Archive for the ‘Petite Lucarne’ Category

Grégoire Margotton

Posted by Surface On janvier - 16 - 2013

Il fait partie des anciens de canal+ et de la bande originale de la ligue 1 depuis Plusieurs années. Grégoire Margotton est un homme qui sait se faire entendre, Tout en restant discret. Courtisé par Al Jazeera, l’homme de 42 ans a renoncé Aux propositions de Charles Biétry et pu ainsi prouver sa fidélité envers la Chaîne cryptée. L’occasion le temps d’une interview, de revenir sur ses choix Et sur une carrière qui ne lui était pas forcément destinée.

En allant à la rencontre de Grégoire Margotton, on pouvait légitimement penser que des indices sonores nous guideraient jusqu’au commentateur de Canal. Pas du tout. Ce sont bel et bien des odeurs, celles du printemps et de la cantine de la chaîne à péage, qui nous ont amené à lui. L’oeil vif et la voix chaleureuse, le complice de Christophe Dugarry s’est présenté à nous juste après le déjeuner et une pause cigarette. Décontracté, celui qui a pour seconde résidence tous les stades de Ligue 1 semble être à la vie comme à l’écran : attentif et réactif. En débutant l’interview avec un “café-clope”, briquet de l’OL à la main, le journaliste concède ne pas vouloir être présenté comme “la voix du football français”. Celui que l’on compare souvent au gendre idéal, ne veut surtout pas passer pour un omniscient du football. Rien de tel pour nous donner envie de tout savoir sur cet homme qui vient tout juste de fêter ses 20 ans à Canal, le 1er juin dernier.

As-tu toujours voulu faire du commentaire ?

Ce sont des concours de circonstances. J’ai mis quinze ans à me rendre compte que je faisais de la tV. Quand j’étais à l’école de journalisme, ça ne m’intéressait absolument pas. Dans la vie, malheureusement, je suis un grand taiseux la plupart du temps, mais mon père est prof de langue alors pour parler j’ai des facilités. Donc ça me menait plus facilement sur le commentaire qu’une présentation de plateau. J’avais du mal à regarder une caméra, je ne savais pas me placer, je n’étais pas du tout acteur. C’était une souffrance pour moi. alors que commenter, personne ne me regardait, j’étais avec un casque sur la tête. C’était simple pour moi, un poste naturel. J’ai fait une dizaine de séances avec une femme géniale qui est la soeur de richard anconina : Marlène. C’est une ancienne actrice qui fait des formations avec des gens de TV pour leur apprendre à être naturel devant une caméra. Ça m’a fait beaucoup de bien. on a fait très peu d’exercices pratiques, on a juste parlé pendant 10 heures (rires). en gros, il fallait qu’elle m’accouche. À l’issu de ce truc-là, je me suis dit « Ou tu continues à souffrir et à la fin de l’année tu auras tellement souffert que tu seras mauvais. Ou tu essayes de jouer le jeu et de voir si tu peux y trouver du plaisir. » Je ne te dis pas que j’y trouve toujours du plaisir, mais je n’y trouve plus de souffrance. C’est déjà ça (rires). et puis ce n’est pas un exercice très désagréable. Dans la vie on a tous des moments où on se sent mal à l’aise. moi c’était devant une caméra sur un plateau parce que j’étais en permanence en dehors de moi-même. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser que je pouvais dire des choses intéressantes. L’effort, ça a été de me remettre avec moi. Régulièrement en plateau, je me regardais et je me disais : « Mais qu’est-ce que tu fous là. » mais ça va un peu mieux (rire).

Avec beIN SPORT, le foot sur Canal + va beaucoup changer ?

