Ce n’est pas ce qu’on appelle un jeune loup ni une première main. Après avoir longtemps séduit, Brice Jovial, avant-centre, a dû attendre 27 ans avant de connaître l’ivresse de l’élite. Buteur aussi précieux que spectaculaire, il tient la pointe de l’attaque dijonnaise et fait gagner de précieux points à sa nouvelle équipe dans la perspective du maintien. Focus sur un des hommes du moment, au parcours plus que singulier.
Son numéro 9 lui colle à la peau. À tout juste 28 ans, Brice savoure enfin de pouvoir s’exprimer au plus haut niveau. Car il aura fallu du temps pour faire fructifier des débuts prometteurs. « Je suis arrivé à Beauvais il y a deux ans par l’intermédiaire d’Olivier Miannay, qui est maintenant recruteur de Dijon. J’ai joué six mois là-bas en National avant de jouer un an et demi au Havre. J’ai eu une éclosion tardive. » Pourtant, tout aurait pu être plus rapide. À 18 ans, il intègre l’équipe de Empoli, en Serie A italienne. « Je n’en garde pas un très bon souvenir, j’y suis resté trois mois et j’ai dû revenir en France à cause de problèmes avec mon agent. » Cette saison, il explose en toute décontraction. « Mon meilleur match est celui contre Lorient (2-1) où je marque le but de la victoire sur un retourné acrobatique. Surtout qu’on était à dix contre onze et qu’on s’est fait dominer tout le match. » Au mois de janvier, il s’illustre à nouveau dans le choc des promus, face à Evian. Un doublé qui offre une victoire (3-1) aussi symbolique qu’importante. Il se souvient : « Eric Bauthéac m’a fait un centre au premier poteau après s’être arraché sur l’aile. Je l’ai prise comme elle venait, je n’ai pas vu ce qu’il s’est passé à part qu’elle était dedans. Le deuxième, sur un coup franc de Bauthéac : je suis seul aux six mètres et je l’effleure pour battre le gardien. » Une efficacité qui a permis à Dijon de se maintenir dans le ventre mou du classement. Dans les vestiaires, il fait partie de ceux sur qui l’on compte pour endosser certaines responsabilités. Mais de sa propre confession : « Je suis plutôt le déconneur du vestiaire. J’aime bien chambrer, tout le monde en prend un peu pour son grade mais ça reste bon-enfant. » Il aura fallu patienter dix ans pour régaler en L1. Un parcours du combattant marqué par une volonté de ne jamais renoncer. Une preuve qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire !












