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Jimmy Briand

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Le Rennais Jimmy Briand n’a que 24 ans mais il a déjà connu quelques coups durs. Après une blessure sérieuse, l’international français commence tout juste à retrouver son vrai niveau et pourrait bien être l’attraction du prochain mercato.

Un jour de grisaille à Rennes. L’équipe première s’entraîne sous la menace des gouttes de pluie, qui finiront par tomber. La méthode Antonetti saute aux yeux. Chaque action est décortiquée par le technicien, qui ne cesse d’arrêter les phases de jeu pour expliquer à ses hommes ce qu’il attend d’eux. Pour les milieux de terrain, le but est de trouver Jimmy Briand. À la sortie des vestiaires, c’est un homme souriant mais surtout fatigué qui nous retrouve pour le shooting photo. Les séances de Frédéric Antonetti ne sont pas qu’une partie de plaisir apparemment ! Malgré sa récente blessure et une longue convalescence, l’attaquant donne tout sur le terrain, sans même penser à une éventuelle rechute. « J’ai pris mon temps pour revenir à 100% et pouvoir aller au contact. Dès les premiers chocs, j’étais à fond dedans. C’est vrai qu’on a des joueurs comme Peter (Hansson) ou Kader (Mangane) qui font un peu peur. Mais j’ai pris le temps qu’il fallait pour être au top. » L’international de 24 ans répond à nos questions avec la retenue d’un gamin qui a eu du mal à grandir et pour qui il est temps de connaître autre chose. À la fois un joueur, un homme et un père qui attend de découvrir ce qu’il y a au-delà de la  Bretagne…

NEUF ANS À RENNES, TOUTE UNE VIE
Fidèle à lui-même et aux autres, Jimmy Briand n’oubliera jamais sa vie rennaise. Là où il a tout appris, là où il s’est forgé. Il sait que sa carrière ne fait que commencer et partira sans se retourner lorsqu’il s’agira d’évoluer. « C’est ici que j’ai grandi. Je suis attaché à ce club et à la Bretagne. Quoi qu’il se passe, je garderai d’excellents souvenirs de mon passage à Rennes. Mais je partirai sans regrets. C’était une étape de ma vie. » Lui qui est issu de cette fameuse formation à la rennaise ne se trompe pas en insistant pour mettre en avant les hommes de l’ombre grâce à qui tous ces jeunes parviennent à percer. Des vrais connaisseurs du football, des formateurs. L’attaquant sait ce qu’il doit à ces gens-là « On a des éducateurs de très haut niveau, qui sont patients avec les jeunes et qui ont des programmes adaptés pour chaque joueur. C’est là que se fait la différence. S’il y a autant de bons footballeurs qui sortent du centre de formation, c’est parce que la détection est efficace. Je pense qu’on ne souligne pas assez le travail de ces hommes. » Ce travail a porté ses fruits. Malgré son jeune âge, Jimmy a déjà vécu des expériences que certains ne connaîtront jamais. Pour autant, il a toujours été convaincu de sa réussite. C’est pour cela qu’il a choisi Rennes. C’était le bon choix, le club qui lui convenait parfaitement et où il a passé du temps. Il ne faut pas se tromper lorsque l’on a des rêves. « Je n’ai jamais eu envie de partir parce qu’ici il y a tout pour s’épanouir. Le projet du club, c’est de faire confiance aux jeunes. Je savais que j’allais réussir au plus haut niveau grâce à tous ces éducateurs. C’était mon but dès le départ. » Le plan de carrière du jeune homme était bien établi. Déjà père de deux enfants, il assume les deux côtés de sa personnalité : l’un mature et l’autre un peu moins. « Je profite de mon temps libre pour m’occuper de mes enfants. Sinon, j’aime bien me retrouver avec mes potes pour jouer à la console ou sortir un petit peu. » Une vie rangée, entre responsabilité et tranquillité.

