Ludovic Obraniak

Posted by Surface On janvier - 21 - 2013

Il fait partie des meilleurs transferts hivernaux de la ligue 1. Mais Ludovic Obraniak est aussi et surtout, un français pure souche, qui jouera le prochain euro avec le pays hôte : la Pologne. L’occasion pour lui de découvrir les compétitions internationales et de renouer avec une culture avec laquelle il n’avait rien à voir.

12 août 2009. Pour la première fois de sa vie, Ludovic Obraniak pose les pieds sur sa terre d’origine, la Pologne. Il ne connaît rien du pays, mais poussé par les médias polonais et son envie de découvrir les grands événements de la planète foot, il choisit de demander la double nationalité. N’ayant jamais cru en ses chances avec les Bleus, il n’hésite pas longtemps avant d’accepter le challenge proposé par la Pologne. Il débarque alors comme un cheveu sur la soupe dans une sélection dont il ne connaît pas les codes, et encore moins la langue et la culture. Dans le vestiaire, on le regarde comme un intrus, et sur le terrain aussi. En guise de réponse, il plante un doublé dès son premier match, contre la Grèce. En plein apprentissage de la quatrième langue la plus dure au monde, il se prépare à vivre pour la première fois, le plus grand événement de sa jeune carrière internationale. Juste avant la dernière journée du championnat de France, il s’est confié à Surface sur sa difficile intégration au sein de l’équipe polonaise, et ses espoirs de gloire avec le pays de ses ancêtres.

Que représente la Pologne pour toi ?

Pas grand-chose à la base, je n’ai pas du tout grandi dans la culture polonaise. Ça a sauté une génération. Je me suis vraiment intéressé à mes origines il y a 4/5 ans lorsque j’ai commencé à faire mes démarches pour la double nationalité. En fait je suis allé en Pologne pour ma première sélection ! Ça paraît bizarre, mais c’est réel.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire ces démarches pour la double nationalité il y a quatre ans ?

Il y a un journaliste polonais qui m’a suggéré l’idée, après mes sélections en France espoir. Il s’est demandé pourquoi je ne jouerais pas en Pologne. Et ce sujet-là a été repris par quelques journalistes qui m’ont appelé et m’ont demandé si toutefois ça pouvait m’intéresser. À la base ce sont uniquement les médias qui ont lancé le débat. En moi, l’idée a fait son chemin et je me suis dit « pourquoi pas ? » Il y avait évidemment l’optique de l’Euro, il ne faut pas se mentir. Et c’était aussi l’occasion de renouer avec mes origines. Finalement, je me suis dit « allez, je tente le coup » et j’ai réuni tous les papiers pour avoir la nationalité.

Tu n’as donc pas été du tout contacté par la fédération polonaise ?

Non, pas à ce moment-là. Ça n’a été que très tard à partir du moment où j’ai pu avoir tous les papiers en ma possession que j’ai eu le fameux coup de fil de la fédé qui m’a demandé si je voulais rejoindre l’équipe nationale ou pas.

Donc tu es en train de prendre des cours de polonais ?

Là je suis en semaine intensive de polonais ! Ça fait 6 jours que tous les après-midi, je suis des cours de polonais pour arriver avec un peu plus d’aisance sur le championnat d’Europe. C’est la quatrième langue la plus dure au monde et je ne te cache pas que c’est compliqué. Donc par respect pour mes origines et pour les gens qui me soutiennent là-bas, je me dois de m’améliorer sur l’aspect linguistique. Après c’est surtout par rapport aux journalistes, dans les interviews, pour que je puisse au moins baragouiner quelques mots, que je puisse exprimer mes émotions, au travers du polonais !

Quelle image tu avais de ce pays avant d’y mettre les pieds ?

Je ne connaissais que les clichés : les gens sont froids, ce n’est pas très joli, il ne fait pas beau, la vodka, les filles sont belles (rires) !

Quand tu es enfin arrivé sur place, les clichés se sont-ils un peu envolés ?

