Benjamin Corgnet

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Qui connaissait Benjamin Corgnet il y a encore deux ans ? Sa famille, ses potes et ses camarades de BTS tout au mieux. Aujourd’hui, ses prestations en L1 attirent les convoitises de grands clubs européens. Mais pour en arriver là, il a privilégié un parcours singulier. Un triple bond qui l’a fait sortir de la CFA pour la Ligue 2 et enfin exploser dans l’élite. Pourtant, la belle histoire n’a pas fini d’être écrite pour le meneur de jeu de Dijon. Zoom sur un joueur qui a pris le temps de vivre et de devenir un homme avant de s’envoler…

Ce qui frappe chez Benjamin, c’est son parcours, sa simplicité et son naturel. Une tête bien faite et un petit style à faire tomber les midinettes, il se présente à nous au centre d’entraînement de Dijon. Loin de la pression des grands clubs, on comprend vite que l’agitation autour de sa personne ne lui fait pas tourner la tête. Si le dernier protégé de Bernès devrait connaître une belle carrière, il a d’abord préféré assurer ses arrières avant de croire en son étoile. Exemple parfait d’un joyau qui a su patienter pour mieux sauter.

Un profil hors norme

Il a très tôt le football en toile de fond, mais ne fait pas partie de ceux qui s’imaginent gagner des millions grâce au ballon rond. « Le seul métier qui m’intéressait étant jeune était celui de kinésithérapeute dans le milieu sportif. » Pragmatique, il se lance dans des études de médecine. Il échoue de peu en première année et poursuit avec une “prépa kiné” pour finalement passer un BTS Optique. Et c’est parallèlement à cette formation qu’il va passer les échelons à vitesse grand V et rattraper le temps perdu. Alors qu’il évolue en CFA, il est repéré sur le tard par Dijon, pensionnaire de Ligue 2. Pourtant, il ne se précipite pas sur l’opportunité de signer un contrat pro et préfère finir ses diplômes d’optique avant de se lancer dans le grand bain. « En décembre, Dijon m’a proposé un contrat qui commençait immédiatement. Je leur ai dit que je retardais de six mois. J’ai donc signé un protocole d’accord avec le club qui précisait que je signerai en juin chez eux lorsque mes examens seraient terminés. Il y avait le risque de me blesser en terminant ma saison en CFA mais ça me semblait indispensable d’avoir mon diplôme. » Ce dernier en poche, il signe pro. Immédiatement, il poursuit son ascension bien qu’il se surprenne à être titularisé. « Quand j’ai vu que le coach me faisait immédiatement confiance en me titularisant, je me suis dit que je pouvais continuer comme ça et pourquoi pas faire un beau truc. ça fait donc un an et demi que j’y crois. » Pour sa première saison, il emmène Dijon en L1 et figure au palmarès des meilleurs joueurs de L2. Cette année, il confirme qu’il a les épaules pour s’imposer dans l’élite. Après avoir enquillé huit buts dans la première moitié de saison, il attire le regard de quelques cylindrées européennes comme Arsenal : « C’est flatteur mais je suis quelqu’un qui a la tête sur les épaules et qui ne se met pas la pression. Il faut être conscient qu’il y a beaucoup d’amplification des journalistes comme des agents. Ça fait plaisir, tout le monde rêverait d’avoir son nom dans les journaux mais je ne changerai pas pour ça. » D’où vient cette prudence, là où d’autres céderaient aux vertiges d’une gloire certaine ? Timidité, modestie ou pragmatisme ? Il faut dire que tout s’éclaire lorsqu’on comprend que cela va très vite pour celui qui défie les lois de la formation footballistique. Il y a deux ans, il bachotait et vivait une vie de jeune comme les autres. Loin des centres de formation, il jouissait d’une vie étudiante, rythmée par les sorties et les fêtes. « Ça m’a permis d’avoir une adolescence normale. J’arrive facilement à ne plus la faire aujourd’hui car je suis conscient de l’importance de l’hygiène de vie. Je ne suis pas du tout tenté parce que je l’ai vécu avant. Ce qui n’est pas le cas des jeunes qui ne pensent qu’à ça. Ils sont dans les centres depuis qu’ils ont 13 ans. » Éviter les centres de formation a donc permis à Benjamin Corgnet de devenir un homme et d’avoir une tête bien pleine. Aujourd’hui, il se concentre d’autant plus sur sa carrière de joueur et sur sa vie de famille. Quand d’autres traînent les pieds à enchaîner les séances d’entraînements, lui y va avec une fraîcheur infantile. « D’être arrivé sur le tard me permet d’avoir la gnaque aux entraînements. Je ne suis pas dégoûté d’aller m’entraîner au contraire de certains joueurs qui sont soûlés d’y aller car ça fait dix ans qu’ils le font. Je fais même du “rab” devant le but. »