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IRENEUSZ JELEN

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Exilé de son pays natal depuis trois saisons, le Polonais Ireneusz Jelen fait désormais le bonheur du club de l’Yonne. Cet attaquant de pointe au physique impressionnant a su s’imposer comme l’artilleur principal d’une formation auxerroise au parcours inattendu en championnat. À 28 ans, il rêve d’Europe et semble avide de haut niveau.

Laconique et timide, Irek comme le surnomment ses proches ne parle toujours pas français même s’il déclare « le comprendre parfaitement ». Un traducteur est donc de mise. Celui ci n’est autre que Bernard Szeja, le fils d’un certain Maryan, illustre gardien de but de l’A.J.A des années 70, artisan de la première montée en première division du club. L’esprit de famille, une histoire auxerroise… Irek, autant disponible qu’humble n’avance qu’avec les siens, évitant de se projeter vers l’avenir par peur de l’échec. Et cela lui réussit.

L’INDISPENSABLE JELEN
Dès son arrivée en 2006, Irek s’impose comme « Monsieur efficacité ». Une adaptation impressionnante car il découvre un football tout en mouvement qui nécessite beaucoup plus d’intensité physique. « J’ai dû apprendre à jouer plus instinctivement, à faire tourner le ballon. Sachant qu’il faut aussi constamment être au top physiquement. » Pour sa première saison, il inscrit 10 buts en championnat et enchaîne les bonnes prestations au fil des années. Quand Jelen est là, les résultats suivent. Depuis, toute une région a les yeux rivés sur les performances de son avant-centre au physique de bucheron (1m87 pour 80 kilos). Et cette pression le galvanise, « c’est très motivant et stimulant car les collègues comptent sur moi pour faire la différence. J’ai beaucoup de chance car j’arrive à être décisif quand le club en a besoin. Pour l’instant, cette pression m’est bénéfique. » Ailleurs, serait-ce le même constat ? Sous contrat avec le club de l’Yonne jusqu’en 2011, Ireneusz Jelen, s’est fait un nom. Il en est conscient. Auteur d’une saison pleine malgré quelques blessures, il incarne la réussite auxerroise. Désormais, il intéresse de grands clubs français et européens. On parle notamment de Bordeaux. Mais il se refuse, par respect pour son club et peut-être par superstition d’en faire l’écho. « Pour l’instant je ne pense pas forcément à changer de club. Le moment de la réflexion arrivera en temps voulu. Je ferais tout pour être européen et je prendrai ma décision après. Mais je ne cache pas que j’ai l’ambition de jouer au plus haut niveau. » Lui qui, à 19 ans, jouait encore en quatrième division dans le club de sa ville natale, Cieszyn, située à la frontière sud du pays, à quelques kilomètres de la République Tchèque. À  cette époque, il installait des antennes satellite. Jusqu’à ce qu’il découvre l’élite polonaise en 2002. Il a alors 21 ans. La recette d’une réussite toujours d’actualité réside selon lui dans le bien-être de sa famille. Un facteur indispensable. « C’est vital pour moi que les miens vivent dans de bonnes conditions. Dans ce cas de figure, je me sens à l’aise et je peux me concentrer totalement sur mon jeu. Les conditions de vie ici sont parfaites pour mes proches, mon père, ma femme et mes 2 enfants. Je les ai d’ailleurs tout de suite fait venir avec moi. C’était vraiment primordial car la famille représente tout, je ne peux ni vivre ni jouer s’ils ne sont pas à mes côtés. » Un résultat payant car la barrière de la langue combinée à une timidité exacerbée auraient pu le mettre dans une position délicate. « Je n’ai jamais beaucoup parlé, même en Pologne. J’ai toujours été réservé, c’est dans ma nature. En arrivant en France, le dialogue était vraiment difficile mais maintenant je me sens très à l’aise et je commence à me lâcher un peu. » Vivant dans son  microcosme polonais, l’effort d’apprentissage semble trop lourd.

