Archive for the ‘Petite Lucarne’ Category

Eric Di Meco

Posted by Surface On juillet - 1 - 2010

Pilier de RMC et de 100% Foot, Éric Di Meco commente depuis déjà plusieurs années l’actualité du football avec la franchise qui le caractérise. Aussi fort en gueule, que défenseur acharné du temps où il jouait à l’OM, il s’affiche comme un amoureux inconditionnel de la cité phocéenne et semble s’épanouir dans son rôle de consultant.

Vincent Couëffé le considère comme l’un des éléments moteur de 100% Foot. Arrivé à la radio puis à la télé par hasard, Éric Di Meco, est devenu au fil du temps l’un des consultants footballistiques les plus appréciés du PAF. Jamais le dernier pour se lancer dans des polémiques sans fin, sa langue bien pendue, n’est pas sans nous rappeler les discussions de comptoir qui ont lieu après les matches. La mauvaise foi, il adore. Il aime parfois en faire un peu trop, mais ça ne l’empêche pas d’assener quelques vérités au passage, ce qui, à Surface, est loin de nous déplaire.

Tu étais adulé à Marseille, mais en dehors, tu avais surtout la réputation d’être un joueur plutôt rugueux…
Il faut se souvenir qu’à l’époque, je n’étais pas le seul à jouer physique. Aujourd’hui, il est d’ailleurs assez rigolo de voir des joueurs et des  journalistes dire de moi « tu te souviens d’Éric ? – Ah oui celui qui filait des coups. » Quand je jouais, c’était d’ailleurs un avantage. Avoir mauvaise réputation m’a des fois rendu service. Grâce à cela, j’ai eu droit à des soirées assez calmes, car les attaquants avaient un peu peur. Et puis ça ne me dérange pas. Les clichés dans le foot c’est connu. Je n’ai pas de soucis avec ça. En même temps, je ne me rappelle plus qui m’a dit un jour « mais quand  même, tu as joué presque 100 matches en première division attaquant. ». Je jouais effectivement ailier gauche. J’étais plutôt technique, même peut-être un peu tendre, mais bon, tout le monde a oublié.

Dans le passé, tu as aussi été manager général de l’OM. Avec le recul quel bilan dresses-tu de cette expérience ?
Le bilan est plus que moyen. Je n’étais pas préparé à occuper ce poste du jour au lendemain. À l’époque, il y avait un peu le feu au club. Il y a notamment eu un épisode à la Commanderie où des supporteurs étaient venu brûler des voitures de joueurs. Ça avait été un peu chaud. Les dirigeants ont eu peur et je pense qu’on m’a plus mis à ce poste pour essayer de calmer tout le monde que pour mes compétences. Je sortais de ma carrière de joueur et je n’avais pas de compétences particulières pour assumer ce rôle là tout de suite. J’y suis allé parce qu’on m’a dit que le club était en danger. Mais avec le recul je me dis que je n’aurais pas dû. Encore que… C’est difficile d’essayer de faire quelque chose quand le club qu’on aime va mal. J’aurais peut être dû y aller dans d’autres conditions. Je me suis laissé un peu influencer, j’aurais dû m’imposer plus rapidement, quitte à être contesté, voire licencié, comme cela a été le cas à l’époque. Autant mourir avec ses idées. Cela n’a pas été mon cas, et c’est mon gros regret.

Quelle est ta vision de l’OM aujourd’hui ?
Depuis que Robert Louis Dreyfus a repris le club, on se rend compte que beaucoup de dirigeants sont passés, et qu’il a été fait tout et n’importe quoi. Avec Pape Diouf, j’avoue qu’on est obligé de constater qu’il a assainie le club au niveau financier, ce qui n’était pas évident. Un moment donné, Robert Louis Dreyfus avait un petit peu coupé les vivres, car le club lui coûtait beaucoup d’argent. Pape a surtout réussi à bâtir un projet sportif, plus que cohérent, qui a failli porter ses fruits l’an dernier, et qui porte ses fruits de nos jours. Quand on entend Didier Deschamps rendre hommage à Pape Diouf  juste après la victoire de l’OM en coupe de la ligue, c’est un constat. On est obligé de se rendre compte que le travail qui a été fait avant paye aujourd’hui, avec un entraîneur que Pape avait choisit, ainsi que pas mal de joueurs, notamment Diawara, que Pape voulait faire venir. Là, j’ai quand même l’impression que si le club est sein aujourd’hui, il le doit beaucoup à Pape.

