Pilier de RMC et de 100% Foot, Éric Di Meco commente depuis déjà plusieurs années l’actualité du football avec la franchise qui le caractérise. Aussi fort en gueule, que défenseur acharné du temps où il jouait à l’OM, il s’affiche comme un amoureux inconditionnel de la cité phocéenne et semble s’épanouir dans son rôle de consultant.
Vincent Couëffé le considère comme l’un des éléments moteur de 100% Foot. Arrivé à la radio puis à la télé par hasard, Éric Di Meco, est devenu au fil du temps l’un des consultants footballistiques les plus appréciés du PAF. Jamais le dernier pour se lancer dans des polémiques sans fin, sa langue bien pendue, n’est pas sans nous rappeler les discussions de comptoir qui ont lieu après les matches. La mauvaise foi, il adore. Il aime parfois en faire un peu trop, mais ça ne l’empêche pas d’assener quelques vérités au passage, ce qui, à Surface, est loin de nous déplaire.
Tu étais adulé à Marseille, mais en dehors, tu avais surtout la réputation d’être un joueur plutôt rugueux…
Il faut se souvenir qu’à l’époque, je n’étais pas le seul à jouer physique. Aujourd’hui, il est d’ailleurs assez rigolo de voir des joueurs et des journalistes dire de moi « tu te souviens d’Éric ? – Ah oui celui qui filait des coups. » Quand je jouais, c’était d’ailleurs un avantage. Avoir mauvaise réputation m’a des fois rendu service. Grâce à cela, j’ai eu droit à des soirées assez calmes, car les attaquants avaient un peu peur. Et puis ça ne me dérange pas. Les clichés dans le foot c’est connu. Je n’ai pas de soucis avec ça. En même temps, je ne me rappelle plus qui m’a dit un jour « mais quand même, tu as joué presque 100 matches en première division attaquant. ». Je jouais effectivement ailier gauche. J’étais plutôt technique, même peut-être un peu tendre, mais bon, tout le monde a oublié.
Dans le passé, tu as aussi été manager général de l’OM. Avec le recul quel bilan dresses-tu de cette expérience ?
Le bilan est plus que moyen. Je n’étais pas préparé à occuper ce poste du jour au lendemain. À l’époque, il y avait un peu le feu au club. Il y a notamment eu un épisode à la Commanderie où des supporteurs étaient venu brûler des voitures de joueurs. Ça avait été un peu chaud. Les dirigeants ont eu peur et je pense qu’on m’a plus mis à ce poste pour essayer de calmer tout le monde que pour mes compétences. Je sortais de ma carrière de joueur et je n’avais pas de compétences particulières pour assumer ce rôle là tout de suite. J’y suis allé parce qu’on m’a dit que le club était en danger. Mais avec le recul je me dis que je n’aurais pas dû. Encore que… C’est difficile d’essayer de faire quelque chose quand le club qu’on aime va mal. J’aurais peut être dû y aller dans d’autres conditions. Je me suis laissé un peu influencer, j’aurais dû m’imposer plus rapidement, quitte à être contesté, voire licencié, comme cela a été le cas à l’époque. Autant mourir avec ses idées. Cela n’a pas été mon cas, et c’est mon gros regret.
Quelle est ta vision de l’OM aujourd’hui ?
Depuis que Robert Louis Dreyfus a repris le club, on se rend compte que beaucoup de dirigeants sont passés, et qu’il a été fait tout et n’importe quoi. Avec Pape Diouf, j’avoue qu’on est obligé de constater qu’il a assainie le club au niveau financier, ce qui n’était pas évident. Un moment donné, Robert Louis Dreyfus avait un petit peu coupé les vivres, car le club lui coûtait beaucoup d’argent. Pape a surtout réussi à bâtir un projet sportif, plus que cohérent, qui a failli porter ses fruits l’an dernier, et qui porte ses fruits de nos jours. Quand on entend Didier Deschamps rendre hommage à Pape Diouf juste après la victoire de l’OM en coupe de la ligue, c’est un constat. On est obligé de se rendre compte que le travail qui a été fait avant paye aujourd’hui, avec un entraîneur que Pape avait choisit, ainsi que pas mal de joueurs, notamment Diawara, que Pape voulait faire venir. Là, j’ai quand même l’impression que si le club est sein aujourd’hui, il le doit beaucoup à Pape.
Quand tu as été amené à exercer ton métier de consultant, quelles ont pu être tes difficultés ?
J’ai commencé à la radio avec Vincent Moscato, qui a une grosse personnalité. J’ai eu de la chance car j’ai commencé à travailler de Marseille. Je n’étais donc pas avec lui dans le studio. C’était un peu dur, mais ça me permettait de m’imposer plus facilement. Je me suis rendu compte que quand je montais à Paris pour être en studio avec lui, c’était fini, il me bouffait. Il a donc fallu que je me batte pour m’imposer à ses côtés, parce que c’est un costaud. À la télé c’était la même chose. Au début, j’ai eu du mal avec Pierre Ménès et Dominique Grimault, qui sont des vieux roublards du métier, connaissent bien le football et aiment aussi bien l’ouvrir. J’ai un peu galéré. Disons que j’ai attaqué de suite avec des gros morceaux. En plus, je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Au début j’ai donc fait profil bas, puis c’est venu au fur et à mesure.
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