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SOULEYMANE DIAWARA

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Sa première saison sous les couleurs ciel et blanc est d’ores et déjà un succès. Débarqué il y a moins d’un an sur la canebière, Souleymane Diawara s’est imposé comme l’un des piliers de l’Olympique de Marseille. Solide défenseur, l’ancien girondin peut aussi être un sérieux atout offensif. C’est d’ailleurs lui qui d’un coup de tête rageur, inscrit contre son ancien club, le premier but des olympiens lors de la finale victorieuse en Coupe de la Ligue.

Au lendemain de sa victoire lors du match en retard à Sochaux, l’équipe de Didier Deschamps compte 5 points d’avance sur son dauphin. Beaucoup se demandent alors comment le titre de champion pourrait échapper aux marseillais. Conscient de faire office d’archi favori pour cette fin de saison, c’est un Souleymane Diawara décontracté et rigolard qui s’est confié à Surface. S’il veut tout de même rester prudent à l’évocation du titre, le Sénégalais nous fait part du bonheur qu’il éprouve à évoluer au sein de l’OM et ose à peine imaginer l’euphorie qui pourrait s’emparer du vieux port en cas de doublé historique…

Dès ton arrivé à l’OM, tu avais un peu égratigné Bordeaux et leurs supporters…
Il n’y avait rien de méchant au début. Mais les supporters ont dépassé les limites. Certains ont proféré des insultes à caractère raciste, sont allés jusqu’à envoyer des messages à mon petit frère. Que cela me touche moi, il n’y a pas de soucis, mais lorsque l’on s’attaque à la famille ou que l’on dit des trucs  comme « sale nègre », « on est partis te chercher en Angleterre, tu vas retourner vendre des bananes… » il fallait que j’intervienne. Les réactions étaient disproportionnées. Proférer des insultes à caractère raciste parce qu’un joueur change de club, ça va trop loin. Aujourd’hui, l’opinion des supporters de Bordeaux ne me préoccupe plus. J’ai choisi d’aller à Marseille
et je suis très heureux ici.

Si l’Om ne remporte pas le championnat …
Ce serait une catastrophe ! C’est pour cela que je ne  eux pas que l’on crie tout de suite victoire. Il reste encore 18 points à prendre (l’interview a été réalisée avant la 33ème journée, ndlr). On sait que dans le foot tout va très vite. Nous étions, il y a pas si longtemps à 12 points de Bordeaux, aujourd’hui, on a 9 points d’avance. Il ne faut donc pas s’enflammer. Il faut continuer à garder  cette dynamique de victoires, on verra à la fin. Mais c’est vrai qu’avec ce que l’on fait depuis un moment, si l’on ne gagne pas le titre, cela sera une petite faute professionnelle.

Toi qui a connu l’OMet Bordeaux, quelles sont les différences entre les deux clubs ?
Tout le monde sait que le foot à Marseille, c’est une religion ! Il y a plus de ferveur. Quand on se ballade dans la rue, on voit les gens avec les maillots de l’OM, les survêtements… Marseille est une ville qui vit le football. Bordeaux est une ville beaucoup plus calme.

Est-ce que l’on peut comparer les Duos Gourcuff / Chamakh et Lucho / Niang ?
Non. À Marseille, on a la chance d’avoir un effectif riche, de qualité. Il y a de nombreux joueurs qui peuvent remplacer entre guillemets, les titulaires. Quand Mamad n’est pas là contre Nice, on a de bonnes solutions pour palier son absence. Même si c’est un joueur important dans l’équipe, on a marqué 4 buts sans lui ! L’OM est moins dépendant de ses individualités, c’est plus un collectif. Mais c’est vrai que quand Mamad et Lucho sont là et qu’ils sont en forme, cela fait la différence.

Tu avais Déclaré qu’il fallait casser la jambe à Cristiano Ronaldo pour ne pas qu’il passe. Pour Messi, que faut-il faire ?
Il faut le tuer ! (rires) Plus sérieusement c’est un joueur exceptionnel, il a été élu meilleur joueur du monde et ce n’est pas pour rien Il démontre dans les matches de Ligue des Champions qu’il est toujours présent dans les grands moments. Je ne sais pas quelles seraient les solutions pour l’arrêter !