Pas tous ! C’est vrai que les gens peuvent paraître très froids mais une fois que tu les connais, ils sont très chaleureux. Ce sont des villes qui sont remplies d’histoire et un pays avec un vrai passé.

T’as vraiment senti cette fierté de tout un pays prêt à accueillir un événement comme celui-là et à prouver au reste de l’Europe qu’il est capable d’assurer ?

Ils ont accordé tellement d’énergie pour s’ouvrir un peu, pour ouvrir les frontières, que les gens se déplacent, qu’ils puissent avoir une autre image de la Pologne. Le vrai challenge, c’était vraiment de changer l’image de la Pologne et des Polonais.

Lorsque tu t’es tourné vers la sélection polonaise, c’est que tu y voyais aussi l’opportunité de jouer l’Euro, contre des grandes équipes européennes ?

Oui, bien sûr et c’était aussi l’occasion de découvrir le milieu international ! C’est une grande découverte, une aventure humaine extraordinaire. Ça change aussi de la routine d’une saison. J’avais vraiment envie de vivre ça et la Pologne me donne l’opportunité de le faire. Je ne regrette pas un seul instant d’être devenu international, ni d’être devenu polonais. J’ai déjà vécu de grandes choses et j’espère pouvoir en vivre encore.

Est-ce que tu penses que tu n’aurais pas pu avoir ta chance en équipe de France ?

Non, et je ne me suis jamais posé la question. Quand je vois la sélection et le nombre de joueurs talentueux qui sont restés sur le carreau…

Comment s’est passée ton intégration au sein du groupe polonais, en 2009 ?

Très difficile. Tu arrives un peu au milieu de nulle part : en pleine préparation des matches qualificatifs pour la Coupe du monde. Donc tu arrives au milieu d’un groupe qui travaille ensemble depuis quelques temps, tu prends forcément la place de quelqu’un. En plus, tu ne parles pas un mot de polonais, et personne ne te connait. Tu n’es pas dans les meilleures conditions.

On t’a regardé un peu bizarrement quand tu es arrivé ?

Carrément. On ne m’a presque pas adressé la parole. En plus je savais que je n’étais pas du tout le choix de l’entraîneur qui était en place. C’est clair que j’ai fait profil bas quand je suis arrivé. La chance que j’ai eue, c’est de marquer un doublé lors du premier match. Ça m’a donné de la crédibilité, de la légitimité que je n’aurais pas eu si ça s’était passé différemment.

Si tu n’étais pas le choix du sélectionneur, de qui étais-tu le choix ?

Des gens et des médias. C’est eux qui ont imposé cette idée-là. Il avait déjà fait son groupe pour les éliminatoires de la Coupe du monde, et je n’en faisais pas partie. À raison ou à tort. Mais moi-même je trouvais ça normal quelque part. Tu pars avec un groupe et tu te fais imposer quelqu’un. Il m’a pris et m’a fait jouer la deuxième mi-temps contre la Grèce. Manque de pot pour lui, j’ai mis deux buts ! Donc il a été obligé de me prendre (rires) !

Les relations n’étaient donc pas vraiment au beau fixe…

C’est le moins que l’on puisse dire. Et même après. Je fais une très bonne première période contre l’Irlande du Nord, mais il me sort à la mi-temps. Sur les deux autres derniers matches, pareil il m’a sorti. J’ai vite compris qu’il ne m’avait pas à la bonne. Il n’était pas forcément convaincu. Il avait ses convictions, quitte à mourir avec elles.

Mais alors comment as-tu géré le fait de ne pas être désiré ?

J’aime bien casser les codes. Je suis quelqu’un qui, bizarrement, n’aime pas faire l’unanimité. Je peux aussi être solitaire par moment, donc me retrouver seul et ne pas parler, ça ne me gêne pas plus que ça.

Tu ne connaissais vraiment personne dans ce groupe polonais ?