Ça change mais pour moi ce n’est que du positif. Quand tu as été dans une situation de monopole comme Canal l’a longtemps été, c’est difficile de se remettre en cause, d’être toujours créatif. et cette fois-ci, même si ce ne seront que des chaînes de sports et que ce n’est pas du tout la même idée que Canal, il faut arrêter de parler de concurrence. Al Jazeera est là, on est sur le même marché au même moment, certes. Ils vont nous obliger à nous bouger mais ce que j’entends aujourd’hui à Canal ce n’est pas « oulala que vont-ils faire comme émissions ? » mais plutôt « qu’allons nous faire l’année prochaine ? » Grâce à eux, cette rentrée est beaucoup plus excitante pour nous. et pas à cause d’eux. La remise en question au niveau éditorial, je pense qu’elle est quand même permanente avec Cyril Linette. Canal sera mort lorsqu’il ne fera plus de tentatives. Si on ne fait plus “laboratoire”, si on ne se dit plus que pour les émissions on va changer un peu de ton, ça ne marchera plus… On a toujours fait ça. Il n’y avait pas Al Jazeera quand on a changé l’Equipe du Dimanche.

Comprends-tu le départ de tes anciens collègues ?

Chacun fait exactement comme il le veut, g.re sa vie professionnelle et sa carrière comme il l’entend. Il y a des gens qui ont besoin de bouger, de se renouveler, de quitter pour changer. Moi, je ne suis pas fait comme ça. Mais bien sur que je comprends. On ne doit rien . personne. Je suis un peu à l’ancienne, donc j’ai des relations bien spéciales avec Canal, parce que j’étais là avant Christophe Josse, avant Darren Tulett. Je n’ai pas vraiment l’impression de bosser dans une entreprise. Ce n’est pas une famille non plus. On est dans une entreprise qui veut faire des bénéfices, de l’argent comme toutes les autres entreprises. Mais pour avoir une toute petite expérience de vingt ans, la façon dont on aborde le sport et notre travail me correspond évidemment mieux à Canal qu’ailleurs.

[...]

Grégoire Margotton ©Sabrina Lambletin

Grégoire Margotton ©Sabrina Lambletin

Olivier Dacourt

Posted by Surface On janvier - 16 - 2013

Ancien joueur de l’équipe de France passé par le championnat anglais Et italien, c’est désormais dans l’équipe de TF1, via téléfoot, qu’Olivier Dacourt évolue. Pour lui, surtout pas de commentaires de matches, mais Des reportages taillés sur-mesure, lors desquels il interview les stars Du ballon rond en toute décontraction. Son secret ? Une proximité Due à son statut d’ancien footballeur, et une sensibilité acquise au Contact de l’art, sa grande passion.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas aux abords d’un terrain de football, dans un studio photo ou bien à hôtel qu’Olivier Dacourt nous a donné rendez-vous, mais dans la galerie d’art Xippas dans le centre de Paris. Consultant pour Eurosport puis TF1, il semble y avoir ses habitudes, comme l’atteste le ton convivial qu’il emploie pour s’entretenir avec les maîtres du lieu. Entouré de sculptures, de tableaux, d’installations et de photos, il se sent ici chez lui. Il nous parle alors sans retenue de sa carrière, de ses passions, et du regard qu’il porte sur le monde du ballon rond. Un monde qu’il connaît bien pour l’avoir côtoyé au plus haut niveau, que ce soit sous les couleurs de l’Inter, avec qui il a été trois fois champion d’Italie, de Leeds, d’Everton, de la Roma, mais aussi du RC Strasbourg, club où il à été formé. Un parcours international qui a contribué à forger sa personnalité.

L’Italie tient une place très importante dans ta carrière. Qu’est-ce que ce pays t’a apporté et qu’est-ce qu’il t’évoque ?

J’ai beaucoup d’images en tête, mais j’ai surtout les yeux qui brillent, car je retourne souvent en italie. Ce pays a marqué ma carrière sportive. La qualité de vie y est exceptionnelle, à tous les niveaux, surtout pour un joueur de foot qui y évolue. Quand vous jouez dans un grand club italien, vous êtes une méga star. C’est incroyable, inimaginable. C’est aussi beaucoup de rencontres et plein d’avantages.

La situation actuelle de l’Inter, ça t’attriste ?

C’est triste, parce qu’on s’aperçoit que c’est la fin d’un cycle. très souvent, quand mourinho, qui est un grand entraîneur, part, le château de cartes s’écroule un petit peu, parce qu’il contrôle tout. Cela a été le cas à Porto, à Chelsea, à l’inter. il a une telle emprise sur le club que forcément, quand il s’en va, il y a vraiment un changement.

Est-ce de cette manière que tu as perçu le personnage ?

