Le spectacle de cette 4ème journée de Ligue 1 n’aura pas manqué à l’appel. Paris et Lyon se positionnent en haut de tableau de la plus belle manière et Bordeaux, au terme d’un match nul pourtant spectaculaire face à l’OM, voit ses rêves d’une quinzième victoire consécutive s’envoler. Outre le « Gros quatre », Montpellier, Lens et Boulogne sont les surprises de l’été 2010.
OM-Bordeaux, quand le sort s’en mêle
Ce premier match au Vélodrome et ce premier choc attendu du championnat fut chaud, rugueux et émouvant. Emouvant car Marseille avait décidé pour l’occasion de rendre hommage à son ancien mécène, Robert Louis Dreyfus. Une cérémonie en grande pompe et un « Merci RLD » floqué sur le maillot olympien pour un dernier adieu au passionné et actionnaire majoritaire du club pendant 13 années. Mais l’enjeu a vite dépassé l’émotion. Dès les premières minutes, l’impact physique tétanise le jeu et le public assiste à une guerre de tranchée en milieu de terrain. Des coups, des contacts, de l’engagement, des duels âpres, voilà ce qu’on pouvait voir en première mi-temps. L’attaquant Girondin Marouane Chamackh en a fait l’expérience lorsqu’il croisait la route de son ancien coéquipier Souleymane Diawara. Alou Diarra, solide capitaine au scapulaire le confirme, « c’était un match très physique où il n’y a pas eu beaucoup de jeu. On n’a pas réussi à poser le nôtre, car on a été gêné par le pressing de l’OM qui a préféré joué long sur Brandao. » Un Brandao en forme hier soir qui aurait même pu faire chavirer le stade à la 35ème minute sur une frappe lourde qui finit sa course sur le montant droit du but de Cédric Carasso. La chance du champion ? Sûrement, car le petit brin de réussite réapparait à la 64ème minute quand une reprise à l’entrée de la surface de Benoit Cheyroux, le maître à jouer Marseillais, s’écrase violemment sur la barre. Il n’en faut pas plus pour que Didier Deschamps déclare que « les Girondins ont eu beaucoup de réussite défensive et nous pas de réussite offensive. Ce fut un match de haut niveau, que nous n’avons pas pu gagner par malchance, avec des transversales et un poteau. » Mais la malchance est à mettre au crédit des deux formations. Légèrement supérieurs techniquement et dans le jeu en deuxième mi-temps, les Girondins devaient avoir match gagné à la 89ème minute lorsque Jussiê, sur un corner de Gourcuff et une déviation de Wendel trouve le chemin des filets. Mais Monsieur Gautier, l’arbitre du match, lui, ne regarde pas le ballon mais un duel rugeux Ciani – Taiwo et siffle une faute qui annule le but décisif. Une faute qui n’influe en rien sur le but, mais faute quand même ! Marseille aura beau avoir eu les plus grosses occasions, Bordeaux aurait du légitimement repartir de la cité phocéenne avec trois points de plus et une série de 15 victoires consécutives (record détenu par le Real de Di Stephano et le Bayern de 2005 !) dans la besace. Laurent Blanc, lui, n’alimentera pas la polémique, et se satisfait de ce point obtenu, « Marseille a eu des occasions, il y a eu des poteaux. On a eu beaucoup de réussite ce soir, on n’a pas su développer notre jeu. On s’attendait à un combat, on l’a eu. On prend un point ce soir, c’est bien payé… ». Et revenant sur le fait du match, « peut-être que si on n’avait pas été au Vélodrome, il y aurait eu but. Mais on était au Vélodrome, donc il y a faute… » Toujours est-il que le champion en titre prend la première place du championnat, devant Paris et Lyon.
Le PSG et l’OL font le spectacle
Le Paris Saint-Germain s’est offert un dimanche après midi festif au Parc des Princes pour son deuxième match à domicile face à des Lillois aujourd’hui 18èmes du championnat avec 1 point. Sans être transcendantale, l’équipe de Kombouaré à assurer la victoire grâce à une réussite offensive retrouvée et une grande application dans le placement. Une victoire 3-0, un but venu d’ailleurs de Clément à la 27ème minute d’une demi volée de 20 mètres, et un Christophe Jallet impérial. Entré à la 71ème minute, l’ancien Lorientais s’est de suite illustré avec une passe décisive pour Luyindula et un but (plutôt chanceux) dans les arrêts de jeu. Antoine Kombouaré a pu savourer pendant quelques heures la première place du championnat avant que Bordeaux ne récupère son point de retard, « on a bien joué, on s’est procuré beaucoup de situations et, à l’arrivée, on marque deux superbes buts. C’est une énorme victoire, une belle satisfaction parce qu’on marque trois fois sans encaisser de but. Nous sommes contents d’être leaders, mais il y a encore beaucoup de chemin pour aller au bout. Je suis un entraîneur comblé et fier de ce que font les joueurs, car avoir dix points après quatre journées, c’est fantastique.» A noter dans les rangs parisiens le départ de Mateja Kezman, prêté un an au Zentih Saint Petersbourg. Peiné, Sammy Traoré exprime son sentiment dans les colonnes du Parisien « cela m’attriste, car c’est un ami. Mais il cherchait du temps de jeu et avec les “animaux” qu’il y a chez nous devant, c’était difficile ». On aura compris…
Du côté de Lyon, la machine semble être en fin de rodage. Victorieux 3-1 face à Nancy, les hommes de Claude Puel se sont imposés logiquement face à une équipe Nancéenne bien organisée et qui a joué crânement sa chance. Mais la nouvelle ligne d’attaque lyonnaise fait mal, très mal, et ce constat fut encore vérifié avec trois buts des trois recrues nommées Gomis, Lisandro et Bastos, auteur d’un but stratosphérique. Les équipes du « gros quatre » version 2010 ont des arguments à faire valoir et n’ont pour l’instant, pas encore failli.
Les promus jubilent
On aurait pu sans difficultés parier dès le début du championnat sur les équipes du « gros quatre ». Bordeaux, Paris, Lyon et l’OM en tête, compte tenu du recrutement et des forces en présence, cela n’a rien de très surprenant. Mais voir Montpellier s’intercaler à la quatrième place avec deux victoires et deux nuls, voir Lens, Boulogne et Lorient avec 7 points, ça c’est une belle surprise. Les trois promus sont donc dans les 8 premières places du championnat et contredisent ainsi tous les pronostics. Mais il reste encore 34 matches et bien futé celui qui peut s’avancer sur le dénouement des deux extrémités du classement. En attendant, savourons cette incertitude…
Vincent Ricau