Il y avait Grégor Krychowiac, qui était à Bordeaux à l’époque et qui parlait français. Donc il a pu faire le lien avec le reste du groupe. Il y en a certains qui sont venus spontanément vers moi, d’autres pas.

Ça doit être dur à gérer de faire prof il bas comme cela…

Surtout que je n’étais pas forcément connu au niveau européen. Ils se sont dits « mai s attends, il vient là, il vaut quoi ? » Tu n’as pas le droit à l’erreur, mais tu as intérêt à prouver si tu veux te faire respecter par les autres. Donc le fait de marquer deux fois, ça a calmé les esprits tout de suite. J’ai mis tout le monde d’accord, et ça a facilité grandement mon intégration. Et puis, ça va beaucoup mieux avec le nouveau coach. C’est lui qui m’a poussé à apprendre le Polonais, il m’a mis la pression par rapport à ça, et par rapport au temps de jeu que je n’avais pas à Lille.

C’est ce qui t’as poussé aussi à signer à Bordeaux ?

C’est rentré en ligne de compte. Mais c’était surtout pour moi, ma forme etc. Ma situation à Lille commençait vraiment à devenir chaotique. Mentalement et nerveusement, je commençais à être irrité et irritable. Je me suis dit que c’était le moment de partir. Le rôle de joker ne me satisfaisait plus.

Il y avait de la méchanceté envers toi ?

Non pas de méchanceté, mais j’ai ressenti beaucoup d’indifférence. Même encore maintenant, ce n’est pas établi. Je ne fais pas partie intégrante du groupe, et je ne me sens pas intégré. Je savais que je n’étais pas le bienvenu pour certains, parce que peut-être je prenais la place de leur pote, ou que je pouvais faire de l’ombre. Je savais à quoi m’attendre aussi. Mais c’est tout de même un peu plus facile qu’au début. Le cap à franchir, c’est de commencer à parler un peu la langue.

Comment tu te comportes du coup dans le vestiaire ?

Ah c’est sûr que je fais moins le pitre que dans le vestiaire des Girondins (rires). Mais au fur et à mesure des sélections, on commence à s’apprécier. Au début il y avait forcément des préjugés, mais on apprend à se découvrir petit à petit.

Ludovic Obraniak ©Vivien Lavau

Geraldo Wendel

Posted by Surface On avril - 21 - 2010

Né en 1982 à Mariana, au Brésil, Geraldo Wendel est arrivé en France à 24 ans. Devenu un joueur essentiel des Girondins, il a réussi à s’intégrer parfaitement dans un pays si différent du sien qui, aujourd’hui, fait entièrement partie de lui. Au point de rester dans le Sud-Ouest, même pour les vacances.

En général, les footballeurs arrivent seuls. Souvent, ils sont accompagnés par leur agent, parfois par un ami. Geraldo Wendel nous a rejoint, lui, au Regent Hotel de Bordeaux, avec sa femme et sa petite fille. Ce qui en dit long sur le personnage, simple et tranquille. À l’heure de démarrer le shooting photo, le Brésilien se laisse guider sans sourciller, avec la gentillesse et la timidité qui le caractérisent. L’exercice l’amuse, mais il reste fidèle à sa ligne de conduite : « Même si tu es nul, il faut te donner à fond… » Peu présent dans les médias, il a accepté de se confier à Surface sur son enfance au Brésil, ses premiers pas dans le football et son attachement à Bordeaux et à la France. Avant de finir cette rencontre par une jolie photo de famille : celle d’un homme qui semble avoir trouvé sa place, au calme, dans une région qui lui va si bien.