Quand tu as été amené à exercer ton métier de consultant, quelles ont pu être tes difficultés ?
J’ai commencé à la radio avec Vincent Moscato, qui a une grosse personnalité. J’ai eu de la chance car j’ai commencé à travailler de Marseille. Je n’étais donc pas avec lui dans le studio. C’était un peu dur, mais ça me permettait de m’imposer plus facilement. Je me suis rendu compte que quand je montais à Paris pour être en studio avec lui, c’était fini, il me bouffait. Il a donc fallu que je me batte pour m’imposer à ses côtés, parce que c’est un costaud. À la télé c’était la même chose. Au début, j’ai eu du mal avec Pierre Ménès et Dominique Grimault, qui sont des vieux roublards du métier,  connaissent bien le football et aiment aussi bien l’ouvrir. J’ai un peu galéré.  Disons que j’ai attaqué de suite avec des gros morceaux. En plus, je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Au début j’ai donc fait profil bas, puis c’est venu au fur et à mesure.

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Daniel Riolo

Posted by Surface On juin - 21 - 2010

Daniel Riolo n’est pas du genre à mâcher ses mots. La langue loin de sa poche, le journaliste phare de l’After Foot sur RMC n’hésite jamais à égratigner les acteurs
du football, au risque, qu’il assume parfaitement, de ne pas se faire que des amis…

QU’EST-CE QUI TE DÉRANGE LE PLUS AUJOURD’HUI DANS LE FOOT ?
La mentalité des joueurs. Des mecs qui en ont à ce point rien à faire des gens qui les regardent et qui sont devenus à ce point individualistes, à ce point sans culture. Je ne leur demande pas d’être des énarques ou de lire des bouquins tous les jours, mais au moins d’être attentifs à ce qui se passe autour d’eux, aux gens qui viennent au stade pour eux, aux gens qui les aiment. Tout ça me fait chier. Je me dis qu’à un moment, j’en aurai marre et j’abandonnerai tout à cause de ça. Beaucoup sont de passage dans un club et ils n’en ont rien à caguer de son histoire. Mais ils ne sont pas les seuls fautifs. Les gens qui gèrent les clubs devraient raconter aux joueurs l’histoire de celui-ci et leur expliquer pourquoi c’est important de jouer ici. Et s’il ne comprend pas pourquoi c’est important, ils ne le prennent pas. Le joueur qui vient en stand-by pour se barrer ailleurs ensuite, ça me saoule. C’est toute cette mentalité-là qui me gave dans le foot.

UN EXEMPLE À DONNER ?
Les Français qui disent : « Moi mon rêve de môme, c’était de jouer au PSG ou à l’OM » et qui, quand ils sont dans le club en question, ne s’impliquent pas. Samir Nasri par exemple. Le mec était ramasseur de balles au Vélodrome. Il y avait même eu un papier dans l’Équipe où tu le voyais petit, avec un ballon, et qui disait que son rêve, c’était de jouer à l’OM. Quand tu sais ce que ce club représente et a dû représenter dans sa vie… Et puis, une fois arrivé, le gars fait le capricieux, il n’est pas au top. Alors qu’il aurait dû devenir le Steven Gerrard de l’OM. Il aurait dû s’impliquer à fond. Il a juste pensé à sa petite carrière. Il a pu se barrer à Arsenal, il arrive là-bas et il dit : « Ici, je fais de la muscu. À Marseille, je n’en faisais pas, les installations n’étaient pas bonnes. » Mais reste à l’OM ! Fais en sorte que les installations deviennent meilleures ! Implique-toi dans la vie du club ! Je ne lui demande pas de faire toute sa carrière au club parce que forcément, si tu as envie de gagner deux fois plus de blé, tu te barres à Arsenal. Mais attends un peu ! Donne quelque chose à ce club qui t’a soi-disant fait rêver !

