Première recrue estivale de paris avant Zlatan, Thiago Silva, et les autres, Ezequiel Lavezzi est une star, parmi les stars du PSG, qui compte bien écrire la nouvelle ère clinquante du club en lettres d’or. Pour celui qui joue comme un artiste et vit comme une rock star, le défi du club de la capitale semble parfaitement lui convenir. Tatouages, grinta, la recrue la plus en vue de paris ne sera peut-être pas celle qu’on croit…
Grand soleil, calme plat, et voitures de luxe qui brillent. En arrivant au Camp des Loges, l’ambiance semble contraster avec le début de saison poussif du PSG et son mercato estival hyper actif. En apparence. Car au moment de franchir l’entrée du centre d’entraînement du club parisien – seule trace encore visible de l’avant PSG version Qatarie – un vigile du club se présente à nous. Finis les survêtements du club. Désormais, c’est costard-cravate et tolérance zéro. Nous sommes huit au total pour réaliser cette couverture. « On m’a dit trois personnes maximum » rétorque froidement l’homme de la sécu. La situation fait limite penser à une entrée en boite de nuit. Après quelques négociations, toute l’équipe finit par entrer. Désormais, pour approcher le PSG, sorte de nouveau Pentagone français, il faut montrer patte blanche et presque y laisser son empreinte digitale. Situation démesurée pour certains, étape évidente pour d’autres. En même temps, avec Ibra, Thiago Silva et Lavezzi, le club de la Capitale semble posséder des armes de destruction massive pour atteindre ses objectifs. Sur le chemin de la salle d’interview, on aperçoit au loin les stars du PSG – dont Lavezzi, notre cible – à l’abri des regards indiscrets, s’entraînant dans le calme comme s’ils préparaient un gros coup. Après plusieurs minutes d’installation et d’attente, « El Pocho » se présente à nous, avec ses lunettes de soleil et ses onze tatouages pour une de ses rares interviews avec un média français. Dans un entretien qui devait être chronométré, le néo parisien prendra le temps de répondre à nos questions en dévoilant de nombreux traits de caractère. Diva, fêtard, passionné, ou encore modeste. Lavezzi est une star complète.
Avec tous ces grands noms dans l’effectif du PSG, le club à des allures de groupe de Rock. Tu fais partie des rock stars de l’équipe…
(Il sourit malicieusement) Je ne sais pas si on est des rock stars, ça c’est vous qui le dites (les journalistes, ndlr). En ce qui me concerne, j’ai pour mission de seulement bien jouer au football. Ce terme de rock stars, il vient uniquement de vous. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il y a tellement de business autour du football, qu’on dépasse le simple cadre du footballeur. Nous ne sommes plus considérés comme de simples sportifs. Cela ne me dérange pas du tout, car de toute façon, on ne peut pas y faire grand chose. Le football, c’est devenu bien plus qu’un simple ballon.
À Naples, tu étais une véritable rock star, avec tout une ville derrière toi, dans un pays à la culture foot prononcée. Comment vis-tu la situation en France, où la passion y est moins forte ?
Je le vis assez bien. C’est vrai qu’à Naples, toute la ville était derrière le club, 24h/24h, 7 jours sur 7, avec une vraie passion. Les supporters nous arrêtaient dans la rue pour nous parle du match, nous mettre une certaine pression. Ici à Paris, on a une vie beaucoup plus simple. Quand je marche dans la rue, c’est beaucoup plus paisible. Pour ce qui est du shopping, je n’ai pas encore fait de repérages, mais je sais où se trouvent les bons magasins et je ferai bientôt une descente (rires) parce qu’en Italie, je n’ai jamais pu faire les magasins tranquillement. Quand je sortais, les gens venaient tout le temps me parler. Il était tout simplement impossible de sortir de chez moi. (Un jour le trafic dans Naples est même resté bloqué à cause du nombre de fans qui suivaient Lavezzi dans les magasins. La Police a du intervenir pour protéger le joueur et rétablir l’ordre, ndlr).
Quand on a vécu de telles ambiances au stade San Paolo de Naples, comment trouve-t-on l’ambiance en Ligue 1 ?