Footballeur « du Lundi Au Lundi »
Arrivé en France en 2006, à l’âge de 24 ans, Geraldo Maurício e Silva Wendel a passé ses dix première années de footballeur au Brésil, le plus grand vivier de « magiciens » du monde. Tous les amateurs de foot ont dans leur tête l’image de ces enfants nés avec un ballon rond entre les pieds. Des gamins qui, dès la fin de l’école, se réunissent n’importe où et n’importe quand, pour taper dans le cuir et pratiquer ce qui, dans ce pays, est une véritable religion. Issu d’une famille modeste, Wendel a été l’un des ces gamins, bercé par le bruit et les rebonds de la sphère, primordiale pour les enfants du pays. Souvent là-bas, le football représente une échappatoire pour ceux qui  désirent plus et rêvent d’autre chose. « Au Brésil, il y a beaucoup de  difficultés sociales. Quand tu viens d’un milieu humble, tu attends Noël pour avoir des cadeaux. Aujourd’hui, c’est grâce au football que je peux donner  plus de bonheur, de cadeaux et de tranquillité à ma famille et à mes enfants. » Cette tranquillité, il l’a finalement trouvée en Gironde, il y a quatre ans, au  sein de la meilleure équipe française du moment. Avant d’en arriver là,  Wendel a appris le football dans la rue, avec ses amis, en s’obstinant à ne jamais s’arrêter de jouer. « J’étais toujours avec un ballon sous le bras. Toute  la journée. J’étais à l’école de 7h à 12h. L’après-midi, vers 15h et jusqu’à 19h, j’étais sur les terrains de Mariana. Comme on dit au Brésil : du lundi au lundi,  je tapais dans la balle. » Alors qu’en France, les parents voient en leurs  enfants des futurs médecins ou avocats, au Brésil, c’est en footballeurs que  les papas imaginent leurs fils. Comme si être né dans ce coin de l’Amérique du  Sud offrait un don à chaque nouvel être qui voit le jour. Dans un pays où  le programme « faim zéro » a été lancé par le président Lula, c’est parfois la  population qui se prive de sa propre initiative. « Il y a des parents qui ne  mangent pas au déjeuner ou au dîner pour que leurs gosses puissent prendre le bus pour aller en centre de formation. Au Brésil, les pères font plus  qu’encourager leurs fils à jouer au foot, ils les poussent carrément. Quand  une femme est enceinte et qu’on lui demande le sexe de l’enfant, si elle  répond : ‘C’est un garçon’, aussitôt on lui dit : ‘Il va être footballeur !’ (rires). »

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photos : Hugues Anhes

Marouane Chamakh

Posted by Surface On février - 23 - 2010

Quel sera son prochain club ? Arsenal ? Liverpool ? Le futur départ de Marouane Chamakh est devenu un feuilleton médiatique à rebondissements. Le Franco- Marocain souhaite quitter Bordeaux à la fin de la saison et préserve le suspense sur sa future destination. Arrivé à maturité grâce à Laurent Blanc, l’attaquant chéri des Girondins se concentre malgré tout sur les défis d’une équipe de plus en plus ambitieuse. Pour lui, l’avenir se conjugue au présent.

Le soleil est couché depuis quelques minutes lorsqu’une longiligne silhouette se présente dans le hall du Regent Grand Hotel de Bordeaux. Malgré la fatigue dûe à une coriace séance d’entraînement, Marouane Chamakh transpire la décontraction et le bien-être lorsqu’il débarque dans le prestigieux palace. Il est ici chez lui, dans une ville, une ambiance, un style de vie qu’il connaît par coeur. Durant la séance photo au parfum so british, une famille marocaine ne peut s’empêcher de lui demander d’immortaliser sa présence, peut-être bien consciente qu’il s’agit là de ses derniers mois sur les bords de la Garonne.

