Yohan Cabaye

Posted by Surface On avril - 2 - 2010

Considéré depuis deux saisons comme l’un des cadres de la formation lilloise, Yohan Cabaye a dû se faire à un nouveau statut. Il est devenu, cet été, l’enfant terrible du LOSC, ratant des entraînements et exprimant sans langue de bois son ressenti. Avant de se reconcentrer sur le terrain.

Yohan Cabayephoto: Hugues Anhes

Le 20 septembre dernier, lors du derby face à Lens, Yohan Cabaye est  expulsé quelques secondes à peine après être entré en jeu. Pourtant malgré tout ce qui a pu être écrit sur lui, la sérénité prédomine dans le regard du jeune homme de 23 ans. Sans détour, il évoque tout ce qu’il a ressenti pendant ces semaines difficiles, sur le terrain comme en dehors. Même s’il s’en défend, cabaye semble perdu dans la formation nordiste. ce club, à qui il a tant donné, est en train de s’éloigner de lui. mais de manière très lucide, il sait qu’il ne doit pas s’arrêter de travailler. C’est sous un ciel grisâtre,  entrecoupé par quelques rayons de soleil, que l’équipe de Surface décharge son matériel, à Lille, devant le carlton. La suite de l’hôtel est prête à accueillir le jeune homme qui, soigneux de son image, a prévu plusieurs tenues pour le  shooting. Apaisé, il prend la pose sous les yeux de sa femme et de son futur bébé. pour un talent comme le sien, le futur est loin d’être aussi gris  que le ciel Lillois.

En début de saison, tu n’étais plus titulaire. N’as-tu pas eu l’impression de faire un pas en arrière dans ta carrière ?
Je ne savais plus où j’en étais. Je ne savais même plus comment il (Rudi Garcia, ndlr) me considèrait dans l’équipe, si j’étais un joueur important ou non. Je ne savais vraiment pas. Mais que tu sois un joueur important ou un joueur de complément, tu dois toujours prouver. Je n’ai pas parlé de ma situation avec le coach, je me donne à fond pendant les entraînements et  c’est tout. S’il me fait jouer, tant mieux. Si je ne joue pas, il faut que lui-même en explique les raisons. Contre Rennes, je me suis servi de ce qu’il m’était arrivé pour me remotiver. J’ai tout fait pour prouver d’abord au coach, mais aussi aux autres personnes qui comptent toujours sur moi. J’avais envie de montrer que je n’étais pas mort.

Tu as dit dans la presse que si ta situation n’évoluait pas, tu ferais tes valises…
Pour un joueur de foot, le plus important, c’est d’être sur le terrain. Ici, j’ai vécu tellement de choses que du jour au lendemain, me retrouver sur le  banc et ne pas savoir quel match je vais jouer, c’est quand même compliqué. Devenir un joueur dont on se sert pour faire tourner l’effectif et pour remplacer les autres, c’est dur. Je me pose des questions. Mais je pense ce que j’ai dit. Si ça continue comme ça jusqu’en janvier, on sera tous perdants. Moi, parce que je ne joue pas beaucoup et que je ne progresse plus, et le club, qui s’attend à mon départ.

Comment décrirais-tu l’ambiance au sein du groupe lillois ?
Il y a eu l’histoire avec Rudi Garcia. Mais également celle avec Malicki et Tafforeau (qui ont quitté le club, ndlr). Pour les anciens et moi, ça a été  difficile à vivre. C’était des coéquipiers mais aussi des amis. On a tout vécu  avec eux et du jour au lendemain, ils sont mis à l’écart. À la reprise, ils ne  s’entraînaient même pas avec nous. On se demandait ce qu’il se passait et  pourquoi ça leur arrivait, eux qui ont toujours été là. Il y a certains joueurs,  des anciens, qui n’ont toujours pas digéré ce qui s’est passé. Mais sinon, ça se passe super bien. Tout le monde est dans le même état d’esprit.

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Ludovic Obraniak

Posted by Surface On juillet - 28 - 2009

Adepte des tatouages, fan de musique, Ludovic Obraniak joue au foot sans se prendre la tête. Très attentif au facteur psychologique dans ce sport, l’ancien Messin vit sa réussite avec beaucoup de sagesse et de discernement. Sans pression particulière.