C’est clairement différent. Je l’ai toujours dit. Quand je jouais à San Paolo, c’est le stade qui ressemblait le plus aux ambiances qu’il y a dans les stades en Argentine. Mais la sensation que j’ai lorsque je joue au Parc est vraiment très très belle. L’atmosphère du Parc est vraiment exceptionnelle. Quand j’ai joué pour la première fois dans ce stade, j’ai vraiment aimé l’ambiance. Elle était encore meilleure que ce qu’on m’en a dit, avant que j’arrive à Paris. La ferveur du stade me pousse à donner le meilleur de moi-même. Et puis je préfère jouer dans un stade avec beaucoup d’ambiance, plutôt qu’un stade silencieux. Et je préfère quand un stade pousse toute l’équipe plutôt que lorsqu’il crie mon nom.
Zlatan Ibrahimovic s’est un jour comparé à une Ferrari. Toi, quel type de voiture es-tu ?
Je ne sais pas quel type de voiture je suis, et je m’en moque un peu. Mais je sais qu’à chaque fois que je suis sur le terrain, je joue en donnant le maximum. Donc je ne jouerai pas à ce petit jeu des comparaisons de voitures parce que ce n’est pas ma façon d’être. Et puis de toute façons, il vaut mieux laisser aux journalistes le choix de dire à quel type de voitures ils ont affaire. Parce que quand ça va bien, on peut être une Ferrari, mais quand ça va mal, on devient vite une voiture d’occasion, voire une sous marque.
Quels types de rapports as-tu avec les journalistes ?
(Il fronce les sourcils) Je n’aime pas beaucoup parler à la presse. Je ne lis pas les journaux, je ne regarde pas la télévision. Je préfère laisser cela de côté. Je joue au football, et si les journalistes doivent me critiquer ou m’encenser, qu’ils le fassent.
Quelle sera la première chose que tu feras quand tu auras le temps à Paris ?
Pour l’instant, je ne sais pas trop, je ne programme pas les choses à l’avance, je fais ce que j’ai envie de faire quand l’envie m’en prend. C’est comme pour le football, je fais tout à l’instinct, ma vie est faite comme cela.
Donc qu’aimes-tu faire d’autre dans la vie ?
J’aime bien profiter des choses simples, aller manger avec mes proches. Le foot me permet de faire beaucoup de choses. J’en profite au maximum (rires). Pour l’instant à Paris, tout est nouveau pour moi . Je viens à peine de trouver une maison, et je commence seulement à m’installer, à découvrir la ville. Au fur et à mesure, je vais m’adapter et me faire au rythme de la vie française. Je pense que Paris est une ville où l’on peut vraiment s’amuser. J’aime énormément de choses (sourire)…
Tu es bon vivant. N’as-tu pas peur de succomber aux sirènes de Paris, des boites de nuits et ses jolies filles ?
Si j’ai la possibilité de faire la fête, il n’y a pas de souci, je la ferai. Je fais toujours ce que j’ai envie de faire et j’aime bien m’amuser (rires).
Que connaissais-tu de la Ligue 1 avant d’y jouer ?
En réalité pas grand chose, car à l’étranger, la Ligue 1 n’est pas un championnat à forte visibilité. Les chaînes de télévision étrangères ne retransmettent pas tous les matches, donc je n’ai pas vu énormément de rencontres du championnat de France. Depuis que je suis arrivé, avec tous les autres grands noms, cela a évidemment changé. Désormais, on parle beaucoup plus du PSG.
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Le PSG ne va-t-il pas trop vite dans sa conquête de titre ?
Non, c’est nécessaire de faire ces changements. Si le club veut devenir un grand club mondial, il doit changer et tout faire pour évoluer, changer de dimension. Manchester City et Chelsea l’ont bien fait auparavant en recrutant de bons joueurs à chaque mercato.
Le projet du club n’est-il pas trop ambitieux tout de même ?
Non, ce n’est pas trop ambitieux. On va s’améliorer chaque jour, peaufiner notre jeu et les bons résultats vont nous permettre de faire une bonne saison. Quand on veut gagner, qu’on a plusieurs objectifs, il faut évidement être ambitieux. Pour progresser, grandir, évoluer, c’est nécessaire.
Quand penses-tu le PSG capable de remporter la Ligue des Champions ?
(Il réfléchit) Je ne sais pas. Mais ce dont je suis sûr, c’est que c’est la volonté de toute l’équipe. Pour cela, il faut d’abord remporter nos matches le week end. C’est à partir de là que le club commencera à gagner. Il faut y aller étape par étape.
Ce PSG est-il la meilleure équipe dans laquelle tu aies jamais joué ?
Quand on voit les grands noms qu’il y a dans l’équipe oui. Sur le papier, il n’y a pas de soucis. Mais pour l’instant, tout est encore frais. En termes de jeu, ce n’est pas encore cela, il y a encore des approximations, car on apprend chaque jour à se connaître. Mais si tu reviens la saison prochaine, je te dirai sûrement oui (très détendu).

Ezequiel Lavezzi ©Vivien Lavau

Ezequiel Lavezzi ©Vivien Lavau

Ezequiel Lavezzi ©Vivien Lavau

Ezequiel Lavezzi ©Vivien Lavau