On a vu des défenseurs indiscutables en clubs « s’écrouler » en équipe de france…
Jouer en club et en équipe de France, c’est différent. Chez les bleus, c’est le niveau international. C’est beaucoup plus difficile. Quand tu es défenseur, tu n’as vraiment pas le droit à l’erreur. Il faut être concentré à 200%. En sélection, il faudra être deux, même trois fois plus concentré. À ce niveau là, ça ne pardonne pas. La moindre petite faute se paye cash !

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photos: Hugues Anhes

Sidney Govou

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Après treize saisons passées à Lyon et 43 sélections en équipe de France, Sidney Govou est devenu une personnalité incontournable du foot français. Depuis le  début de sa carrière, le trentenaire se fait plutôt rare dans la presse. À la fois  timide, tranquille, grande gueule et fêtard, qui est vraiment Sidney Govou ?

En voilà un qui n’a jamais rêvé de devenir joueur professionnel. Loin des  gamins qui dévorent les magazines de foot et ne perdent pas une miette des matches télévisés, Sidney Govou a mené jusqu’à ses 18 ans la vie d’un jeune comme les autres. Papa est laborantin, maman cuisinière. L’école, la mobylette, les filles… Au Puy-en-Velay, une commune de 20 000 habitants,  située à plus d’une centaine de kilomètres de Lyon, son futur port d’attache. « Le fait d’être entré tard dans un centre de formation me donne pas mal de recul. Mes potes d’aujourd’hui sont les mêmes que lorsque j’étais ado. Petit, je ne regardais pas trop les matches à la télé. Ce n’était pas mon truc. J’ai plein d’amis qui ne sont pas pros et connaissent le foot bien mieux que moi !»

Avec le temps, cela n’a pas beaucoup changé. Un jour, l’international français déclare qu’il ne connaît pas Johan Cruyff. Scandale dans le monde du ballon rond ! Un footballeur qui se fout du foot, comment est-ce possible ? Le  Lyonnais nuance : « C’est un métier, donc il faut le faire sérieusement et se renseigner sur ses adversaires. Je suis les résultats de mes potes aussi. Mais  aujourd’hui encore, scotcher devant un match du championnat espagnol  pendant mon temps libre, ce n’est pas ce que je préfère. Et voir une finale de  Ligue des champions, ce n’est pas inévitable pour moi. »

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WHISKY  COCA, UN SURNOM DONT IL SE PASSERAIT
Évacuons en quelques lignes la question de ses performances sportives. Sidney Govou est un excellent joueur. Avec l’OL, il a été champion sept fois et a remporté une coupe de la Ligue et une coupe de France. Malgré les changements de coach et l’arrivée de recrues, il a toujours joué une trentaine de matches par saison (à l’exception de la saison dernière où il a été blessé).  Et ce n’est pas tout. Il compte 43 sélections en équipe de France, avec laquelle il a inscrit dix buts et participé aux trois dernières compétitions internationales. Un footballeur brillant, donc. Sauf que, pour beaucoup,  Govou, c’est autre chose. Un type qui ouvre grand sa bouche, comme en mars dernier lorsqu’il a accordé une interview à L’Équipe pour dire qu’il « n’apprécie pas la gestion humaine » de son entraîneur Claude Puel et qu’il est « inimaginable » qu’il reste à Lyon cet été. Un alcoolique notoire aussi,  interpellé en décembre 2008 en état d’ébriété au volant, puis aperçu ivre lors d’un tournoi de tennis en octobre 2009, ce qui lui a valu de perdre son brassard de capitaine. Et de gagner un surnom : Whisky Coca. Logiquement, cette réputation commence à le saouler. « Au départ, ce surnom me faisait franchement marrer. Après, ça m’a énervé. Parce que c’est fatigant et que ça  touche ma famille. Je préférerais qu’elle reste à l’écart de ça. Une étiquette,  c’est très facile à coller mais beaucoup plus dur à enlever. » Il ajoute d’une  voix calme : « C’est vrai que je sors plus que d’autres footballeurs mais aussi  beaucoup moins que d’autres. J’ai un côté épicurien. Après, je regrette ces conneries parce que c’est grave. Je n’en suis vraiment pas fier et je me suis tout de suite excusé. » Disons que contrairement  à d’autres, l’attaquant  lyonnais a eu le malheur de se faire prendre.