Fidèle aux Girondins de Bordeaux depuis l’âge de 16 ans, Marouane Chamakh a connu dans cette ville joies et désillusions, pour finalement atteindre l’an dernier la plus haute marche du championnat, détrônant un Lyon hégémonique. Régulier et efficace, ce joueur étrangement altruiste pour un attaquant de pointe a pris une dimension supplémentaire depuis l’arrivée en 2007 de Laurent Blanc et de son homme de terrain, Jean-Louis Gasset. « Ce n’est que du bonheur depuis trois ans. Mes quatre premières années en pro se sont bien passées mais elles furent stériles au niveau du palmarès. Là, je gagne des titres et j’y ai vraiment pris goût. » Comme il l’avait déjà annoncé il y a un an dans les colonnes de Surface, le moment est donc venu pour lui de partir l’esprit léger vers d’autres cieux, avec le sentiment du devoir accompli. « Ma priorité, c’est de goûter à la Premier League. Peut-être cet été : j’arrive en fin de contrat en 2010. Partir à la fin de la saison, ça permettrait au club de toucher de l’argent », nous confiait-il en février 2009. Depuis plus de six mois, tout s’est accéléré. L’affaire Chamakh alimente les colonnes de la presse sportive des deux côtés de la Manche.
Un mal pour un bien

Peu habitué à un tel déferlement médiatique, Marouane Chamakh s’en étonnerait presque. « Il y a une focalisation sur mon cas mais c’est normal du fait de mon statut contractuel. Il m’a vraiment fallu faire abstraction de tout ça ». Parfois maladroit face aux journalistes, il se réserve désormais le droit de ne plus communiquer jusqu’à la fin du mois de mars, après le fatidique match retour des huitièmes de finale de la Ligue des Champions face à l’Olympiakos. « Si on parle de moi dans un futur club, ce ne sera pas évident car je suis encore bordelais jusqu’à la fin de la saison,j’ai des obligations. Je souhaite rester en retrait vis-à-vis de tout ça pour me focaliser sur les enjeux du club, sur le terrain. Je déciderai seul d’annoncer mon départ quand bon me semblera. Vers la fin mars je pense. Mais je ne serais plus bordelais, c’est une certitude. » Bordeaux caracole en tête du championnat, et s’est hissé en finale de la Coupe de la Ligue. Son fidèle buteur, déjà auteur de huit réalisations en L1 depuis le début de la saison, se consacre aujourd’hui entièrement à bonifier sa dernière année girondine. Même si ses doléances sont claires. « Je vais émettre le même souhait que l’année dernière, c’est à- dire partir. J’assume et je ne le dis pas trois jours avant la fin du championnat. Je ne vais pas changer d’avis du jour au lendemain. Maintenant, ce qui est sûr, c’est que je veux finir en beauté, encore plus que l’année passée. L’été dernier, je n’ai pas pu partir alors que je le voulais. C’est un mal pour un bien car on a de grands défis à relever. Je ne regrette rien, au contraire.»

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Yoan Gouffran

Posted by Surface On août - 10 - 2009

D’un habile coup de tête lors de la toute dernière journée, il a offert le titre de champion de France à son club: Bordeaux. Le symbole d’une fin de saison réussie après une année pas toujours facile. Si Yoan Gouffran a grandi, c’est parce qu’il s’en est donné les moyens.

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TU ES ORIGINAIRE DE GUADELOUPE. QUEL RAPPORT ENTRETIENS-TU AVEC CETTE ILE ?
J’adore y aller ! Je suis né en région parisienne mais j’ai vécu en Guadeloupe  durant les trois premières années de ma vie. J’essaie d’y aller le plus souvent  possible: ma grandmère vit là-bas, tout comme mes oncles et mes tantes. Ça fait bien trois ans que je n’y suis pas retourné mais j’espère y aller  très vite ! Tout le monde est toujours super content de me voir, les gens me  félicitent parce qu’ils me regardent à la télé et que ça marche bien pour moi.

TU N’AS POURTANT JAMAIS JOUÉ EN SÉLECTION GUADELOUPÉENNE…
Non, c’est vrai. Ronald Zubar m’en a parlé une fois mais je n’étais pas trop  intéressé. Pas parce que je ne suis pas attaché à la Guadeloupe mais plutôt  parce que j’ai grandi en France. Je comprends le créole mais je ne le parle  pas. Il faut prendre l’accent et comme je suis un peu timide, je n’aime pas  trop ! Et puis, je préfère me concentrer sur mon club pour le moment. Un  jour peut-être que j’accepterai de porter le maillot guadeloupéen pour faire  plaisir aux gens. Mais plus tard.

