Qui peut se vanter d’être passé en un an de Gueugnon à Porto puis à Lyon, et d’avoir été à deux doigts de signer dans l’un des plus grands clubs du monde ? Aly Cissokho. Arrivé à Setubal presque par hasard, le Français se retrouve aujourd’hui au plus haut niveau. Une progression qui surprend tout le monde. Lui le premier.


La ponctualité n’est pas toujours le point fort des joueurs de foot. Mais, alors que notre équipe effectue un repérage des lieux avant le shooting, Aly Cissokho est déjà là, en avance. Le cadre de l’hôtel « la Villa Florentine » ne pouvait être mieux approprié. L’arrière gauche sourit et semble heureux d’être là, n’hésitant pas à proposer quelques poses à notre photographe. Avant cela, le Lyonnais s’est prêté avec assurance au jeu de l’interview. La tête sur les épaules et conscient de sa chance, Aly Cissokho évoque avec nous son expérience au Portugal et son adaptation à Lyon. à 21 ans, l’ancien joueur de Porto assume complètement les attentes qui sont placées en lui. Son transfert raté au Milan AC, c’est déjà du passé. Arrivé gratuitement à Setubal au cours de l’été 2008, il quitte le championnat qui l’a révélé, 15 millions d’euros plus tard. Une pression toute nouvelle pour lui mais qu’il utilise pour continuer à progresser.
Le destin pourrait ressembler à une autoroute. Certains empruntent la voie rapide, d’autres restent tranquillement sur la file de droite en attendant leur sortie. Aly Cissokho a pris la voie rapide sans le savoir. Traînant derrière lui une saison atroce avec Gueugnon où il a peu joué et au cours de laquelle son club a plongé petit à petit dans les profondeurs du classement jusqu’à être relégué, l’arrière gauche avait choisi de ne pas prolonger sa route avec le club bourguignon. « Il me restait deux ans d’options avec Gueugnon mais je ne voulais pas les faire. Ils ont essayé de me retenir mais moi, je voulais continuer en Ligue 2 et garder un train de vie de pro. » Ce choix semblait logique mais les offres des clubs tardaient à venir. Malgré tout, sa décision était prise. Il avait fait le tour de cette petite ville de 8000 habitants et voulait à tout prix opter pour une autre direction. « Il fallait que je parte. C’est une petite ville et j’avais vraiment besoin de changer d’air. » Changer d’air et tracer sa route. Il n’y a cependant pas de destinée sans un soupçon de chance. Cette chance qui vous conduit à prendre une sortie plutôt qu’une autre et qui peut parfois vous amener vers le haut. L’aubaine est venue tout droit du Portugal, comme un point de départ à cette ascension fulgurante. « Setubal, c’est venu au dernier moment. Je ne connaissais pas du tout et le truc, c’est que l’entraîneur ne m’avait jamais vu jouer. Un de ses amis français lui a dit de me prendre et il l’a écouté. Mais je ne partais vraiment pas dans la peau d’un titulaire. » Prendre des risques pour ne rien avoir à regretter, il faut avoir le courage de le faire. Du haut de ses 21 ans, Aly Cissokho a forcé son destin avec une maturité et une lucidité qui font sa force aujourd’hui. « Je suis parti au Portugal même si on me disait qu’il y avait des problèmes là-bas, qu’ils ne payaient pas. Il fallait que je tente. »
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