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Tu as rejoint très tôt le club de Metz, à l’âge de 7 ans. Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir footballeur professionnel ?
C’était d’une part un jeu dans lequel je m’amusais beaucoup. Mais c’était aussi un moyen de m’intégrer socialement, parce qu’en jouant dans un club tu devenais aimé des autres. Ensuite, je me suis pris au jeu tout doucement à l’âge de 11-12 ans car le fait d’évoluer dans des structures professionnelles t’inculque une certaine culture de la gagne. Du coup je n’ai jamais pensé à faire autre chose.

On te qualifie souvent de joueur « cérébral » ou «psychologique ». La préparation mentale est-elle une étape importante pour toi ?
Il est vrai que j’ai quelques fois besoin de me concentrer davantage sur certains matchs. J’aime généralement m’isoler et écouter un peu de musique rythmée pour me mettre dans l’ambiance. Je ne ressens pas de pression particulière quand je rentre sur le terrain car ça reste un jeu pour moi.

J’ai pu lire que tu avais pour habitude de faire 20 minutes de yoga avant chaque match…
(rires) ça a été complètement déplacé de son contexte. J’ai voulu parler de ça avec un journaliste et il s’est braqué dessus et n’a parlé que de cela dans son article. Du coup je me suis bien fait chambrer. Je lui expliquais simplement que je constatais que le physique et le mental sont liés pour les joueurs de haut niveau. Le physique, on le travaille toute la semaine au club. De mon côté, j’ai découvert par le biais de ma femme la médecine alternative. Je m’y suis intéressé par curiosité et cela m’a permis de mieux me concentrer. Le yoga c’est une chose que j’ai citée comme ça, mais à aucun moment je n’ai dit que j’en faisais en famille comme j’ai pu le lire (rires).

En ressens-tu les bienfaits dans ton jeu ?
Bizarrement cela coïncide avec mes bonnes performances de cette saison. Je ne dis pas que ce n’est que ça, mais ça a contribué.

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Michel Bastos

Posted by Surface On mai - 4 - 2009

Pour sa troisième saison en Ligue 1, Michel Bastos est devenu l’un des joueurs les plus complets de notre championnat. Ses statistiques personnelles ont de quoi attirer l’attention. Avec plus d’une dizaine de buts inscrits et presque autant de passes décisives, l’ancien joueur du Feyenoord régale le Stadium de Villeneuve d’Ascq.  Ses jambes faisant office de calibre 12, Bastos tire au but à balles réelles. Ses coups francs frappés sans sommation sont un vrai danger pour les gardiens. Depuis son arrivée dans le Nord, celui qu’on surnomme volontiers « Roberto » Bastos, en comparaison à Roberto Carlos, tire son équipe vers les sommets. Et le Brésilien vise plutôt juste d’ailleurs, son club trustant les premières places du classement. Le gaucher du Losc risque fort de continuer à faire parler la poudre en Ligue 1.

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Michel Seydoux

Posted by Surface On mars - 18 - 2009

Il y a 18 ans, il produisait Cyrano de Bergerac et remportait dix Césars. Aujourd’hui, Michel Seydoux est le président du club de Lille. Portrait d’un dirigeant ambitieux qui parle de foot avec les mots du cinéma et entend bien marcher sur les traces de Lyon.

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Michel Seydoux a 61 ans et pourtant, il incarne parfaitement le nouveau  visage des présidents de club de Ligue 1. en avril 2002, celui qui est alors producteur de cinéma prend les commandes de Lille. Alors qu’il n’y connaît  pas grand chose en football et qu’il n’a jamais rêvé d’être là. « Moi, à 20 ans, je ne rêvais de rien. Je n’avais pas d’objectifs de carrière. Je ne fais pas partie du genre de personnes qui rêvaient leur vie, comme Nicolas Sarkozy qui  déjà en tétant son biberon devait se dire qu’il allait être président (rires). J’avais juste l’ambition de faire des choses qui m’intéressent, de participer concrètement aux aventures », confie cet autodidacte, héritier d’une famille fortunée, allergique aux études et dont le profil ne correspondait alors pas du tout à l’image que l’on peut se faire d’un dirigeant de football. Le sexagenaire, passionné de ballon rond, qui pense le foot en noir et blanc, fait désormais figure d’exception. Le président lillois nous reçoit dans son bureau parisien, situé à quelques mètres des champs elysées. Les statuettes des césars sont posées sur les étagères comme des peluches dans une chambre d’enfant. Avec sa moustache élégante et sa paire de lunettes ronde,  le producteur a des airs d’intellectuel du XIXe siècle. Il est d’ailleurs  le seul président de Ligue 1 à avoir été intronisé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. [...]

