui pour moi, ça serait prétentieux de dire que je veux jouer plus haut que Rennes. On a tous envie de progresser, mais je veux continuer à progresser avec Rennes. Je ne suis pas que de passage.

Pour toi, qui est le meilleur gardien de Ligue 1 cette saison ?

Sirigu est super performant. Il a ramené beaucoup de points à Paris cette saison. Mais, il y a Lloris que j’aime beaucoup. Je ne vais pas tous les citer mais, en France, on a de très bons gardiens, même en Ligue 2.

Benoit Costil ©Fabien Campoverde

Benjamin Corgnet

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Qui connaissait Benjamin Corgnet il y a encore deux ans ? Sa famille, ses potes et ses camarades de BTS tout au mieux. Aujourd’hui, ses prestations en L1 attirent les convoitises de grands clubs européens. Mais pour en arriver là, il a privilégié un parcours singulier. Un triple bond qui l’a fait sortir de la CFA pour la Ligue 2 et enfin exploser dans l’élite. Pourtant, la belle histoire n’a pas fini d’être écrite pour le meneur de jeu de Dijon. Zoom sur un joueur qui a pris le temps de vivre et de devenir un homme avant de s’envoler…

Ce qui frappe chez Benjamin, c’est son parcours, sa simplicité et son naturel. Une tête bien faite et un petit style à faire tomber les midinettes, il se présente à nous au centre d’entraînement de Dijon. Loin de la pression des grands clubs, on comprend vite que l’agitation autour de sa personne ne lui fait pas tourner la tête. Si le dernier protégé de Bernès devrait connaître une belle carrière, il a d’abord préféré assurer ses arrières avant de croire en son étoile. Exemple parfait d’un joyau qui a su patienter pour mieux sauter.

Un profil hors norme

Il a très tôt le football en toile de fond, mais ne fait pas partie de ceux qui s’imaginent gagner des millions grâce au ballon rond. « Le seul métier qui m’intéressait étant jeune était celui de kinésithérapeute dans le milieu sportif. » Pragmatique, il se lance dans des études de médecine. Il échoue de peu en première année et poursuit avec une “prépa kiné” pour finalement passer un BTS Optique. Et c’est parallèlement à cette formation qu’il va passer les échelons à vitesse grand V et rattraper le temps perdu. Alors qu’il évolue en CFA, il est repéré sur le tard par Dijon, pensionnaire de Ligue 2. Pourtant, il ne se précipite pas sur l’opportunité de signer un contrat pro et préfère finir ses diplômes d’optique avant de se lancer dans le grand bain. « En décembre, Dijon m’a proposé un contrat qui commençait immédiatement. Je leur ai dit que je retardais de six mois. J’ai donc signé un protocole d’accord avec le club qui précisait que je signerai en juin chez eux lorsque mes examens seraient terminés. Il y avait le risque de me blesser en terminant ma saison en CFA mais ça me semblait indispensable d’avoir mon diplôme. » Ce dernier en poche, il signe pro. Immédiatement, il poursuit son ascension bien qu’il se surprenne à être titularisé. « Quand j’ai vu que le coach me faisait immédiatement confiance en me titularisant, je me suis dit que je pouvais continuer comme ça et pourquoi pas faire un beau truc. ça fait donc un an et demi que j’y crois. » Pour sa première saison, il emmène Dijon en L1 et figure au palmarès des meilleurs joueurs de L2. Cette année, il confirme qu’il a les épaules pour s’imposer dans l’élite. Après avoir enquillé huit buts dans la première moitié de saison, il attire le regard de quelques cylindrées européennes comme Arsenal : « C’est flatteur mais je suis quelqu’un qui a la tête sur les épaules et qui ne se met pas la pression. Il faut être conscient qu’il y a beaucoup d’amplification des journalistes comme des agents. Ça fait plaisir, tout le monde rêverait d’avoir son nom dans les journaux mais je ne changerai pas pour ça. » D’où vient cette prudence, là où d’autres céderaient aux vertiges d’une gloire certaine ? Timidité, modestie ou pragmatisme ? Il faut dire que tout s’éclaire lorsqu’on comprend que cela va très vite pour celui qui défie les lois de la formation footballistique. Il y a deux ans, il bachotait et vivait une vie de jeune comme les autres. Loin des centres de formation, il jouissait d’une vie étudiante, rythmée par les sorties et les fêtes. « Ça m’a permis d’avoir une adolescence normale. J’arrive facilement à ne plus la faire aujourd’hui car je suis conscient de l’importance de l’hygiène de vie. Je ne suis pas du tout tenté parce que je l’ai vécu avant. Ce qui n’est pas le cas des jeunes qui ne pensent qu’à ça. Ils sont dans les centres depuis qu’ils ont 13 ans. » Éviter les centres de formation a donc permis à Benjamin Corgnet de devenir un homme et d’avoir une tête bien pleine. Aujourd’hui, il se concentre d’autant plus sur sa carrière de joueur et sur sa vie de famille. Quand d’autres traînent les pieds à enchaîner les séances d’entraînements, lui y va avec une fraîcheur infantile. « D’être arrivé sur le tard me permet d’avoir la gnaque aux entraînements. Je ne suis pas dégoûté d’aller m’entraîner au contraire de certains joueurs qui sont soûlés d’y aller car ça fait dix ans qu’ils le font. Je fais même du “rab” devant le but. »

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Benjamin Corgnet ©Fabien Campoverde