CE N’EST UN SECRET POUR PERSONNE : TU NE PORTES PAS RAYMOND DOMENECH DANS TON COEUR. QUELLE EN EST LA PRINCIPALE RAISON ?
Une incompétence totale et la confiscation de l’équipe de France. Incompétence parce que c’est un entraîneur qui est arrivé là par un concours
de circonstances, poussé par son ex ami Aimé Jacquet. Le piston, ça arrive. Il a profité de la confusion qui régnait pour avoir cette place et derrière, on n’a vu que de l’incompétence. On est le seul pays à avoir nommé quelqu’un qui n’avait rien fait avant. Au minimum, tu as été l’adjoint d’un grand entraîneur. Domenech, rien. Les Espoirs, c’est tout. En plus, il a confisqué l’équipe de France parce qu’il monopolise toute l’attention sur lui et refuse de parler du jeu. Il a complètement oublié que l’équipe de France appartenait à tout le monde parce que la Fédé est une délégation de service public. Il n’a pas le droit de parler aux journalistes de la façon dont il leur parle, c’est lui qui a allumé la première mèche. Beaucoup de gens se détournent de l’équipe de France et n’en peuvent plus de lui. Le milieu du foot, dans son ensemble, le rejette, même s’il nie tout ça. Toutes ces raisons me font penser que ce n’est pas le bonhomme pour cette situation.

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Vincent Couëffé

Posted by Surface On juin - 21 - 2010

Passionné par la petite lucarne depuis son plus jeune âge, Vincent Couëffé s’est fait connaître du grand public en remplaçant Estelle Denis en tant que présentateur et rédacteur en chef de la désormais célèbre émission 100% foot sur M6. Cet ancien sportif, qui a roulé sa bosse à l’Équipe TV et qui a couvert durant de nombreuses années les aventures des Bleus, n’est certainement pas arrivé là par hasard.

TU AS SUIVI L’ÉQUIPE DE FRANCE POUR L’ÉQUIPE TV DE 1999 À 2008. QUELS SOUVENIRS EN GARDES-TU ?
Quand j’ai démarré, j’étais vraiment impressionné. À l’époque, j’étais journaliste reporter d’images, caméra à l’épaule. Les Bleus, c’étaient les Beatles, un vrai groupe de rock’n roll ! Tout le monde était à fond derrière eux. Partout où on se déplaçait dans le monde, c’était de la pure folie. Je n’ai jamais revu cela. Pour moi, l’année 2000, avec la Coupe d’Europe des Nations, est le summum du football français. Mieux qu’en 98 parce qu’il y a eu le jeu et le suspense. Il y avait tout dans cette compétition, c’était magnifique. Après ça, on se demandait : « Mais qui peut battre
cette équipe ? »
JUSQU’À LA DÉSILLUSION DE CETTE COUPE DU MONDE EN 2002…
Ça reste quand même un bon souvenir sur le plan personnel, on était avec les joueurs à l’hôtel à Séoul. D’ailleurs, quand je suis revenu de Corée, j’ai vu tous ces papiers sur les Bleus où l’on disait qu’ils passaient leur temps en boîte de nuit. Ce n’était pas vrai. Ce n’est pas parce qu’un joueur boit une bière à 23h car il s’ennuie à l’hôtel qu’il fait la fête tous les soirs. C’est même important
pour un groupe de vivre ensemble. Je ne supportais pas ces critiques infondées.

CONCERNANT TON ARRIVÉE EN 2008 À 100% FOOT, EN PLUS DU DÉFI QUE ÇA REPRÉSENTE, TU AS DÛ APPRENDRE À GÉRER DE SACRÉES PERSONNALITÉS…
À 100% foot, je me suis glissé dans l’émission pour continuer sur la lancée d’Estelle Denis. C’était un gros défi pour moi. Le but était de faire briller les piliers de l’émissions qu’étaient Pierre Ménès et Dominique Grimault. Au début, j’avais un pas de retrait. Avec Pierre, c’était plus facile, je le connais depuis longtemps. Dominique, lui, ne me connaissait pas. Il m’a testé pendant toute la première saison. Il a fallu apprendre à se découvrir.

COMMENT AS-TU VÉCU LEUR DÉPART EN CE DÉBUT DE SAISON ?
J’ai eu les boules quand Pierre me l’a annoncé. C’était dur car j’ai eu l’impression d’être lâché. J’étais content pour lui et j’ai compris son choix
mais j’avoue que je n’ai pas beaucoup dormi la nuit-même ! Franchement, j’étais très flatté de la confiance que m’a accordée M6. Ils auraient pu arrêter l’émission et ils ne l’ont pas fait. Il fallait que je leur rende la pareille et qu’il y ait toujours du foot sur la chaîne. Et du foot de qualité. C’était encore un nouveau défi.

