Interview Fabrice Abriel

Posted by Surface On janvier - 20 - 2010

À l’occasion d’une session photo pour les pages mode du prochain magazine Surface, Fabrice Abriel nous a accordé un entretien, dans lequel il revient sur sa montée en puissance au sein de l’OM, tout en abordant les jours à venir au sein de l’Olympique


De Lorient à Marseille, il y a un monde. Quelles sont les différences fondamentales entre les deux clubs ?


La grosse différence c’est que le taux d’exigence est plus élevé à l’OM, du fait de l’impact médiatique qu’a Marseille à tous ses matchs, que ce soit en amical, en Champion’s League. .. Par rapport aux compétitions que l’OM joue, on est tellement regardé, qu’on est obligé d’être à 200% à tous les matches.


Comment s’est passée ton intégration à l’OM ?


Très bien, grâce à des petits mots très simples. Déjà, tous les supporters m’ont souhaité  la bienvenue. J’ai aussi une certaine expérience, je ne suis pas arrivé à 20 ans. Donc forcément, je suis arrivé sur la pointe des pieds, et mes collègues ainsi que le coach, m’ont mis dans de bonnes dispositions. Ils m’ont fait confiance, et m’ont tout de suite intégré dans le groupe. Ensuite, ce qui accélère aussi l’intégration, c’est la compétition, ainsi que le fait d’avoir été tout de suite reconnu comme bon sur le terrain.


Justement, tu es un peu arrivé sur la pointe des pieds et tu t’es tout de suite imposé au point de devenir incontournable. C’est quoi  les clés de ta réussite ? Le club à été un détonateur ?


Je répète souvent cette phrase : « l’humilité n’empêche pas l’ambition ». Avec toute la simplicité que je peux mettre au quotidien, ça ne m’empêche pas d’avoir aujourd’hui  envie d’être, déjà, titulaire indiscutable, mais aussi de gagner des titres.


La saison vient tout juste de reprendre après la trêve. Selon toi, qu’est ce qu’il faudrait  à l’OM, pour être champion et gagner des titres ?


Si on veut comparer avec le dernier champion en titre, nous avons un déficit d’expérience collective, c’est à dire que nous avons eu trop de recrue cette année. Collectivement, on ne tire pas encore le meilleur de chaque joueur et de l’ensemble de l’équipe, ce qui fait que nous avons parfois des résultats un peu irréguliers, en comparaison avec Bordeaux. Maintenant, on peut se permettre de viser des titres. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons fait un recrutement  basé sur de nombreux  joueurs d’expérience, ce qui accélère l’adaptation, ainsi que tous les détails, qui font, que nous avons conscience de ce que nous devons faire pour être bons.


Tes pronostiques dans les semaines à venir ?  ça va être difficile. La semaine que vous avez eue à quand même été chargée, St-Étienne, Bordeaux, Le Mans…


Oui, on a beaucoup de matchs. Donc pour nous, ça va être très important que l’ensemble de l’effectif réponde présent, peu importe le temps de jeu que les joueurs vont avoir, et cela, pour un objectif commun, un titre. Tout le monde doit être concerné, et si c’est le cas, cela sera d’autant plus facile. On est qualifié sur tous les tableaux. On a encore le championnat où on peut finir 1er ou 2e. Il n’est pas encore fini. En coupe de la Ligue on est passé, on va jouer Lille. On a la coupe de France et l’Europa League. Il est important de ne lâcher aucune des compétitions, et nous sommes capable de jouer sur tous les tableaux. Aujourd’hui l’avenir est encore intéressant. Après c’est toujours des matches à élimination directe… Mais de nos jours, on peut dire qu’on est encore présent sur tous les tableaux.


Tu as fait tes débuts avec Nicolas Anelka, tu es toujours en contact avec lui ?


Oui, parce que, déjà d’une, on est tous deux très fiers de nos parcours respectif, et puis on se regarde l’un et l’autre jouer. On se suit tout le temps, ce qui fait que nous n’avons pas forcement besoin de s’appeler tous les jours pour  se dire comment on va. Nous sommes fusionnels, nous savons où nous en sommes l’un et l’autre.


Quel regard portes tu sur ce qu’il fait actuellement à Chelsea ?


Moi, ça ne m’étonne pas du tout, parce que je l’ai vu grandir. Après je ne peux pas être objectif car c’est  un ami tellement proche, que je le défendrai quoi qu’il arrive, même si, il n’a pas eu tout le temps raison dans ses choix. Je lui ai déjà dit d’ailleurs, mais il a toujours fait ses choix et assumé. À partir de là, on se respecte. Il est logique avec lui même, donc il y a du respect. Ce qu’il fait aujourd’hui c’est un juste retour des choses. Il le faisait déjà avant, mais aujourd’hui il le fait dans un gros club.