Il n’y a pas de hasard, quand un entraîneur gagne, il a quelque chose. Même dans la motivation. Moi, je ne rentrais pas trop dans ses plans, mais en tant qu’entraîneur, il est exceptionnel. Je ne dirais pas la même chose de l’homme. Je n’avais pas d’atomes crochus avec lui. même quand on ne fait pas partie du groupe, aller à l’entraînement est un réel plaisir. C’est assez rare dans le football pour le souligner.

En tant que footballeur, ta franchise t’a parfois joué des tours. C’était important de rester toi-même quoi qu’il arrive ?

On a une ligne de conduite et elle dépend de la manière dont on a été éduqué. Très souvent, ça peut vous porter préjudice dans votre carrière. moi j’ai une grande bouche, et ce qui m’est arrivé avec mourinho, c’est à cause de ça. J’ai dit ce que j’avais à dire, en équipe de France aussi d’ailleurs.

Comment s’est faite la transition entre joueur et consultant ?

Au départ, je n’y pensais pas du tout. mais la reconversion, je m’y suis toujours préparé. C’est un moment difficile. il y a deux cas : le joueur qui est à l’abri financièrement mais qui doit exister socialement. Ce qui était mon cas. et puis, il y a le joueur qui a gagné de l’argent mais qui n’a plus rien. Les jeunes de maintenant ont trop d’exemples de joueurs du passé qui ont gagné de l’argent et n’ont plus rien. de nos jours, c’est impossible que cela arrive. Les jeunes joueurs sont prévenus. ils savent où ils vont. Le plus important c’est de se dire qu’après le football, il y a une vie.

En tant que joueur a-t-on tendance à l’oublier ?

on oublie parce qu’on est dans notre monde. Les joueurs sont adulés. on est assistés. très souvent, quand il n‘y a plus d’argent, la bulle familiale explose, et là, le joueur se retrouve seul. Le téléphone qui sonnait tout le temps ne sonne plus. Le joueur s’en aperçoit déjà, quand il est blessé. d’un coup, il est moins sollicité. il y a aussi le manque d’adrénaline, le fait que la vie est réglée du lundi au jeudi. D’un coup il n’y a plus rien. au départ le joueur va partir en vacances, il va se faire plaisir. Ca peut durer 4, 5, 6 mois. mais après, il faut avoir d’autres centres d’intérêts. et si tu n’en avais pas avant, c’est compliqué d’en trouver. et puis dans le foot, tu as des nouveaux amis, mais le jour où ça ne va pas, où il y a un coup dur, il n’y a plus personne.

Tu t’es justement ouvert à d’autres choses. Nous sommes par exemple dans une galerie où tu as tes habitudes. Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à l’art ?

Déjà je suis un rêveur. Plus jeune, j’achetais déjà des tableaux, à 50, 100 francs, des trucs qui me plaisait. Quand je partais en vacances, je ramenais toujours un petit tableau. À strasbourg, il y avait un artiste alsacien à qui j’achetais déjà des oeuvres.

As-tu des coups de coeur pour des artistes, des oeuvres ?

J’ai commencé avec les nouveaux réalistes : arman. J’ai d’ailleurs co-édité le catalogue d’arman à beaubourg. suite à ça, on a fait un papier sur moi dans L’Équipe, car ils estimaient que c’était très surprenant qu’un ancien footballeur ait ce type d’initiative. Le journaliste avait vraiment insisté car cela donnait une autre image des footballeurs. C’était juste après Knysna en 2010. après l’article et l’expo, tF1 et eurosport m’ont contacté.

Les footballeurs sont-il parfois allumés ?

Dans le génie, il y a de la folie. Les artistes sont fous, et les footballeurs, c’est pareil. Balotelli, on se pose des questions sur lui, mais c’est un super mec. Materazzi, peu importe ce qu’il s’est passé, c’est un super mec aussi. Ibrahimovic, pareil. Ces joueurs sont critiqués, mais ils s’en foutent, car cela fait partie de l’énigme qui les entoure.

[...]