Rio Mavuba

Posted by Surface On mars - 13 - 2009

Angolais par sa mère, Zairois par son père, Français d’adoption, et girondin de cœur. C’est du côté de Lille que Rio Mavuba a déposé ses valises, après un passage en Espagne au sein du Villareal CF. Rencontre avec ce sapeur exilé en territoire Chti, pour qui le LOSC a tout d’une résurrection.

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Rio porte un haut Junk de luxe, un jean Takeshy Kurosawa, une ceinture Diesel et une montre Rolex


Tu as une histoire un peu particulière…

Mes parents ont fui la guerre civile en Angola, je suis né sur un bateau, nous sommes arrivés en France à Mont-de-Marsan, où je suis resté jusqu’à quatre ans, puis nous sommes allés à Bordeaux. J’ai toujours vécu en France, mais je suis retourné par la suite en Afrique.

Tu as été en centre de formation à Bordeaux. C’est une ville qui compte pour toi ?

Oui, j’y ai vécu de 4 à 23 ans et j’y ai fait toutes mes classes, que ce soit au niveau du foot ou de ma vie d’adolescent. C’est une ville que j’apprécie beaucoup. Les gens y ont été très sympas avec moi et ma famille. On a grandi dans des HLM, où il y avait pas mal de solidarité. Mais je n’étais pas tout le temps là car j’étais en centre de formation, où là aussi ça se passait plutôt bien.

Comment as-tu été amené à jouer au foot et qui t’a remarqué ?

Ça s’est fait naturellement. Mon père jouait au foot, il a fait une Coupe du Monde en 74 et a été champion d’Afrique. On devait avoir ça dans les gènes car j’ai quatre frères qui ont aussi joué au foot. Moi j’étais le dernier des garçons, et j’ai commencé en bas de la maison avec les potes. Par la suite, avec un copain, on allait souvent voir nos grands frères qui jouaient dans un club. Pendant qu’ils jouaient, on tapait le ballon ensemble, et c’est leur entraîneur qui nous a proposé un essai aux Girondins. Nous on connaissait rien, donc on a fait des essais et on a été pris.

Tu t’estimes chanceux ?

J’ai eu de la chance d’avoir été remarqué par cet entraîneur. Tout petit, je jouais dans un club, et à l’époque j’étais même pas dans l’équipe A, mais dans la B. Passer d’un petit club aux Girondins de Bordeaux, c’était la veine ! Je remercie la personne qui est venue me chercher pour faire cet essai.

Comment as-tu vécu ta transition entre l’Espagne et Lille ?

Peut-être comme un nouveau départ dans ma carrière, même si le mec qui part à l’étranger et qui revient, ça peut être vu comme un échec. Mais bon, on va dire qu’il y a eu un litige avec l’entraîneur de Villarreal, donc à partir de là tu peux faire ce que tu veux, c’est mort. J’ai donc préféré revenir en France. Ici on me connaît, et puis ça fait du bien de revenir dans son pays, et surtout d’y jouer.

Entre L’Espagne et le LOSC, il y a quand même une grosse différence…

C’est clair. L’année dernière au réveillon, il faisait 25 degrés, en plein décembre. 10 jours après j’arrivais ici, et il pleuvait.

Qu’est-ce que tu as appris du championnat espagnol. C’est quoi la différence ?

Ils vivent le football différemment. Ils sont très respectueux des joueurs. Ils sont moins jaloux, ils admirent les footeux et restent focalisés sur le jeu. Je trouve ça plutôt bien. Ça ne m’est jamais arrivé, mais en France tu peux avoir ta voiture rayée. Et puis leur football est très offensif. Même à 4-0, les mecs essayent de mettre un ou deux buts, ils ne ferment jamais la baraque. Et ceux qui mènent tentent d’en mettre un 5ème ou un 6ème .

T’as côtoyé des joueurs illustres…

Par rapport à Bordeaux, c’était une autre dimension, même si c’était pas Barcelone, il y avait des joueurs de classe internationale. Nihat, les trois champions d’Europe Marcos Senna, Cazorla et Capdevila, donc c’était du lourd. Comme là-bas c’est très foot, très ballon, c’est le jeu court, les petits espaces. Les mecs voyaient avant de recevoir, leur vitesse d’exécution était phénoménale.

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