Surnommé « le Mage » dans son pays natal, le Colombien de Monaco, Juan Pablo Pino, a connu une intégration très difficile avant de s’imposer cette saison comme l’une des révélations offensives de la Ligue 1.

Photo: Hugues Anhes
POURQUOI AVOIR CHOISI DE VENIR à MONACO ?
Tous les joueurs sud-américains ont le rêve d’évoluer en Europe. Lorqu’on a de l’ambition, c’est un pas qu’il faut franchir pour avancer. J’avais plusieurs propositions de clubs et après en avoir discuté avec mon agent, j’ai opté en 2007 pour Monaco qui a pas mal insisté pour m’avoir.
QU’EST-CE QUI T’A LE PLUS SURPRIS EN ARRIVANT ICI ?
Tout ! Arriver ici, c’est un changement complet. Ta vie se retrouve totalement modifiée. La langue n’est pas la même, tout comme le climat, la nourriture, la manière de jouer au football. Les différences entre ces deux pays sont si nombreuses ! C’est important d’essayer de s’adapter à tout ça le plus rapidement possible. Aujourd’hui, je me sens vraiment très bien ici.
MAIS TON ADAPTATION A ÉTÉ TRÈS DIFFICILE…
Oui, pour toutes ces raisons. Et puis, n’avoir personne à qui parler et nulle part où aller, c’est extrêmement difficile. Je suis quelqu’un qui essaie toujours de s’intéresser aux autres. En Colombie, j’étais toujours bien entouré et ma famille compte énormément. En plus, je ne jouais pas beaucoup en arrivant à Monaco. La première année n’a pas été évidente du tout. Je suis arrivé, j’étais jeune, je ne connaissais pas ce championnat et je ne jouais que quelques minutes par match. Cinq minutes par ci, dix minutes par là, un match sans jouer… Je ne me sentais pas bien.
ALORS, TU ES PARTI EN BELGIQUE PENDANT SIX MOIS…
Oui, j’ai été prêté à Charleroi. Malheureusement, j’ai été beaucoup blessé et je n’ai pas joué beaucoup plus. Il a fallu que je m’adapte de nouveau à un environnement et à un football différents. Et il faisait encore plus froid qu’à Monaco ! J’étais venu pour évoluer et me faire plaisir, et je n’ai finalement joué que quatre matches. Mais j’avais dans la tête d’essayer de devenir toujours plus fort et de réussir à Monaco. J’ai le sentiment d’y être un peu parvenu cette saison.
QUELLES SONT LES QUALITÉS NÉCESSAIRES A UN JOUEUR SUD-AMÉRICAIN POUR RÉUSSIR EN FRANCE ?
Je crois que le plus important, c’est de ne pas changer le footballeur que l’on était en Amérique du Sud. Il faut continuer à jouer avec nos qualités de départ tout en essayant de s’adapter. En France, le jeu est bien plus physique, plus rapide surtout. Chez moi, durant une rencontre, on a le temps de garder le ballon, de faire des pauses. Ici, le jeu ne s’arrête vraiment jamais ! Mais à partir du moment où tu as un niveau physique suffisant, ça devient possible de faire parler tes qualités techniques naturelles.
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