Olivier Dacourt ©Sabrina Lambletin

Olivier Dacourt ©Sabrina Lambletin

Renaud Dély & Éric Zemmour

Posted by Surface On novembre - 26 - 2012

1971. L’OM remporte le championnat de France. Gaston Defferre, alors maire de Marseille, comprend rapidement que les bulletins de vote ne se gagnent pas uniquement sur le Vieux Port mais aussi dans les travées du Stade Vélodrome. Réputés très discrets sur leurs opinions politiques, les footballeurs professionnels voient en revanche défiler les campagnes électorales sans broncher. Évoluant dans une bulle fermée, nos joueurs de Ligue 1 semblent massivement apolitiques. Mensonge ? ou Vérité ? Pour en savoir un peu plus, nous sommes allés rencontrer deux fines lames de la politique française, accessoirement fins connaisseurs du monde du football. À droite, le sniper polémiste Eric Zemmour, redouté et réputé pour ses coups de griffes sur RTL ou au Figaro Magazine. À gauche, Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, militant anti-FN et chroniqueur dans l’émission C dans l’air sur France 5.

Hormis quelques rares exceptions, les footballeurs professionnels de Ligue 1 ne sont guère bavards lorsqu’il s’agit d’exprimer leur opinion politique. On a l’impression que ça ne les concerne pas, cultivant cette image de caste apolitique. Comment expliquez-vous cette non-politisation des acteurs de notre Ligue 1. Est-ce de l’ignorance ou tout simplement de la bêtise ?

Renaud Dély : Je pense que la grande majorité des footballeurs pros de notre Ligue 1 n’ont pas d’opinion politique. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat. D’ailleurs, on ne leur demande pas d’avoir des opinions politiques. Il y a eu Dominique Rocheteau en son temps qui était très engagé à gauche. Lilian Thuram pour la génération 98 et Vikash Dhorasoo qui penchent plutôt vers le PS. Mais dans les trois quarts des cas, les footballeurs n’ont pas d’opinion politique. Aujourd’hui, les footballeurs pros de haut niveau sont l’illustration des puissances du monde, ils se confortent dans une sorte de jouissance matérielle, d’hédonisme assez individualiste qui font qu’ils sont plus soucieux de collectionner le dernier modèle de 4×4 ou le dernier écran plat dernière génération… Ils ont des comportements très consuméristes. Alors qu’ils sont censés pratiquer un sport collectif, on est vraiment dans une forme de pipolisation. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est le cas.

Eric Zemmour : Franchement, je pencherais plutôt vers de l’ignorance. Mais quand on voit ce que disent ceux qui s’expriment, on ne leur en veut pas de se taire.

Eric Zemmour ©Vivien Lavau

Selon vous, comment votent les footballeurs de Ligue 1 ? Plutôt au centre, gauche ou droite ?

Renaud Dély : J’imagine qu’il y a une écrasante majorité de footballeurs qui votent et un pourcentage important qui ne votent pas. Mais, je reste persuadé que la grande majorité de ceux qui votent, mettent leur bulletin à droite. Je le répète, ce n’est pas un jugement de valeur mais un constat qui part de leur mode de vie. La droite a toujours mis en oeuvre l’individu y compris la liberté de consommer, d’amasser, de gagner de l’argent. Quand la gauche a plutôt mis en avant des valeurs d’égalité ou de solidarité. Donc je pense que les pros de Ligue 1 penchent plutôt à droite comme les artisans ou les commerçants. Attention, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de footballeurs de gauche…

Éric Zemmour : Ils sont dans un autre monde. Certains aujourd’hui sont payés comme des traders. Ni droite, ni gauche, je pense que dans leur grande majorité les footballeurs professionnels de notre Ligue 1 sont apolitiques.

Revenons sur le cas Lilian Thuram. Depuis quelques temps, par ses prises de position, notamment sur les problèmes de quotas de joueurs binationaux en sélection nationale, il est le seul à véhiculer dans l’opinion une certaine conscience de gauche du monde du football. Du coup, sa singularité semble déranger la DTN et les hautes instances du football français. Thuram est-il un danger pour la FFF ?