Au final, peut on dire que l’OM est un club à la mesure de ton ambition ainsi qu’un détonateur qui va te permettra de t’élever encore plus haut ?


En fait, d’être bon à Lorient m’a permis d’avoir l’intérêt des clubs du Big 4, comme on dit entre nous. Les clubs de l’élite, qui jouent la Ligue des Champions. Aujourd’hui, être bon à Marseille, peut me permettre de rayonner sur l’Europe, d’être bon à l’étranger, de me faire repérer etc. Donc, oui, c’est un club qui colle à mes ambitions. Moi ce que j’aime ce sont les titres. Est ce que l ‘OM est capable d’en avoir ? Je pense que oui. Après il faut se donner les moyens, mais à Lorient ou à Marseille, c’est le même Football. Le même ballon, et les mêmes règles. L’environnement, la pression… J’ai fait abstraction de tout cela pour me concentrer sur le terrain et les matches.

Alex D

Fabrice Abriel

Edouard Cissé

Posted by Surface On septembre - 22 - 2009

Il aurait pu finir sa carrière au PSG mais c’est sous les couleurs de l’OM qu’il a retrouvé le chemin de la Ligue 1. Joueur de grande classe, passé par les championnats anglais et turc, Édouard Cissé se replonge avec délectation dans son parcours footballistique, qui a souvent été semé d’embûches.

Edouard Cissé

Edouard Cissé

Son itinéraire n’a pas été des plus simples. Ballotté de club en club après une bonne saison au sein du PSG durant de laquelle il décroche son premier doublé, il aurait pu aisément sombrer dans l’amertume, pour ne pas avoir pu continuer sur sa lancée. Mais c’est mal connaître notre homme, qui a toujours su mettre à profit des situations parfois compliquées. affichant, lors de notre entretien, une décontraction à la Yannick Noah, l’essentiel semble pour lui être ailleurs. finaliste de la Ligue des Champions en 2004 avec  Monaco, joueur de Premier League au sein de West Ham, puis champion de Turquie et vainqueur de la Coupe en 2009, Edouard Cissé n’a pas à rougir de son palmarès. surtout qu’à Marseille, les choses sont loin d’être finies.

Tu as fait tes débuts au PSG mais tu as été plusieurs fois prêté. Comment l’as-tu vécu ?
Très facilement. La première année où j’arrive à Paris, je ne le savais pas encore mais c’était la dernière année de Denisot, ainsi que de tous les cadres (Alain Roche, Laurent Fournier, Vincent Guérin). On arrive à gagner la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Je fais partie de cette équipe-là, donc j’apprends beaucoup de choses. Et puis, au mois de juillet, tout change : la direction, l’entraîneur… On me fait comprendre que ça va être très difficile d’avoir une continuité avec l’année précédente, où j’avais joué onze matches. Je décide de me battre mais je me rends compte que ça va être compliqué. Entre-temps, Paul Le Guen prend les commandes de l’équipe de Rennes, et il me propose de venir en m’assurant un peu plus de temps de jeu. Je suis donc parti à Rennes, j’ai fait ma saison, puis je suis revenu à Paris. Par la suite, à chaque fois que je me rendais compte que ça allait être difficile, voire impossible de jouer pour diverses raisons (footballistiques ou extrasportives), j’ai choisi de partir. Le PSG, plutôt que de me vendre, préférait me prêter. Quelque part, c’était un gage de confiance, cela voulait dire que j’avais des qualités et qu’il voulait me récupérer. J’ai donc été prêté plusieurs fois, et il y a deux ans et demi, j’ai définitivement été transféré.

Le feeling passe bien avec Didier Deschamps, qui t’avait déjà entraîné à Monaco…
Notre relation est basée sur le respect. Déjà, on vient de la même région : le Sud-Ouest. Nos mères sont basques toutes deux, donc on a des valeurs très proches, qui sont toutes simples : respect, sincérité, intégrité. Tout le monde les a mais elles se sont un peu plus développées dans le Sud-Ouest. Le discours a donc été très clair. Je l’ai eu au téléphone au mois de juillet, ça a duré trois minutes, il n’en fallait pas plus. Après, ça marche à la confiance. Sur le terrain, il a vu que je donnais tout. C’est une histoire de feeling. Entre nous, il y a énormément de respect. À partir de là, pour travailler, c’est plus facile.