UN MIX ENTRE COUPET, WILTORD ET DHORASOO
Cette image médiatique ne suffit pas à résumer la personnalité du joueur, plus riche et complexe que la majorité de ses congénères. Govou est un grand timide capable de déclarations fracassantes dans la presse, un mec zen  susceptible de péter un plomb, comme lors de ce match amical contre La  Corogne l’été dernier où il s’est retrouvé à se bagarrer avec des spectateurs en tribune. Un type contradictoire. « On me le dit souvent. Même sur des  trucs tout bêtes. Par exemple, je suis quelqu’un de tête en l’air, j’ai du mal  avec les horaires, mon casier n’est pas bien rangé. Mais à la maison, mes  factures sont parfaitement en ordre. J’ai une dualité en moi en permanence.» Alors, oui, parfois, ce Sidney très peu branché hip-hop mais grand amateur  de reggae (détail presque étrange dans le milieu) ouvre sa gueule. « Les  déclarations dans L’Équipe, c’était un besoin. C’est peut-être un peu égoïste  mais il fallait que je le fasse. Les réactions d’Aulas et de Lacombe ne m’ont pas  étonné. Quand on fait quelque chose, il faut en accepter les  conséquences. Je ne regrette rien. » Sidney Govou se trouve quelque part  entre Grégory Coupet, Sylvain Wiltord et Vikash Dhorasoo. Avec Wiltord, il  partage une profonde tranquillité. Avec Coupet, le francparler. Et puis  Dhorasoo, parce qu’il a du plomb dans le crâne et que les questions de société l’intéressent. Tout en refusant de devenir le footballeur politique de service.  oin d’avoir un avis sur tout, le Lyonnais réfléchit. Et parle avec malice. Les  joueurs gagnent-ils trop d’argent ? « Il n’y a jamais trop d’argent quelque  part. Si on en gagne, c’est parce qu’on en génère beaucoup. Je ne sais pas ce  que ça veut dire ‘trop’. C’est comme un verre trop plein ! Ça ne veut rien dire ! On ne peut pas comparer avec les autres professions. J’aimerais bien que les  médecins gagnent plus que nous mais bon, ce n’est pas moi qui fais que la  société est comme ça. »

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Eric Di Meco

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Pilier de RMC et de 100% Foot, Éric Di Meco commente depuis déjà plusieurs années l’actualité du football avec la franchise qui le caractérise. Aussi fort en gueule, que défenseur acharné du temps où il jouait à l’OM, il s’affiche comme un amoureux inconditionnel de la cité phocéenne et semble s’épanouir dans son rôle de consultant.

Vincent Couëffé le considère comme l’un des éléments moteur de 100% Foot. Arrivé à la radio puis à la télé par hasard, Éric Di Meco, est devenu au fil du temps l’un des consultants footballistiques les plus appréciés du PAF. Jamais le dernier pour se lancer dans des polémiques sans fin, sa langue bien pendue, n’est pas sans nous rappeler les discussions de comptoir qui ont lieu après les matches. La mauvaise foi, il adore. Il aime parfois en faire un peu trop, mais ça ne l’empêche pas d’assener quelques vérités au passage, ce qui, à Surface, est loin de nous déplaire.