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Cyril Linette

Posted by Surface On octobre - 16 - 2009

Débarqué il y a treize ans sur Canal +, Cyril Linette, journaliste sportif au timbre de voix connu et reconnu, est aujourd’hui aux commandes du plus important service de la chaîne cryptée : le sport. Avide de challenges, communiquant hors pair au mental de compétiteur, il incarne depuis deux ans le renouveau de l’offre foot sur CanaCyril Linette

Qu’est ce qu’il manque aujourd’hui à la ligue 1, selon vous ?
Ce qu’il manque aujourd’hui, et c’est d’ailleurs dans l’air du temps, ce sont des stades de qualité. Surtout pour un diffuseur ! Quand vous hésitez entre deux matches de valeur équivalente à programmer, vous choisissez toujours le match qui se déroule dans le plus beau stade. C’est une lacune  que nous avons par rapport aux autres championnats. Économiquement, c’est difficile, bien sûr, car l’État ne va plus construire de stades. Je suis content car tout le monde s’en rend compte et cela commence à devenir une priorité nationale, notamment aux yeux des politiques. Cela changerait tout  de rénover cinq ou six stades en France. je ne vais pas citer de noms, mais il y a des clubs que je ne peux pas diffuser en prime time car à l’image, un dimanche soir, ce n’est pas possible.

La critique est à la mode. Est-ce pour cela que vous avez fait venir Pierre Ménès ?
Pierre est capable d’une parole libre et subtile, et il est aussi expert du foot. Il est une sorte de trait d’union avec le téléspectateur. C’est un peu comme si on mettait un abonné, certes très averti, sur le plateau. Il apporte le côté spontané de celui qui vit le match comme nous. Quand il ne s’est pas régalé pendant un match, il le dit et on ne lui passe pas un coup de fil derrière en lui disant qu’il est fou. vis-à-vis du monde du foot, on mesure toujours un peu les choses mais il n’a pas de consignes. je trouvais qu’il y avait une sorte de consanguinité entre tous nos consultants experts, entraîneurs ou joueurs. Il fallait un équilibre entre l’esprit critique, basé sur le ressenti, et la pure expertise. on essaie d’agencer nos personnalités. Des consultants comme Reynald Denoueix, permettent, eux , de voir et de comprendre des choses que le téléspectateur ne perçoit pas forcément.

Certains de vos anciens consultants sont justement entraîneurs. Quels sont vos relations avec eux lorsqu’Ils retournent en club ?
Ils oublient instantanément qu’ils ont travaillé avec nous. on est traités comme les autres. Si Didier Deschamps ou paul le guen ne sont pas contents de ce qu’on peut dire, ils ne vont pas se priver pour le signaler sous prétexte qu’on a collaboré ensemble. C’est tout à fait normal. Quand ils travaillent ailleurs, ils rentrent dans leur logique. didier deschamps n’est plus le même, c’est normal. Entraîneur est un métier de fou. Une fois à ce poste, ils voient tout à travers ce prisme-là. on crée des liens amicaux forts quand on  collabore avec eux, mais leur priorité, une fois revenus sur le banc, c’est leur équipe.

Vous appellent-ils plus facilement pour se plaindre de leur traitement ?
Pas forcément. C’est plus souvent les présidents qui nous appellent car il y a une dimension plus politique. On les écoute, on essaie d’être respectueux mais c’est à nous de tenir la distance. j’ai la chance d’avoir des patrons qui font confiance à leur équipe et qui maintiennent le cap quand certains présidents les appellent directement. si on ne fait pas n’importe quoi, il n’y a pas de soucis et puis ce n’est pas la guerre des tranchées non plus, on reste partenaires ! Une petite anecdote : dans les spécialistes, on était devenus amis avec Frédéric antonetti, un type fantastique, et nous diffusions régulièrement des passages de ses frasques sur le banc niçois. au bout de quelques semaines, il nous a gentiment appelés pour nous dire que cela lui  pesait. Nous avons donc arrêté, on essaie de garder cette logique de partenaires. on sait jusqu’où ne pas aller.

Y a-t-Il une formation spéciale pour les consultants ?
C’est une formation sur le tas car on les lance directement dans le bain. On voit ce que ça donne, puis on corrige le tir si besoin est, et petit à petit, on les fait progresser. on l’a fait pour beaucoup, comme Zinédine Zidane qui était à une époque assez mutique car c’est quelqu’un de timide. Ce qu’il dit prend une telle proportion qu’il préfère parfois ne rien dire. Aujourd’hui, il a pris ses marques, il a plus confiance en lui et il va donc logiquement développer prochainement sa présence sur Canal. d’autres sont trop volubiles, il faut donc les recadrer. Certains parlent peu pendant une rencontre et vont vous la commenter en totalité après, pendant le dîner ! Il y a toutes sortes de cas, il faut les accompagner, c’est un vrai travail de coaching.

