Père du meneur de jeu de l’équipe de France, ancien professeur de mathématiques, Christian Gourcuff, 54 ans, est l’entraîneur du FC Lorient depuis 2003. Esthète et intellectuel du foot, le Breton présente un profil vraiment atypique.

Entre les phrases qu’il prononce, il laisse souvent flotter quelques secondes de silence, son regard bleu pâle semblant alors fixer une image invisible. présenté tour à tour comme l’Intellectuel du football avec un i à la hauteur de la pénurie dans le milieu, comme le théoricien du beau jeu et un redoutable négociateur, Christian Gourcuff, entraîneur du FC lorient depuis six saisons, intrigue. Calme olympien, discours réfléchi et structuré, le Breton est avant tout plus cultivé que la majorité de ses congénères. Des parents enseignants, une classe préparatoire de mathématiques interrompue suite à son choix de se consacrer au ballon rond, une courte carrière de prof de maths… Son parcours atypique, sa longévité et ses idées tactiques (en 2006, France 5 a diffusé un documentaire intitulé Football, l’intelligence collective qui suivait le travail du coach lorientais) lui ont apporté une notoriété certaine auprès des amateurs de foot. Pour les autres, son nom ne sonne pas non plus comme une appellation étrange. Christian Gourcuff. oui, Gourcuff, comme l’autre, Yoann, celui qui attire depuis des mois toute l’attention des médias, le nouveau meneur de jeu de l’équipe de France, la révélation du foot hexagonal dont le physique avantageux se décline à toutes les sauces, en maillot comme en costume de ville, avec et sans chemise.
Il est devenu un « père de »
Que ceux qui ne s’intéressent au football que le temps de zapper entre deux chaînes soient avertis: Christian est son père. Alors que les incertitudes autour de la prolongation du séjour bordelais de Yoann tenaient la France du foot en haleine, le prénom de Christian revenait très régulièrement au coeur des négociations. « Contrairement à ce que je lis parfois, je ne suis pas son agent. Je n’ai aucun intéressement sur mon fils. Si un jour, je devais prendre un euro sur Yoann, je ne pourrais même pas me regarder dans la glace. Tout ce que je fais, c’est dans son intérêt », assure-t-il, las des rumeurs. Il ajoute : « Par contre, j’ai un gros avantage : je suis dans le milieu et je connais toutes les données. Je lui ai conseillé de faire ce qu’il sent tout simplement. Mais après, il faut se protéger contractuellement et c’est là que j’interviens. » Lui, le quinquagénaire discret guère attiré par les projecteurs, entraîneur d’un club modeste (10ème du dernier championnat), devenu cette saison « un père de », ne s’offusque pas de la médiatisation massive de son fiston. « Sa médiatisation correspond à un manque. Il fallait un joueur différent et Yoann est arrivé à ce moment-là. » Il la trouve même positive pour la vision du football qu’elle incarne. « Elle n’est pas excessive car toujours remise dans le contexte du collectif. Une telle reconnaissance incite à être collectif. Si on ne reconnaissait que des Cristiano Ronaldo, tous les jeunes voudraient prendre le ballon et jouer de façon individuelle. C’est intéressant pour le foot de reconnaître Yoann. »
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