Il fait partie des anciens de canal+ et de la bande originale de la ligue 1 depuis Plusieurs années. Grégoire Margotton est un homme qui sait se faire entendre, Tout en restant discret. Courtisé par Al Jazeera, l’homme de 42 ans a renoncé Aux propositions de Charles Biétry et pu ainsi prouver sa fidélité envers la Chaîne cryptée. L’occasion le temps d’une interview, de revenir sur ses choix Et sur une carrière qui ne lui était pas forcément destinée.
En allant à la rencontre de Grégoire Margotton, on pouvait légitimement penser que des indices sonores nous guideraient jusqu’au commentateur de Canal. Pas du tout. Ce sont bel et bien des odeurs, celles du printemps et de la cantine de la chaîne à péage, qui nous ont amené à lui. L’oeil vif et la voix chaleureuse, le complice de Christophe Dugarry s’est présenté à nous juste après le déjeuner et une pause cigarette. Décontracté, celui qui a pour seconde résidence tous les stades de Ligue 1 semble être à la vie comme à l’écran : attentif et réactif. En débutant l’interview avec un “café-clope”, briquet de l’OL à la main, le journaliste concède ne pas vouloir être présenté comme “la voix du football français”. Celui que l’on compare souvent au gendre idéal, ne veut surtout pas passer pour un omniscient du football. Rien de tel pour nous donner envie de tout savoir sur cet homme qui vient tout juste de fêter ses 20 ans à Canal, le 1er juin dernier.
As-tu toujours voulu faire du commentaire ?
Ce sont des concours de circonstances. J’ai mis quinze ans à me rendre compte que je faisais de la tV. Quand j’étais à l’école de journalisme, ça ne m’intéressait absolument pas. Dans la vie, malheureusement, je suis un grand taiseux la plupart du temps, mais mon père est prof de langue alors pour parler j’ai des facilités. Donc ça me menait plus facilement sur le commentaire qu’une présentation de plateau. J’avais du mal à regarder une caméra, je ne savais pas me placer, je n’étais pas du tout acteur. C’était une souffrance pour moi. alors que commenter, personne ne me regardait, j’étais avec un casque sur la tête. C’était simple pour moi, un poste naturel. J’ai fait une dizaine de séances avec une femme géniale qui est la soeur de richard anconina : Marlène. C’est une ancienne actrice qui fait des formations avec des gens de TV pour leur apprendre à être naturel devant une caméra. Ça m’a fait beaucoup de bien. on a fait très peu d’exercices pratiques, on a juste parlé pendant 10 heures (rires). en gros, il fallait qu’elle m’accouche. À l’issu de ce truc-là, je me suis dit « Ou tu continues à souffrir et à la fin de l’année tu auras tellement souffert que tu seras mauvais. Ou tu essayes de jouer le jeu et de voir si tu peux y trouver du plaisir. » Je ne te dis pas que j’y trouve toujours du plaisir, mais je n’y trouve plus de souffrance. C’est déjà ça (rires). et puis ce n’est pas un exercice très désagréable. Dans la vie on a tous des moments où on se sent mal à l’aise. moi c’était devant une caméra sur un plateau parce que j’étais en permanence en dehors de moi-même. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser que je pouvais dire des choses intéressantes. L’effort, ça a été de me remettre avec moi. Régulièrement en plateau, je me regardais et je me disais : « Mais qu’est-ce que tu fous là. » mais ça va un peu mieux (rire).
Avec beIN SPORT, le foot sur Canal + va beaucoup changer ?
Ça change mais pour moi ce n’est que du positif. Quand tu as été dans une situation de monopole comme Canal l’a longtemps été, c’est difficile de se remettre en cause, d’être toujours créatif. et cette fois-ci, même si ce ne seront que des chaînes de sports et que ce n’est pas du tout la même idée que Canal, il faut arrêter de parler de concurrence. Al Jazeera est là, on est sur le même marché au même moment, certes. Ils vont nous obliger à nous bouger mais ce que j’entends aujourd’hui à Canal ce n’est pas « oulala que vont-ils faire comme émissions ? » mais plutôt « qu’allons nous faire l’année prochaine ? » Grâce à eux, cette rentrée est beaucoup plus excitante pour nous. et pas à cause d’eux. La remise en question au niveau éditorial, je pense qu’elle est quand même permanente avec Cyril Linette. Canal sera mort lorsqu’il ne fera plus de tentatives. Si on ne fait plus “laboratoire”, si on ne se dit plus que pour les émissions on va changer un peu de ton, ça ne marchera plus… On a toujours fait ça. Il n’y avait pas Al Jazeera quand on a changé l’Equipe du Dimanche.
Comprends-tu le départ de tes anciens collègues ?
Chacun fait exactement comme il le veut, g.re sa vie professionnelle et sa carrière comme il l’entend. Il y a des gens qui ont besoin de bouger, de se renouveler, de quitter pour changer. Moi, je ne suis pas fait comme ça. Mais bien sur que je comprends. On ne doit rien . personne. Je suis un peu à l’ancienne, donc j’ai des relations bien spéciales avec Canal, parce que j’étais là avant Christophe Josse, avant Darren Tulett. Je n’ai pas vraiment l’impression de bosser dans une entreprise. Ce n’est pas une famille non plus. On est dans une entreprise qui veut faire des bénéfices, de l’argent comme toutes les autres entreprises. Mais pour avoir une toute petite expérience de vingt ans, la façon dont on aborde le sport et notre travail me correspond évidemment mieux à Canal qu’ailleurs.
[...]











