Il est arrivé à l’Olympique de Marseille par la petite porte, en tant que manager général. Et il en est ressorti par la grande, au poste de président. Symbole d’un OM conquérant, cosmopolite, financièrement stable et quelque peu apaisé, Pape Diouf n’aura finalement pas résisté à l’avis de tempête émis après l’annonce du départ d’Eric Gerets.

Lors de notre rencontre avec celui qui s’avère désormais être l’ex-président de l’OM, le club affichait une certaine sérénité. Le titre de champion de France était encore largement jouable puisque Marseille était premier du classement. Et Didier Deschamps venait tout juste d’être choisi comme futur entraîneur du club. À défaut d’éviter une crise induite par le départ d’Eric Gerets, le club semblait l’avoir surmontée. Impérial, dans son bureau de la Commanderie avec vue imprenable sur les terrains d’entraînement, Pape Diouf semblait malgré tout exténué. Il nous prévenait d’emblée, mais en s’excusant, que notre entrevue n’allait pas s’éterniser, du fait d’un rendez-vous important avec son médecin. Avait-il conscience que ses jours à l’OM étaient comptés ? Préparait-il déjà sa sortie ? Se voyait-il encore champion de France ? On ne le saura sans doute jamais, mais une chose est sûre : il savourait son bilan avec le sentiment du devoir accompli, sans trop se faire d’illusion quant à la longévité d’un président. « Nous avons réussi ici à stabiliser le club, qui, il faut le reconnaître, n’était pas à l’abri de certains soubresauts. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins d’instabilité. Ensuite, il y a chez moi la volonté chevillée au corps de ne pas me considérer comme président de l’OM ad vitam aeternam. Dans mon esprit, je ne considère pas ce poste-là comme m’appartenant. Moi, tous les jours qui passent, je travaille comme si c’était les derniers, en essayant de préparer l’avenir. »
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