Darren Tulett

Posted by Surface On août - 12 - 2009

Le meilleur représentant du foot anglais en France, c’est lui et personne d’autre. Personnage incontournable, le journaliste britannique Darren Tulett, au look et au ton so british, jette un regard de passionné sur la nation reine du ballon rond.

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QUEL EST TON PLUS BEAU SOUVENIR DE SUPPORTER ?
J’ai eu la chance énorme de vivre la plus belle période de Brighton, lorsque l’équipe était en première division. L’année du centenaire du club en plus ! En 1983, on a joué une finale de la Cup à Wembley contre Manchester United. 2-2. Prolongations. À la toute dernière minutes, contre pour Brighton de 90 mètres. Michael Robinson, mon attaquant préféré, remonte  le terrain et fait une passe pour l’autre attaquant, un Ecossais, Gordon Smith. Je m’en souviens encore (il prend la voix des commentateurs de l’époque). « And Smith must score. And Smith must score.» (Et Smith doit marquer). Et il a tiré sur le putain de gardien ! On a raté notre seule occasion de gagner quelque chose… Mais ce sont des souvenirs géniaux, je vois tout là ! Surtout que ce jour-là, j’ai eu la honte de ma vie. J’avais 17 ans et j’ai fait le déplacement à Wembley avec tous mes potes. Et ma mère et mon beau-père, qui voulaient absolument y aller, sont montés dans le train avec moi…

LE FIGHTING SPIRIT EST UNE DES CARACTÉRISTIQUES ESSENTIELLES DE CE FOOTBALL…
ça vient des tribunes. C’est drôle de voir comment un joueur étranger  s’adapte à cette expérience-là. La passion de la foule et l’exigence du public t’obligent à changer et te poussent à jouer à toute vitesse. Il faut que ça  bouge et que ça attaque ! En France, les défenseurs n’osent jamais balancer  un long ballon devant pour ne pas se faire huer. En Angleterre, tu dégages la  balle et le public hurle « bravo ». Même si le public des stades a changé, il  reste composé de gens de la classe ouvrière qui se mettent minables au boulot pendant toute la semaine pour avoir les sous pour payer leurs billets. Le minimum qu’ils exigent, c’est que les joueurs mouillent le maillot.

L’HUMOUR ANGLAIS EST AUSSI TRÈS PRÉSENT, DANS LES CHANTS DE  SUPPORTERS NOTAMMENT. UN COUP DE COEUR ?
Chaque chant s’adapte aux joueurs, c’est vrai. À Manchester United, ils ont  un joueur coréen, Park, et les supporters s’amusent des stéréotypes. La chanson fait comme ça : « Park, Park, wherever you may be, they eat dogs in your country. » (Park, Park, où que tu sois, ils mangent des chiens dans ton pays). À prendre avec ironie, évidemment !

QUELS ONT ÉTÉ LES JOUEURS FRANCAIS QUI ONT LE PLUS MARQUÉ LE FOOT ANGLAIS ?
Cantona, Ginola et Henry. Cantona est celui qui a le plus compté : à  Manchester, ils chantent encore à sa gloire. Il fut l’un des premiers à venir et  à apporter autant au foot anglais, à faire gagner des titres à un club qui n’en avait pas obtenu depuis longtemps. Et puis, le kung-fu ! C’est un sacré personnage. Mais Ginola aussi. Aller dans le Nord de l’Angleterre quand on passe pour un pretty boy qui fait de la pub pour les shampoings, c’est fort. Il a été formidable à Newcastle et élu « joueur de l’année » lorsqu’il était à Tottenham. Il a déjoué beaucoup de pronostics. Fin 2008, Tottenham lui a même organisé une soirée. Et puis, Henry, bien sûr, qui a contribué par ses buts au succès d’Arsenal.

QUI SONT TES JOUEURS PRÉFÉRÉS ?
Rooney, Gerrard, Lampard… Des mecs qui ont des couilles, quoi ! (rires) Des  mecs typiquement anglais, qui en veulent mais qui ont aussi une vraie technique. Rooney, c’est un ancien boxeur et ça se voit sur son visage, mais  il peut être léger et super fin dans son toucher de balle. Ce sont des joueurs  qui sont très réguliers dans leurs performances.

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