A 25 ans, Lorik Cana affiche déjà 139 matchs au compteur. Formé au PSG, lancé en Ligue 1 à 20 ans, il est aujourd’hui le patron de l’OM. Arrivé en Aout 2006 sur la Canebière, l’Albanais a su s’ imposer rapidement et est devenu une pièce maîtresse de l’équipe.

Lorik porte un ensemble Borsalino

Lorik porte un pull et une casquette Dunhill ainsi qu’un pantalon Borsalino.
Ne vous fiez surtout pas à son apparence. À sa gueule d’ange, à son regard ténébreux et à son sourire charmeur. Sur un terrain, Lorik Cana n’a rien d’une gravure de mode. Il percute, sulfate, pose le pied là où d’autres ne mettraient même pas le petit doigt. « C’est le genre de joueur avec lequel vous partiriez à la guerre », déclare de manière imagée Eric Gerets, le coach marseillais. La jouer muscler, Cana sait faire. Pas seulement en match. Le capitaine de l’OM peut tout à fait hausser le ton à la mi-temps quand ses partenaires s’avèrent atones. Ou bien hurler à en faire lézarder les murs du vestiaire, s’il juge son interlocuteur mahonnête. « Je peux être très dur avec mes coéquipiers ou avec le groupe, martèle Cana. Mais jamais gratuitement. La plupart du temps, je suis plutôt partisan d’un dialogue constructif. La limite que je me pose en tant que capitaine, c’est de ne pas me substituer au coach, qui sait d’ailleurs très bien se faire entendre de l’équipe. Disons que je suis un intermédiaire attentif qui peut parfois se fâcher. » Formé au PSG, propulsé à 20 ans en Ligue 1, Lorik la « jeune pousse » parisienne s’est métamorphosé en Cana « le vieux routier » des pelouses de L1 après seulement trois saisons sur la Canebière.
REVELE A L’OM
À 25 ans, il affiche déjà 139 matches au compteur et tient la taule du plus grand club français de l’histoire ! Son secret de fabrication ? Le maillot olympien, qui agit sur lui comme un révélateur. Cana : « À l’OM, j’ai explosé. J’ai progressé dans tous les domaines. En technique, en expérience, en leadership mais également en tant qu’homme. Je suis plus épanoui. » D’autant plus que le peuple de Marseille en a fait son chouchou, avec Steve Mandanda et Mathieu Valbuena. « J’ai découvert ici une passion sans équivalent, même si je venais du PSG, un club qui bénéficie d’un gros soutien populaire, analyse le capitaine de l’OM. Les Marseillais sont ahurissants. Il n’y a pas un aéroport en France ou à l’étranger qui ne soit pas bondé de supporters olympiens lorsqu’on doit s’y déplacer. Si je suis apprécié par les Marseillais, c’est parce qu’ils savent que je ne triche pas. Je donne tout. De toute manière, un capitaine se doit d’être exemplaire. » Ce foisonnement populaire se révèle parfois étouffant. Pour Cana, il n’est pas toujours aisé de circuler dans la cité phocéene. « Marseille, c’est une passion. Mais qui peut se révéler parfois démesurée, glisse-t-il laconiquement. À l’agitation de Marseille, le milieu défensif a préféré le calme de Cassis, dans l’arrière-pays aubagnais, où il a élu domicile dès son arrivée. « J’aime me balader sur les plages, j’apprécie cette région et les gens qui la peuplent, assure le capitaine olympien. Je vis plus tranquillement loin de la ville. »
FOU DE VITESSE ET DE LITTÉRATURE
Cana se trouve aussi parfaitement positionné pour rayonner vers les nombreux circuits automobiles qui pullulent dans la région. Car derrière le foot, le pilotage est la seconde passion de l’international albanais. Cana : « Si je n’avais pas été footballeur professionnel, je me serais bien vu pilote automobile. Dès que j’en ai l’occasion, je prends ma voiture, une Porsche GT 2, et je vais enchaîner les tours de pistes au Castelet ou sur des circuits près d’Istres et Martigues. J’y allais souvent avec Fabien Barthez, quand il était encore à l’OM (en 2005-2006). En plus de la passion pour le pilotage, on est tous deux super fans de la marque Porsche. » Pied au plancher, les mains cramponnées au volant de son bolide, Cana assouvit sa pulsion pour les sensations fortes. « J’ai besoin de ma dose quotidienne d’adrénaline, avoue Cana. Le foot me l’amène, la conduite le complète. J’appréhende le pilotage de la même manière qu’un match. Quand je fais une faute, j’essaie de l’analyser en profondeur puis je trouve des réponses pour ne pas la renouveler. Comme pour le foot, je crois que j’ai une très grosse marge de progression. » Tempétueux dans un stade ou incisif sur une piste, Cana se comporte toutefois à l’opposé en privé. Cana l’homme civil s’avère plus posé, patient et même cérébral. « Mon autre passion, c’est l’Histoire, et plus particulièrement l’Histoire antique », avance-t-il sans ambages. Sa dernière lecture ? « Albanie ou l’incroyable odyssée du peuple préhellénique », de Mathieu Aref. « J’adore les livres d’Histoire. Je dois en avoir près de 200 dans ma bibliothèque, dont une bonne centaine sur l’Histoire antique et le peuple albanais. » Cana va bientôt s’entretenir sur le sujet avec Ismaël Kadaré, le plus grand écrivain albanais. « C’est un très grand auteur qui a failli décrocher le Prix Nobel de Littérature. Il habite à Paris, et moi-même j’y vais régulièrement pour voir mes parents, annonce Cana. On s’est promis de se voir, a priori avant la fin de l’année. » Le milieu de terrain aura l’occasion de confronter les réponses de Kadaré aux questions sur le sens de l’humanité qui le taraudent sans cesse. « Mon carburant dans la vie, c’est de comprendre d’où je viens et où je vais, affirme Cana. Ça explique peut-être pourquoi je suis passionné par l’Histoire de mon peuple. »
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quelle merveille ce garçon !! qu’il soit sur un stade ou dans un studio de photo tout lui va !! mon seul regret : de ne pas avoir pris le temps d’aller le voir jouer à Marseille alors que j’y habite à 3/4 d’heure, et le voilà parti pour un club britannique ! bon vent Lorik !