Renaud Dély : Je trouve ça plutôt sain que des footballeurs comme Thuram sortent du rang. Il ne s’agit pas de dire, dans le cas de Lilian et de son engagement, que tous les français sont racistes, ou que tous les Français sont des descendants d’esclavagistes, ce n’est pas ça le problème. Il s’agit de reconnaître que l’histoire de France est plurielle, faite d’origines diverses. Certains ironisent sur le côté donneur de leçons de Thuram. Et alors ? Il vaut mieux un Thuram avec quelques excès de langage, parfois un semblant de jugement un peu lapidaire, que 1000 Christophe Jallet qui vient nous expliquer qu’il ne va plus pouvoir gagner sa vie parce qu’on va le taxer à 75 % à hauteur du deuxième million annuel. Ce qui me pose problème, ce sont plutôt les déclarations d’un Christophe Jallet et les comportements d’un bon nombre de joueurs pros qui appréhendent la vie en fonction de la dernière Ferrari qu’ils viennent d’acheter. Les engagements d’un Thuram que je pense sincères, sont utiles pour faire évoluer les mentalités dans le football français.

Éric Zemmour : Lilian Thuram a été un très grand footballeur, un pilier de l’équipe de France. D’autre part, on ne peut pas nier qu’il a toujours eu un profond respect pour le maillot de l’équipe nationale, rien à voir avec le cas Nicola Anelka. Son image s’est gauchisée sur France- Algérie, le 6 octobre 2001. Quand on y pense, quel spectacle affligeant : quand les sifflets ont commencé à gronder pendant la Marseillaise suivis, 75 minutes plus tard, du public qui finit par envahir la pelouse du Stade de France. Là, Thuram s’est indigné du comportement de certains jeunes qui ne se reconnaissaient pas dans la République Française. Ce soir-là, il a même tenté de donner une leçon de civisme à un jeune sauvageon égaré qui gambadait sur la pelouse : « ce que tu fais, il faut que tu saches que ce n’est pas bien… » Soit, Lilian Thuram a le droit de s’exprimer comme il le souhaite mais je me demande parfois s’il n’est pas un peu manipulé par des groupes d’extrême gauche. Prenons par exemple la polémique sur des joueurs binationaux, montée de toutes pièces par MediaPart qui, à l’origine, est un vrai casse-tête pour le staff de la Direction Technique Nationale, Lilian Thuram a dénoncé avec beaucoup de pugnacité des propos préjugés raciaux tenus par Laurent Blanc et François Blacquart, le directeur technique de la DTN. Edwy Plenel a dû apprécier (sourire).

[...]

Pierre Lescure

Posted by Surface On novembre - 26 - 2012

Sans lui, Canal + n’aurait peut-être jamais existé. Pierre Lescure fait partie de ceux qui ont marqué l’histoire du petit écran et la télévision d’une époque. À l’occasion de la sortie de son livre In the Baba, l’icône médiatique d’hier et d’aujourd’hui revient sur ses années de succès, et sur l’avenir du journalisme.

« Vous en avez pour combien de temps ? C’est juste histoire de m’organiser. » Malgré ses 68 ans, Pierre Lescure ne semble toujours pas connaître le mot “repos”. C’est aussi un homme qui sait recevoir. C’est à 9h, au théâtre Marigny, dans son fief situé à deux pas des Champs-Elysées, que l’ancien patron de Canal + en personne nous accueille et nous ouvre ses portes. Le cadre de l’entretien est à l’image du personnage : calme et charismatique. Si le lieu est presque vide, l’homme lui, est rempli de souvenirs. Sans jouer la comédie mais avec bonne humeur, il se prête au jeu du “questions-réponses” dans son bureau où traînent des piles de journaux et quelques tableaux, symboles d’un homme médiatique qui n’a jamais pu totalement se défaire de son milieu de prédilection. Veste enlevée, Iphone « avec beaucoup d’applications pour lire les journaux » réglé sur silencieux. L’interview peut enfin commencer.

Le projet Al Jazeera est-il trop ambitieux ?

