Grégory Coupet a signé, hier, un contrat de deux ans avec le Paris Saint-Germain. Et là, pour beaucoup des supers blogs qui commencent à se multiplier et qui, pour une grande majorité, taillent gratuitement, le PSG redevient, comme la saison dernière, la maison de préretraite de la Ligue 1. Il est grand temps de mesurer ces propos, même s’ils ne sont pas tous complètement faux.
L’avantage de l’expérience
La saison passée, le club de la capitale engageait Claude Makélélé et Ludovic Giuly, soit deux anciens internationaux. Après une saison passée à lutter pour son maintien jusqu’à la dernière journée, le PSG rêvait de retrouver une stabilité, et des résultats sportifs corrects. En faisant confiance à des joueurs d’expérience, Paris espérait pouvoir rendre un peu de stabilité à un club bancal. Et, même si la fin de saison est ratée (pas de qualification pour une Coupe d’Europe), la saison est plutôt réussie et donne raison aux dirigeants voulant miser sur des cadres trentenaires. Commençons par Ludovic Giuly. L’ancien barcelonais a fait taire tous ses détracteurs en réalisant une saison pleine au sein de l’attaque parisienne. Affichant une belle volonté et une envie de bien faire à toute épreuve, Giuly a été l’un des artisans du « renouveau » du PSG. Neuf buts et quelques passes décisives plus tard, le lutin du PSG s’est avéré indispensable à la bonne santé sportive du club de la capitale. Acheté environ 2 millions à l’AS Roma, Giuly est, quoi qu’en pense certains, un très bon joueur capable d’éclat, et sachant se rendre utile à l’équipe. Abordons maintenant le cas Makelele. L’ancien londonien semblait beaucoup moins en verve que son coéquipier. Et sur le terrain, on ne peut que donner raison aux gens qui disent qu’il est dépassé. Même les supporters sont énervés en voyant le capitaine de Paris déambuler sur le terrain comme un cinquantenaire à la recherche d’un second souffle. Malgré sa baisse flagrante de niveau au sein du milieu de terrain parisien, Maké a apporté une aura indispensable et a rassuré une défense en manque de repères. Ainsi Zoumana Camara a pu évoluer avec beaucoup plus de sérénité (malgré quelques bourdes) que lors des exercices précédents. Et dans le vestiaire, son influence semble indispensable pour recadrer les jeunes du groupe. Car, quoi de plus instructif que d’évoluer aux côtés de l’un des meilleurs milieux défensif de la planète, même s’il est beaucoup moins tranchant qu’avant. Aspect sportif mis de côté, la santé financière du club étant au plus bas, il semblerait que ce genre de recrutement soit, en fin de compte, plutôt judicieux.
Avec les moyens du bord
Alors c’est vrai que tous les fans de football préféreraient voir signer des jeunes talents en Ligue 1, que de voir revenir les anciennes gloires. Car comment ne pas se dire que ces trentenaires viennent se planquer en Ligue 1 pour avoir une fin de carrière tranquille ? Oui mais voilà, comme nous l’avons dit à de nombreuses reprises, la Ligue 1 ne fait pas rêver. Même avec des moyens, il paraît difficile de recruter des joueurs de niveau mondial, tant les autres championnats sont plus attractifs. Le PSG, avec des moyens bien inférieurs à ce qu’ils étaient auparavant, doit recruter intelligemment. Avec une enveloppe d’environ 12 millions, pas question de faire des folies. Les négociations sont âpres, et mettent du temps à aboutir. Pas question d’acheter pour acheter. Donc depuis la saison dernière, le PSG recrute utile. Que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire, chaque joueur recruté à son importance. Et, contrairement à ce que pense certains, le PSG a réalisé de bonnes affaires la saison dernière, et tous les recrutements effectués ont apportés quelque chose à l’équipe. Exemple frappant du recrutement intelligent : Guillaume Hoarau. Acheté au Havre pour 500 000 euros, le réunionnais s’est tout de suite imposé au sein de la formation parisienne, s’imposant même comme titulaire indiscutable en attaque. Avec 17 buts au compteur pour sa première saison en Ligue 1, Hoarau a donné raison à ceux qui lui ont fait confiance. Seul « gros » transferts de la saison dernière, Sessegnon a justifié son statut de milieu créatif. Acheté 8 millions au Mans, le Béninois est devenu le fer de lance de l’équipe parisienne. Donc si on fait le bilan, quels sont les gros points négatifs du recrutement parisien l’année dernière ? À part Kezman, (et encore, avec 3 titularisations en Ligue 1, il a marqué à chaque fois), on ne peut pas dire que ce mercato fut un flop.
Pour la saison prochaine, Grégory Coupet gardera donc les cages du PSG. Et à tous les « footix » qui pensent qu’il est trop vieux pour jouer, on peut juste citer Van der Sar, Oliver Kahn, ou Dino Zohff. Certes ces portiers sont d’un gros calibre, mais leur âge ne les a pas empêchés d’être performants. A 39 ans, Van Der Sar n’est-il pas champion d’Angleterre et vice-champion d’Europe ? Paris s’est également offert l’international turc Mevlut Erding qui, pour le coup, représente la vraie bonne idée de ce recrutement. Et n’en déplaise aux nombreux détracteurs du club de la capitale, le désormais ancien attaquant de Sochaux n’a que 22 ans…
Sébastien Béquerel