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Benjamin Corgnet ©Fabien Campoverde

Christian Gourcuff

Posted by Surface On août - 10 - 2009

Père du meneur de jeu de l’équipe de France, ancien professeur de mathématiques, Christian Gourcuff, 54 ans, est l’entraîneur du FC Lorient depuis 2003. Esthète et intellectuel du foot, le Breton présente un profil vraiment atypique.

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Entre les phrases qu’il prononce, il laisse souvent flotter quelques secondes  de silence, son regard bleu pâle semblant alors fixer une image invisible.  présenté tour à tour comme l’Intellectuel du football avec un i à la hauteur  de la pénurie dans le milieu, comme le théoricien du beau jeu et un  redoutable négociateur, Christian Gourcuff, entraîneur du FC lorient depuis  six saisons, intrigue. Calme olympien, discours réfléchi et structuré, le  Breton est avant tout plus cultivé que la majorité de ses congénères. Des  parents enseignants, une classe préparatoire de mathématiques  interrompue suite à son choix de se consacrer au ballon rond, une courte carrière de prof de maths… Son parcours atypique, sa longévité et ses idées  tactiques (en 2006, France 5 a diffusé un documentaire intitulé Football, l’intelligence collective qui suivait le travail du coach lorientais) lui ont  apporté une notoriété certaine auprès des amateurs de foot. Pour les autres,  son nom ne sonne pas non plus comme une appellation étrange. Christian Gourcuff. oui, Gourcuff, comme l’autre, Yoann, celui qui attire depuis des mois toute l’attention des médias, le nouveau meneur de jeu de l’équipe de France, la révélation du foot hexagonal dont le physique avantageux se décline à toutes les sauces, en maillot comme en costume de ville, avec et sans chemise.

Il est devenu un « père de »
Que ceux qui ne s’intéressent au football que le temps de zapper entre deux  chaînes soient avertis: Christian est son père. Alors que les incertitudes  autour de la prolongation du séjour bordelais de Yoann tenaient la France  du foot en haleine, le prénom de Christian revenait très régulièrement au  coeur des négociations. « Contrairement à ce que je lis parfois, je ne suis pas  son agent. Je n’ai aucun intéressement sur mon fils. Si un jour, je devais  prendre un euro sur Yoann, je ne pourrais même pas me regarder dans la glace. Tout ce que je fais, c’est dans son intérêt », assure-t-il, las des rumeurs. Il ajoute : « Par contre, j’ai un gros avantage : je suis dans le milieu et je  connais toutes les données. Je lui ai conseillé de faire ce qu’il sent tout  simplement. Mais après, il faut se protéger contractuellement et c’est là que j’interviens. » Lui, le quinquagénaire discret guère attiré par les projecteurs,  entraîneur d’un club modeste (10ème du dernier  championnat), devenu cette saison « un père de », ne s’offusque pas de la  médiatisation massive de son fiston. « Sa médiatisation correspond à un  manque. Il fallait un joueur différent et Yoann est arrivé à ce moment-là. » Il  la trouve même positive pour la vision du football qu’elle incarne. « Elle n’est pas excessive car toujours remise dans le contexte du collectif. Une  telle reconnaissance incite à être collectif. Si on ne reconnaissait que des  Cristiano Ronaldo, tous les jeunes voudraient prendre le ballon et jouer de  façon individuelle. C’est intéressant pour le foot de reconnaître Yoann. »