Pour toi, que représente l’OM ?
Quand j’étais petit, il y avait les luttes OM/PSG. C’était fou. Dans mon enfance, je n’ai entendu parler que de deux clubs : Marseille et Paris. Même si j’étais dans le Sud-Ouest, où il est naturel de jeter un coup d’oeil sur les Girondins de Bordeaux, médiatiquement parlant, les années 90, c’était la période du PSG et de Marseille. On en avait plein la tête. Après, il fallait être partisan d’un clan. Moi, je n’ai jamais été partisan d’une équipe en particulier, mais de joueurs par moments. Ce sont deux gros clubs et c’est une fierté pour moi de porter ces deux maillots. À partir du moment où je suis métis, on ne va pas me demander de faire le choix entre mon père et ma mère…

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Boudewijn Zenden

Posted by Surface On août - 10 - 2009

Joueur hollandais de classe internationale, Boudewijn « Bolo » Zenden a posé ses valises dans les plus grands clubs d’Europe, avant de faire une halte à Marseille, une ville où il se sent bien malgré le fait que l’OM ne prolongera pas son contrat la saison prochaine. Pas grave pour ce citoyen du monde habitué aux voyages, qui va une fois de plus reprendre la route.

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TU AS UN ENTOURAGE FAMILIAL SPORTIF ?
Oui, mon père adore le foot et a été judoka. Il a travaillé pendant dix ou  douze ans avec Anton Geesink, le premier judoka européen à avoir gagné  une médaille d’or olympique de judo au Japon. Mon oncle a, quant à lui, joué dans une équipe de foot pro. En dehors de ça, mes parents avaient un complexe multisport à Maastricht où l’on pouvait pratiquer judo, karaté,  boxe, aérobic, natation, piscine… J’y habitais pratiquement,  car notre maison était mitoyenne. Quand je descendais les escaliers de chez moi, je tombais directement dans la salle de judo où je voyais des enfants s’entraîner. À 4 ans, je me suis donc mis au judo, un sport que j’ai pratiqué jusqu’à 18 ans. Je suis ceinture noire 1er Dan et j’ai même fait des compétitions. Mon frère est ceinture noire lui aussi. Dans la famille, on est  donc très branché sport. Pour revenir au foot, mon frère était gardien de but dans la même équipe que moi. Pour les relances, c’était direct sur moi (rires). Puis il a fallu choisir entre le foot et les études. J’ai persévéré dans le foot et lui a choisi les études.

QUEL CLUB T’A LE PLUS MARQUE ?
J’ai eu des bons souvenirs partout où je suis passé. Mon passage au Barça  représente quand même quelque chose de spécial parce que le Barça, c’est énorme. L’institution que représente le club, sa popularité… Le fait aussi  qu’on ait gagné le championnat. Avec son stade de 100 000 personnes, le Barça a une dimension un peu différente. Un club anglais « plus petit »  comme Middlesbrough où j’ai vécu deux ans, c’était aussi super bien. J’allais tous les jours à l’entraînement avec un grand sourire. Et puis, on a remporté  la Coupe de la League, le premier trophée gagné par le club en 128 ans. Après, le PSV, c’est là où j’ai fait mes débuts, et c’est aussi à partir de là que je me suis retrouvé en sélection nationale.

EN TERME DE PRATIQUE DE FOOT, IL Y A DES DIFFÉRENCES FLAGRANTES ENTRE LES PAYS OU TU ES PASSE ?
Les Pays-Bas, c’est une nation où le foot est très technique et tactique, mais  pas très physique. C’est aussi une plate-forme pour se relancer. Les jeunes bons joueurs se retrouvent par la suite dans les plus grands championnats. L’Angleterre, c’est un championnat très dur car toutes les équipes sont  fortes. Trois équipes anglaises dans le dernier carré de la Ligue des Champions quand même… Le foot anglais, c’est très physique, c’est 90  minutes à fond. Parfois, à cause de la vitesse du jeu, il y a des fautes et des  erreurs commises qui profitent directement aux équipes adverses. L’Espagne, c’est par contre très tactique et technique avec des changements de vitesse. Quand il y a une ouverture, ça va très très vite, puis ça se calme  de nouveau. En France, il y a l’influence de l’Afrique. Beaucoup de footballeurs viennent du continent africain et cela amène des joueurs qui ont beaucoup de force physique et de vitesse. Il y a des footballeurs techniquement très forts et ça joue avec pas mal de vitesse. C’est vrai aussi que parfois, c’est un peu trop fermé défensivement, surtout contre l’OM d’ailleurs. Personne ne veut perdre contre l’OM. Alors, au Vélodrome, autant vous dire que les équipes ferment la cage et n’ont pas envie d’attaquer.

