Quel sera son prochain club ? Arsenal ? Liverpool ? Le futur départ de Marouane Chamakh est devenu un feuilleton médiatique à rebondissements. Le Franco- Marocain souhaite quitter Bordeaux à la fin de la saison et préserve le suspense sur sa future destination. Arrivé à maturité grâce à Laurent Blanc, l’attaquant chéri des Girondins se concentre malgré tout sur les défis d’une équipe de plus en plus ambitieuse. Pour lui, l’avenir se conjugue au présent.

Le soleil est couché depuis quelques minutes lorsqu’une longiligne silhouette se présente dans le hall du Regent Grand Hotel de Bordeaux. Malgré la fatigue dûe à une coriace séance d’entraînement, Marouane Chamakh transpire la décontraction et le bien-être lorsqu’il débarque dans le prestigieux palace. Il est ici chez lui, dans une ville, une ambiance, un style de vie qu’il connaît par coeur. Durant la séance photo au parfum so british, une famille marocaine ne peut s’empêcher de lui demander d’immortaliser sa présence, peut-être bien consciente qu’il s’agit là de ses derniers mois sur les bords de la Garonne.
Fidèle aux Girondins de Bordeaux depuis l’âge de 16 ans, Marouane Chamakh a connu dans cette ville joies et désillusions, pour finalement atteindre l’an dernier la plus haute marche du championnat, détrônant un Lyon hégémonique. Régulier et efficace, ce joueur étrangement altruiste pour un attaquant de pointe a pris une dimension supplémentaire depuis l’arrivée en 2007 de Laurent Blanc et de son homme de terrain, Jean-Louis Gasset. « Ce n’est que du bonheur depuis trois ans. Mes quatre premières années en pro se sont bien passées mais elles furent stériles au niveau du palmarès. Là, je gagne des titres et j’y ai vraiment pris goût. » Comme il l’avait déjà annoncé il y a un an dans les colonnes de Surface, le moment est donc venu pour lui de partir l’esprit léger vers d’autres cieux, avec le sentiment du devoir accompli. « Ma priorité, c’est de goûter à la Premier League. Peut-être cet été : j’arrive en fin de contrat en 2010. Partir à la fin de la saison, ça permettrait au club de toucher de l’argent », nous confiait-il en février 2009. Depuis plus de six mois, tout s’est accéléré. L’affaire Chamakh alimente les colonnes de la presse sportive des deux côtés de la Manche.
Un mal pour un bien
Peu habitué à un tel déferlement médiatique, Marouane Chamakh s’en étonnerait presque. « Il y a une focalisation sur mon cas mais c’est normal du fait de mon statut contractuel. Il m’a vraiment fallu faire abstraction de tout ça ». Parfois maladroit face aux journalistes, il se réserve désormais le droit de ne plus communiquer jusqu’à la fin du mois de mars, après le fatidique match retour des huitièmes de finale de la Ligue des Champions face à l’Olympiakos. « Si on parle de moi dans un futur club, ce ne sera pas évident car je suis encore bordelais jusqu’à la fin de la saison,j’ai des obligations. Je souhaite rester en retrait vis-à-vis de tout ça pour me focaliser sur les enjeux du club, sur le terrain. Je déciderai seul d’annoncer mon départ quand bon me semblera. Vers la fin mars je pense. Mais je ne serais plus bordelais, c’est une certitude. » Bordeaux caracole en tête du championnat, et s’est hissé en finale de la Coupe de la Ligue. Son fidèle buteur, déjà auteur de huit réalisations en L1 depuis le début de la saison, se consacre aujourd’hui entièrement à bonifier sa dernière année girondine. Même si ses doléances sont claires. « Je vais émettre le même souhait que l’année dernière, c’est à- dire partir. J’assume et je ne le dis pas trois jours avant la fin du championnat. Je ne vais pas changer d’avis du jour au lendemain. Maintenant, ce qui est sûr, c’est que je veux finir en beauté, encore plus que l’année passée. L’été dernier, je n’ai pas pu partir alors que je le voulais. C’est un mal pour un bien car on a de grands défis à relever. Je ne regrette rien, au contraire.»
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