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Marama Vahirua

Posted by Surface On août - 8 - 2009

Seul joueur de Ligue 1 originaire de Tahiti, Marama Vahirua est un véritable emblème de notre championnat. Passé par Nantes, Nice et maintenant Lorient, le joker de luxe de Christian Gourcuff est très proche de ses origines et voue une vraie passion pour la mer. Comment ne pas être amoureux du Grand Bleu lorsqu’on est pratiquement né dedans ?

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TU ES LE SEUL JOUEUR DE LIGUE 1. QU’EST CE QUI T’A AMENE A VENIR JOUER AU FOOT EN MÉTROPOLE ?
J’ai eu la chance de jouer avec les bonnes équipes à Tahiti. En 1995, on était  venu avec les seniors de là-bas, j’avais 15 ans. On a joué un match de Coupe  de France ici, et au bout de 10 secondes je marque. À partir de là, des clubs  ont commencé à me contacter. J’étais déjà venu en France faire un test à  Auxerre. C’était la première fois. C’était l’hiver et ça, je ne connaissais pas.  J’ai failli me pendre. Au bout de quatre jours, je n’en pouvais plus. Je suis  rentré immédiatement à Tahïti. Pour moi le football professionnel, c’était  fini. Ensuite, quelque chose d’autre a joué en ma faveur. Un très bon ami de  mon père, qui connaissait très bien Jean-Claude Suaudeau à Nantes, a pensé  que c’était du gâchis de rester jouer à Tahiti. Pourquoi ne pas venir à Nantes  ? Ça a toujours été mon rêve de devenir professionnel et celui de mon père aussi. Dans ma famille tous les garçons étaient dans le football. Je suis donc  revenu à Nantes au mois de juin et j’ai vu qu’il y avait un peu de chaleur  aussi. Je suis donc resté. Il y a eu des moments difficiles, mais j’ai réussi à les surmonter et ça s’est bien passé.

QUAND TU T’ES BLESSE AU TENDON D’ACHILLE (MARS 2008 NDLR), COMMENT AS-TU VECU CE MOMENT DIFFIILE ?
Quand c’est arrivé, j’étais en pleine forme. Je venais de marquer à Nice et le mercredi, je me blesse. Là, on a l’impression que tout nous tombe sur la tête. J’avais envie d’abandonner. Surtout quand les médecins te disent que ça va être très dur, très long et que si tu n’as pas la bonne mentalité, ce sera pire.  C’est ça qui m’a motivé pour la suite. Je suis revenu au bout de sept mois,  tout le monde me disait que c’était trop tôt. Aujourd’hui, je touche du bois,  tout va bien. Malgré tout, je n’ai jamais retrouvé les mêmes sensations. Je  me rends compte que j’ai perdu en vitesse. Mais bon, je ne réfléchis pas lorsque je rentre sur le terrain genre « Est-ce que ça va tenir ? » Non, il n’y a  plus de questions à se poser. Il me reste une chance et c’est tout.

TOI QUI AS BÂTI TOUTE TA CARRIERE EN FRANCE, N’AS-TU PAS DES ENVIES D’AILLEURS ?
J’ai déjà eu quelques contacts à l’étranger. Mais à l’époque, je n’étais pas du  tout tourné sur l’international. Je voulais vraiment faire mes classes ici et me faire un nom en France. Mais aujourd’hui, avec l’âge et tout, je pense de  plus plus à partir à l’étranger. Peu importe où ça sera, mais je veux finir à  l’étranger. Enfin, peu importe… Dans les bons championnats quand même ! (rires).

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