Cette 3ème journée de phase de poules de la Ligue des Champions fut riche, très riche. Les clubs français, à la peine ces dernières années dans la plus prestigieuse des coupes européennes, ont parfaitement redoré leur blason, grâce à un Lyon plein de coeur et de courage, et un Bordeaux maîtrisant son sujet.
Des Reds bien pâles
Anfield Road. Rien que ce nom fait trembler la plupart des clubs qui s’y rendent. Une seule formation tricolore avait réussi à s’imposer dans l’antre des Reds et c’était Marseille (tout le monde se souvient de cette lucarne splendide de Valbuena). Mardi soir, Lyon a rajouté une page à son histoire et à celle du football français. L’équipe de Claude Puel a démontré une fois de plus que l’expérience européenne est un atout certain. Pris à la gorge par un but de Benayoun, les Lyonnais ont parfaitement su réagir. Le scénario du match avait de quoi laisser songeur. Gerard, hors du coup et en manque de rythme, a quitté la pelouse 25 minutes après le début de la rencontre, remplacé par Fabio Aurélio. Cris est sorti sur blessure, pour laisser sa place au jeune Gonalon qui a vécu une soirée extraordinaire. Non seulement il offre l’égalisation à ses partenaires, mais est également à créditer d’un excellent match à un poste d’arrière central qui n’est pas le sien. Le jeune homme de 20 ans se souviendra longtemps de son premier but en pro… Comme un vieux briscard, le Lyon de Claude Puel a su prendre son temps pour revenir dans le match. Et quel meilleur scénario que de prendre l’avantage à la 91ème minute ? Et sur une action magnifique s’il vous plaît, conclue par Delgado. Résultat : 2 buts à 1 pour Lyon, une nouvelle page s’ouvre pour les Gones, mais aussi pour les Reds qui devront batailler comme jamais pour arracher leur ticket pour les huitièmes de finale. La joie de Claude Puel à la fin du match en dit long sur la volonté de gagner ces matches si difficiles à négocier. Lyon trône fièrement et solidement à la première place de son groupe et à 9 orteils et demi, en huitièmes de finale.
Bordeaux, une histoire de penalty
Hier soir, on était sûr que Bordeaux pouvait faire un résultat face à un Bayern Munich orphelin de ses deux dynamiteurs, Robben et Ribéry. Et ça change beaucoup de choses. Résultat, les Bavarois furent vite dépassés par les évènements et commencèrent à accumuler les fautes. Contre le cours du jeu, le malheureux Ciani offrit l’ouverture du score aux visiteurs, en déviant dans ses propres buts un corner tiré à la 6ème minute. Douche froide pour les Girondins. Mais les fautes allemandes continuaient à s’enchaîner pour aboutir à l’expulsion de Müller dès la 30ème minute. Dès lors, on se dit que ce match ne peut pas échapper aux hommes de Laurent Blanc. D’autant qu’une minute avant, Ciani (encore lui) égalisait sur corner par une magnifique « Madjer » aérienne. Quelle force mentale pour ce joueur qui, après avoir inscrit un CSC malheureux, a eu la hargne pour s’arracher sur cette action, et qui était passablement ému après ce coup d’éclat. Les défenseurs étaient à l’honneur dans cette partie, puisqu’à la 40ème minute, Planus donnait l’avantage aux siens, par un but que l’on pourrait qualifier de « racro ». Mais ça suffit. Puis, fait rare dans un match de ce niveau, les Bordelais se sont payés le luxe de rater deux penaltys. Un par Gourcuff, et là il s’agit de faire une petite parenthèse. En manque de rythme, le meneur de jeu des Bleus n’a pas éclaboussé le match de son talent, loin de là. Et lorsqu’il prend la décision de tirer le penalty, il se doit de prendre le moins de risque possible. Qu’est ce qu’il nous tente ? Une panenka… Bien trop prétentieux pour ce garçon de 23 ans, qui, en plus, n’était pas à créditer d’un match ne serait-ce que correct. Il s’enflamme, tire une Panenka sur la droite (donc complètement ratée), et Butt, qui était à l’origine du penalty, parvient à sortir cette feuille morte, qui n’avait rien à faire là. La parenthèse est refermée. Ensuite, c’est Jussié qui s’y est collé. Même côté, même sanction, Butt arrête une nouvelle fois le penalty. Deux dans le même match, c’est beaucoup. Beaucoup trop. Mais cela n’a finalement pas eu de conséquence, puisque Bordeaux s’est imposé 2 buts à 1 sur leur pelouse, faisant ainsi, un pas de plus vers la qualification.

Marseille à l’arrache, Milan crée la surprise
Dans les autres matches, l’OM s’est imposé à Zurich au terme d’une rencontre insipide, qui a vu Gaby Heinze marquer son deuxième but dans la compétition. Marseille reste cependant à 3 points des deux premiers, Milan ayant battu Madrid à Bernabeu. Voilà un signe fort qu’ont envoyé les Milanais à l’Europe du foot. Cette équipe semble capable du meilleur, comme du pire. Capable de perdre à San Siro, et capable d’aller battre Madrid en Espagne. Avançons-nous un poil, ce Milan là n’est pas mort et pourrait encore étonner son monde.
Sébastien Béquerel