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Pape Diouf

Posted by Surface On août - 9 - 2009

Il est arrivé à l’Olympique de Marseille par la petite porte, en tant que manager général. Et il en est ressorti par la grande, au poste de président. Symbole d’un OM conquérant, cosmopolite, financièrement stable et quelque peu apaisé, Pape Diouf n’aura finalement pas résisté à l’avis de tempête émis après l’annonce du départ d’Eric Gerets.

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Lors de notre rencontre avec celui qui s’avère désormais être l’ex-président  de l’OM, le club affichait une certaine sérénité. Le titre de champion de France était encore largement jouable puisque Marseille était premier du classement. Et Didier Deschamps venait tout juste d’être choisi comme futur entraîneur du club. À défaut d’éviter une crise induite par le départ d’Eric  Gerets, le club semblait l’avoir surmontée. Impérial, dans son bureau de la Commanderie avec vue imprenable sur les terrains d’entraînement, Pape Diouf semblait malgré tout exténué. Il nous prévenait d’emblée, mais en s’excusant, que notre entrevue n’allait pas s’éterniser, du fait d’un  rendez-vous important avec son médecin. Avait-il conscience que ses jours  à l’OM étaient comptés ? Préparait-il déjà sa sortie ? Se voyait-il encore  champion de France ? On ne le saura sans doute jamais, mais une chose est  sûre : il savourait son bilan avec le sentiment du devoir accompli, sans trop  se faire d’illusion quant à la longévité d’un président. « Nous avons réussi ici à stabiliser le club, qui, il faut le reconnaître, n’était pas à l’abri de certains soubresauts. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins d’instabilité. Ensuite, il y a chez moi la volonté chevillée au corps de ne pas me considérer comme président de l’OM ad vitam aeternam. Dans mon esprit, je ne considère pas  ce poste-là comme m’appartenant. Moi, tous les jours qui passent, je travaille comme si c’était les derniers, en essayant de préparer l’avenir. »

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Souleymane Diawara

Posted by Surface On mai - 3 - 2009

Passé par le Havre, Sochaux, puis par le club anglais de Charlton, Souleymane Diawara s’impose désormais comme le pilier de la défense bordelaise. Véritable rempart, l’international sénégalais se paie parfois le luxe de marquer des buts décisifs, à l’image de son geste technique contre le PSG en Coupe de la Ligue.

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Souleymane porte un jean et un tee shirt Dolce&Gabbana

TON PASSAGE EN ANGLETERRE T’A PLU ?
Tout le monde pensait que signer à Charlton serait pour moi une erreur car c’était une équipe promue qui est directement redescendue en deuxième division. On a dit que jouer là-bas me ferait régresser, ce qui n’a absolument pas été le cas. À Charlton, je me suis éclaté et j’espère, pourquoi pas, pouvoir un jour retourner en Angleterre.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’ANGLETERRE ET LA FRANCE ?
Le jeu va beaucoup plus vite et les Anglais sont beaucoup plus agressifs. C’est une autre mentalité : il faut toujours aller de l’avant, marquer, gagner. Et puis le public est toujours derrière vous. Même si vous perdez 4-0, ils continuent de chanter. L’ambiance dans les stades est sans commune mesure. Nous étions classés dans les trois derniers et le stade était toujours complet.

TU ES L’UN DES PREMIERS jOUEURS À ÊTRE PASSÉ EN COMMISSION DE DISCIPLINE. QU’EN PENSES-TU ?
Je trouve cela un peu contradictoire. D’un côté, on ne veut pas d’arbitrage par vidéo, mais de l’autre on fait du visionnage après match. Ce n’est pas logique. Quand il y a des faits qui sont susceptibles de changer le cours d’un match, on ne revient pas dessus. Alors qu’on le fait pour autre chose.

QUAND EST-CE QU’UN PAYS AFRICAIN VA GAGNER UNE COUPE DU MONDE ?
On a des talents, tout ce qu’il faut, mais il y a toujours des petits détails qui font qu’on ne peut pas encore gagner une Coupe du Monde. L’Afrique est mal organisée. On ne te paye pas tes primes, tu ne reçois pas tes équipements etc… En France, on fait en sorte que tu ne penses qu’au foot. Maintenant au niveau du style de jeu, on n’a rien à leur envier, même si niveau expérience, les Européens sont largement en avance sur nous.

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