Passé par la Guadeloupe et les divisions mineures du foot français, Alberto Costa est le joueur qui symbolise le mieux la force surprenante que dégage Montpellier. À 25 ans, l’Argentin affiche désormais une ambition sans limites.
Dans le top 10 des expressions favorites des footballeurs, après les horripilants « mouiller le maillot » et « l’important, c’est les trois points », on retrouverait sans doute des formules du genre « réussir à tout prix » ou « faire tous les sacrifices possibles ». Souvent, à l’évocation de ces clichés, on ne peut s’empêcher de sourire et de se dire que quand même, le sens de l’exagération n’étouffe pas les sportifs. Alberto Costa est mieux placé que les autres pour exprimer ce discours. À 15 ans, guidé par l’envie de devenir pro, le milieu de terrain a quitté son pays et sa famille pour tenter sa chance en Guadeloupe, en sixième division ! Ce n’est que neuf ans plus tard, après avoir écumé les clubs mineurs, que le Montpelliérain est enfin parvenu à réaliser son rêve. Grande révélation de l’équipe surprise de cette Ligue 1 2009/2010, le gaucher de 25 ans, à la voix pleine d’assurance et au français à peine teinté d’accent, voit les choses en grand : d’ici deux ou trois ans, il compte bien obtenir une sélection en équipe d’Argentine. L’occasion de revenir chez lui par la grande porte.
SELON TOI, QUEL EST LE SECRET DE LA RÉUSSITE DE MONTPELLIER ?
L’an passé déjà, avec Rolland Courbis, le groupe formait presque une famille. La montée en Ligue 1 a contribué à le souder encore un peu plus. Dans cette équipe, il y a vraiment du talent, même s’il n’y a pas de stars. Le groupe est vraiment intéressant. D’un côté, il y a des joueurs comme moi qui ont vraiment beaucoup d’envie et de l’autre, des « vieux » (rires) qui apportent
énormément. Et puis, le coach travaille bien. Tout ça donne une belle osmose.
QUEL EST TON PROCHAIN OBJECTIF PERSONNEL ?
La sélection argentine. J’ai 25 ans, je me dis que d’ici deux ou trois ans, il faudrait que j’aie atteint cet objectif. En ce moment, tout le monde me demande si je compte rester à Montpellier à la fin de la saison. Ce n’est pas pour évacuer la question mais franchement, je n’en sais rien. Pour l’instant, je dois mettre tout ça de côté pour me concentrer sur le championnat et aider le club à terminer le plus haut possible. Je n’ai pas envie de m’éparpiller alors qu’on est en train de vivre un super truc. Si on joue la Coupe d’Europe l’an prochain, c’est bon pour moi, le sélectionneur pourrait avoir un oeil sur mes performances.
TU AS SOUVENT DIT QUE LE REAL MADRID TE FAISAIT RÊVER…
Oui, c’est le club que je regardais à la télé quand j’étais petit. Chacun de leurs matches me faisait rêver. Il y a des joueurs absolument incroyables, comme Raul. Ce sont des dieux. Dans la vie, il y a des rêves qui sont faits pour être réalisés. Mais il ne faut pas dire n’importe quoi. Je ne vais pas m’amuser à raconter que l’an prochain, je veux jouer au Real Madrid. Ce serait ridicule.
ENTRE L’ARGENTINE ET LA FRANCE, LA FAÇON DE VIVRE LE FOOTBALL EST TRÈS DIFFÉRENTE, N’EST-CE PAS ?
En Argentine, le football est un culte. Il y a des gens qui ne travaillent toute la semaine que pour se payer leur place au stade. J’ai déjà assisté à un River/
Boca, c’était un truc de malade. Dans le stade, on ne s’entendait plus. Au moment de ce match, l’ambiance est inimaginable, le pays est divisé en deux. En France, même si la passion ne cesse de grandir, on n’a pas atteint ce niveau-là. Mais, grâce à ses structures, à son organisation et à la qualité de
ses joueurs, ce pays est tout de même devenu une vraie terre de foot. Après, en Argentine, quelqu’un comme Diego Maradona a un statut incroyable. Il a donné tellement de bonheur aux gens. Même s’il essuie quelques critiques depuis qu’il est sélectionneur, il reste Maradona. Il y a des églises où l’on prie pour lui. Ça veut tout dire.
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