D’OÙ VIENT CETTE PASSION POUR LES VOITURES ?
C’est venu comme ça. Au départ, je n’aimais pas spécialement ça. Et puis une  fois que tu en as une, tu la regardes, tu la trouves bien. J’ai déjà changé  de voiture six ou sept fois. C’est l’équipement qui m’intéresse, plus que la  vitesse. Déjà, les vitres teintées, j’adore. Si une voiture n’a pas les vitres  teintées, je ne la prends pas (rires). Après, c’est bien qu’elle aille vite mais  maintenant, tu ne peux plus trop rouler. Et puis, c’est dangereux. Un accident est vite arrivé.

QUE PENSES-TU DES FOOTBALLEURS QUE L’ON RETROUVE DANS LES PAGES FAITS DIVERS ?
Ça peut arriver. Je ne suis pas un saint non plus. L’alcool, faut faire attention  aussi. Si je conduis, je ne bois pas. Et puis c’est vrai qu’on a une image à  donner aux jeunes aussi. Rester poli, essayer de bien se comporter, c’est  super important. Rigoler avec eux aussi. C’est bien d’essayer de discuter un  moment avec les jeunes supporters. Il faut donner ce qu’on aimait recevoir  lorsqu’on était enfant. Quand j’étais gamin au Red Star, j’ai eu la chance de  voir Steve Marlet qui était venu m’entraîner. C’est un super souvenir.

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Souleymane Diawara

Posted by Surface On mai - 3 - 2009

Passé par le Havre, Sochaux, puis par le club anglais de Charlton, Souleymane Diawara s’impose désormais comme le pilier de la défense bordelaise. Véritable rempart, l’international sénégalais se paie parfois le luxe de marquer des buts décisifs, à l’image de son geste technique contre le PSG en Coupe de la Ligue.

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Souleymane porte un jean et un tee shirt Dolce&Gabbana

TON PASSAGE EN ANGLETERRE T’A PLU ?
Tout le monde pensait que signer à Charlton serait pour moi une erreur car c’était une équipe promue qui est directement redescendue en deuxième division. On a dit que jouer là-bas me ferait régresser, ce qui n’a absolument pas été le cas. À Charlton, je me suis éclaté et j’espère, pourquoi pas, pouvoir un jour retourner en Angleterre.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’ANGLETERRE ET LA FRANCE ?
Le jeu va beaucoup plus vite et les Anglais sont beaucoup plus agressifs. C’est une autre mentalité : il faut toujours aller de l’avant, marquer, gagner. Et puis le public est toujours derrière vous. Même si vous perdez 4-0, ils continuent de chanter. L’ambiance dans les stades est sans commune mesure. Nous étions classés dans les trois derniers et le stade était toujours complet.

TU ES L’UN DES PREMIERS jOUEURS À ÊTRE PASSÉ EN COMMISSION DE DISCIPLINE. QU’EN PENSES-TU ?
Je trouve cela un peu contradictoire. D’un côté, on ne veut pas d’arbitrage par vidéo, mais de l’autre on fait du visionnage après match. Ce n’est pas logique. Quand il y a des faits qui sont susceptibles de changer le cours d’un match, on ne revient pas dessus. Alors qu’on le fait pour autre chose.

QUAND EST-CE QU’UN PAYS AFRICAIN VA GAGNER UNE COUPE DU MONDE ?
On a des talents, tout ce qu’il faut, mais il y a toujours des petits détails qui font qu’on ne peut pas encore gagner une Coupe du Monde. L’Afrique est mal organisée. On ne te paye pas tes primes, tu ne reçois pas tes équipements etc… En France, on fait en sorte que tu ne penses qu’au foot. Maintenant au niveau du style de jeu, on n’a rien à leur envier, même si niveau expérience, les Européens sont largement en avance sur nous.

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