Il est trop ambitieux parce que, tel qu’il a été présenté dans un premier temps par Biétry, et je crois que, maintenant, il a été prié de rester sobre, c’était de tout ramasser (les droits TV, ndlr). Il y a quelque chose qui gêne : quand il y a une concurrence, il y a un intérêt de marché pour les investisseurs mais aussi pour les conservateurs. Là, je voudrais savoir quel est l’intérêt du consommateur avec ces deux supports ? Le premier c’est que d’ici 2016, on aura besoin d’avoir deux plates-formes pour avoir tout le sport qu’on avait jusqu’ici à un seul endroit. J’ai vécu ça en Italie quand on a lancé Télé Pio. Les parlementaires de centre gauche italiens avaient dit : « Pas question qu’il y ait un monopole. Donc vous allez vous partager la Série A. » Mais comme ils sont tous fous de foot, ils se sont rendus compte qu’ils se retrouvaient eux-mêmes avec l’obligation de s’abonner sur deux plates-formes. Donc l’année suivante, ils ont supprimé cette obligation en laissant le marché libre. Là c’est pareil, je voudrais savoir, même s’ils font des abonnements à moins de treize euros, qu’est-ce qu’y gagnent les téléspectateurs ? Et si demain, Al Jazeera pour son seul profit, ramasse tout le foot en 2016, ce sera une blessure extrêmement grave au chiffre de Canal +, qui représente aussi 25% de chiffre d’affaires du cinéma français. Donc je vois bien l’intérêt d’Al Jazeera, mais je ne vois ni l’intérêt du consommateur, ni celui du cinéma et de l’audiovisuel français.

Avec ces deux plates-formes, le téléspectateur peut-il abandonner le foot à la télé ?

Je ne crois pas. Avant 2016, personne ne renoncera à Canal + pour Al Jazeera, j’en suis certain. En 2016, si on remet en jeu la totalité du championnat, ça sera une autre paire de manche. D’ici là, il y aura un vrai débat politique, vous verrez. En plus je pense que Biétry, en gueulant un peu trop fort au début, d’ailleurs on ne l’entend plus, m’a rappelé que ce n’est pas forcément le chevalier blanc qui suinte (sic).

Seriez-vous de nouveau intéressé pas la présidence d’un club, ou c’est vraiment fini ?

Sur le principe oui (long silence). Si c’est juste pour être sur la photo, un carnet de chèque, évidemment non. Si c’est pour avoir un rôle avec d’autres, c’est quelque chose de passionnant. Mais je ne vois pas qui me le proposerait aujourd’hui. Dans l’esprit je suis gourmand, parce que je regarde l’aventure de Leonardo avec intérêt… Enfin je reste passionné par les aventures, dès lors qu’on écrit l’histoire d’un club, je trouve ça intéressant. J’aime bien écrire les histoires.

Que pensez-vous du PSG d’aujourd’hui ?

J’en pense majoritairement du bien. Il y avait quelque chose d’exaspérant, voire de temps en temps pathétique, de voir que dans un pays aussi centralisé que la France, il y avait toujours Marseille qui se portait bien ou Lyon. Donc d’un seul coup, que les moyens soient donnés de monter l’escalier qui mène vers la cours des grands où ça devient des événements semi-planétaire, c’est à la mesure de Paris. Il est important que, devant la force de frappe des Qataris qui semble sans égale, des hommes comme Jean-Claude Blanc, Léonardo et les responsables français équilibrent la nature et la culture du PSG dans les années qui viennent.

[...]

Pierre Lescure ©Vivien Lavau

Pierre Lescure ©Vivien Lavau

Charles Bietry

Posted by Surface On juillet - 3 - 2012

Propulsé patron d’Al Jazeera Sport France il y a quelques mois, Charles Bietry crève Aujourd’hui l’écran en revenant sur la scène médiatique. Apprécié et craint à la Fois, l’ancien directeur de Canal + se lance dans une aventure qui semble sans Limite, notamment avec ses dernières recrues de canal Christophe Josse, Julien Brun et Darren Tulett. Décryptage d’un homme que la télé n’arrive pas à zapper.

Début janvier, près des Champs-Elysées. C’est dans de modestes bureaux et seul que Charles Bietry nous reçoit, loin de l’agitation médiatique dont sa nouvelle chaîne fait l’objet, mais à fond dans les derniers préparatifs. Si l’homme prend le temps de répondre à nos questions, son téléphone lui, ne prend pas de pause. Pendant l’interview, ce dernier sonnera plusieurs fois, notamment pour répondre à de nombreuses candidatures et négociations de droits TV.

[...]

Charles Biétry ©Vivien Lavau