Malgré un palmarès qui fait de lui un des meilleurs joueurs français de l’Histoire, Thierry Henry s’est retrouvé au coeur d’une polémique, pour avoir envoyé la sélection nationale en Afrique du Sud par un coup de main du destin. A suivi une tempête médiatique, parfois proche du dénigrement, qui ferait oublier que derrière ce joueur d’exception, se cache un homme de 32 ans presque comme les autres.
Thierry porte une chemise Hugo boss et un track Zip Reebok
Thierry porte une doudoune Moncler, T-shirt et des chaussures Reebok et un jean Wesc.



Ses états de service sont flatteurs. En équipe de France, à Arsenal ou au Barça, Thierry Henry a tout vu et surtout tout gagné : Coupe du monde, Euro, Ligue des champions, sans oublier ses multiples titres de champion national. Sportif préféré des Français en 2008, le natif des Ulis (Essonne) faisait jusque là l’unanimité pour son attitude exemplaire, chez nous comme à l’étranger. Et puis, il y a eu cette qualification pénible, laborieuse. Il fallait vraiment être au Stade de France lors de cette soirée maussade du mercredi 18 novembre pour comprendre. Vivre 120 minutes de peur et de suspense insoutenable. Assister à la déception du public après le but refusé de Govou et le penalty non sif!é sur Anelka. Exploser de joie suite au but libérateur de Gallas. Soyons honnêtes : du terrain, personne n’a rien vu. Une fois de plus, l’arbitrage vidéo a prouvé sa nécessité, là où l’arbitre a montré ses limites. Ensuite, à chacun de faire son travail. Thierry Henry a quant à lui permis d’envoyer une nouvelle génération de joueurs disputer une compétition à laquelle il a participé trois fois de suite. Cette génération, Henry, qui vient de nous rejoindre dans un studio photo de Barcelone juste après son entraînement du matin, nous la décrit comme brillante. « En France, on a toujours eu de bons joueurs, qu’ils soient jeunes ou confirmés. On peut le vérifier aujourd’hui. De nos jours, toutes les grandes équipes courent après nos jeunes. Ça veut dire ce que ça veut dire. Il y a une génération qui arrive, elle est douée, et ça, tout le monde le sait. J’espère juste qu’elle fera briller le football français dans le futur. »
QUESTION DE GÉNÉRATIONS
Avant de briller et d’embrasser la carrière internationale qu’on lui connaît, Thierry Henry a dû gagner sa place à la sueur de son front : des débuts à Monaco à son nouveau défi réussi à Barcelone, entrecoupés d’un passage éclair à la Juve et de la consécration à Arsenal. Issu de la génération 98, il s’est retrouvé au contact à la fois de l’ancienne et de la nouvelle école, ce qui lui permet de mesurer l’évolution des rapports entre les joueurs. « Quand je suis arrivé dans le groupe France, je me souviens que c’était autre chose. Les joueurs étaient beaucoup plus durs, c’était vraiment à l’ancienne. Les jeunes devaient écouter les anciens et faire ce qu’ils leur disaient. C’était au jeune d’attendre, de voir où les anciens allaient s’asseoir par exemple. Par contre, sur le terrain, il n’y avait plus d’histoire de jeunes et de vieux, il fallait montrer que tu étais aussi présent qu’eux et que tu allais te mettre à leur niveau. Maintenant c’est différent car la société a évolué. De nos jours, c’est plutôt à nous d’aller vers eux. Je pense que ce n’est pas plus mal que ça ait changé. À nous de nous ouvrir aux jeunes parce que quand tu arrives dans un groupe, c’est toujours bien de te sentir accueilli et de pouvoir t’exprimer. » Un constat qui nous ramène à ses premiers pas monégasques, à la Coupe du monde 1998 et à cette image émouvante d’un jeune Thierry Henry ivre de joie, qui déboule sur le terrain bras ouverts après le but d’Emmanuel Petit. Pour avoir vécu des moments comme celui-là, l’attaquant du Barça aurait facilement pu se complaire dans le rôle du grand frère inaccessible et intimidant. Mais Henry partage une toute autre philosophie. « Quand je suis arrivé en sélection, il fallait que je m’asseye à côté de Zidane, Deschamps, Desailly, Blanc, Djorkaeff, Petit… Si jamais tu te sens intimidé, tu ne viens pas là ! Quand je rentrais sur le terrain, les mecs ne se posaient pas la question de savoir si j’étais intimidé ou pas. Ils se disaient : ‘Le petit, il faut qu’il nous aide comme nous allons essayer de l’aider’. Le truc, c’est qu’il faut qu’on soit tous ensemble. Quand on joue, il n’y a pas d’histoire d’une, deux ou cent sélections. Il faut que tout le monde prenne ses responsabilités et fasse ce qu’il y a à faire »
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