Tu étais adulé à Marseille, mais en dehors, tu avais surtout la réputation d’être un joueur plutôt rugueux…
Il faut se souvenir qu’à l’époque, je n’étais pas le seul à jouer physique. Aujourd’hui, il est d’ailleurs assez rigolo de voir des joueurs et des  journalistes dire de moi « tu te souviens d’Éric ? – Ah oui celui qui filait des coups. » Quand je jouais, c’était d’ailleurs un avantage. Avoir mauvaise réputation m’a des fois rendu service. Grâce à cela, j’ai eu droit à des soirées assez calmes, car les attaquants avaient un peu peur. Et puis ça ne me dérange pas. Les clichés dans le foot c’est connu. Je n’ai pas de soucis avec ça. En même temps, je ne me rappelle plus qui m’a dit un jour « mais quand  même, tu as joué presque 100 matches en première division attaquant. ». Je jouais effectivement ailier gauche. J’étais plutôt technique, même peut-être un peu tendre, mais bon, tout le monde a oublié.

Dans le passé, tu as aussi été manager général de l’OM. Avec le recul quel bilan dresses-tu de cette expérience ?
Le bilan est plus que moyen. Je n’étais pas préparé à occuper ce poste du jour au lendemain. À l’époque, il y avait un peu le feu au club. Il y a notamment eu un épisode à la Commanderie où des supporteurs étaient venu brûler des voitures de joueurs. Ça avait été un peu chaud. Les dirigeants ont eu peur et je pense qu’on m’a plus mis à ce poste pour essayer de calmer tout le monde que pour mes compétences. Je sortais de ma carrière de joueur et je n’avais pas de compétences particulières pour assumer ce rôle là tout de suite. J’y suis allé parce qu’on m’a dit que le club était en danger. Mais avec le recul je me dis que je n’aurais pas dû. Encore que… C’est difficile d’essayer de faire quelque chose quand le club qu’on aime va mal. J’aurais peut être dû y aller dans d’autres conditions. Je me suis laissé un peu influencer, j’aurais dû m’imposer plus rapidement, quitte à être contesté, voire licencié, comme cela a été le cas à l’époque. Autant mourir avec ses idées. Cela n’a pas été mon cas, et c’est mon gros regret.

Quelle est ta vision de l’OM aujourd’hui ?
Depuis que Robert Louis Dreyfus a repris le club, on se rend compte que beaucoup de dirigeants sont passés, et qu’il a été fait tout et n’importe quoi. Avec Pape Diouf, j’avoue qu’on est obligé de constater qu’il a assainie le club au niveau financier, ce qui n’était pas évident. Un moment donné, Robert Louis Dreyfus avait un petit peu coupé les vivres, car le club lui coûtait beaucoup d’argent. Pape a surtout réussi à bâtir un projet sportif, plus que cohérent, qui a failli porter ses fruits l’an dernier, et qui porte ses fruits de nos jours. Quand on entend Didier Deschamps rendre hommage à Pape Diouf  juste après la victoire de l’OM en coupe de la ligue, c’est un constat. On est obligé de se rendre compte que le travail qui a été fait avant paye aujourd’hui, avec un entraîneur que Pape avait choisit, ainsi que pas mal de joueurs, notamment Diawara, que Pape voulait faire venir. Là, j’ai quand même l’impression que si le club est sein aujourd’hui, il le doit beaucoup à Pape.

Quand tu as été amené à exercer ton métier de consultant, quelles ont pu être tes difficultés ?
J’ai commencé à la radio avec Vincent Moscato, qui a une grosse personnalité. J’ai eu de la chance car j’ai commencé à travailler de Marseille. Je n’étais donc pas avec lui dans le studio. C’était un peu dur, mais ça me permettait de m’imposer plus facilement. Je me suis rendu compte que quand je montais à Paris pour être en studio avec lui, c’était fini, il me bouffait. Il a donc fallu que je me batte pour m’imposer à ses côtés, parce que c’est un costaud. À la télé c’était la même chose. Au début, j’ai eu du mal avec Pierre Ménès et Dominique Grimault, qui sont des vieux roublards du métier,  connaissent bien le football et aiment aussi bien l’ouvrir. J’ai un peu galéré.  Disons que j’ai attaqué de suite avec des gros morceaux. En plus, je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Au début j’ai donc fait profil bas, puis c’est venu au fur et à mesure.

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