Arrivé au PSG en provenance de Fenerbahce cet été, Diego Lugano était annoncé comme “LE” complément idéal de Mamadou Sakho en défense centrale. Après des débuts manqués, entre blessures et contre-performances, le capitaine Uruguayen semble toujours aussi déterminé à se fa ire une place. Retour sur un joueur qui aime la pression, au point d’en redemander.
En allant à la rencontre du capitaine uruguayen, nous avons pu constater qu’il y avait bien un changement d’ère dans le club de la capitale. La volonté affichée par les nouveaux propriétaires est bel et bien d’en faire un grand club européen, même si les infrastructures actuelles contrastent avec les ambitions. Mais la ferveur et l’engouement sont là. En arrivant au Camp des Loges, nous devons d’abord traverser une foule de supporters venus braver le vent glacial en cette fin de matinée. La température est clairement en-dessous de zéro et seul Diego Lugano joue en short. Une fois à l’intérieur du Camp des Loges, sur le chemin qui nous mène au défenseur de 31 ans, c’est un défilé de stars qui s’offre à nous. Après avoir aperçu Thiago Motta, et Claude Makélélé, nous croisons Alex et Maxwell au détour d’un couloir. Dans la salle qui nous est réservée, nous entendons des bribes de discussions, où se mêlent l’anglais, l’espagnol et l’italien. Le PSG nouvelle version a résolument une dimension internationale. L’entraînement vient de se terminer et l’odeur du terrain a laissé place à celle des cuisines qui embaume le bâtiment. Diego Lugano se présente à nous avant même d’avoir fini de manger. L’homme est pressé, la télévision uruguayenne l’attend, mais il tient à prendre le temps d’échanger avec nous, pour l’une de ses rares interviews avec un médias français…
Comment trouves-tu le championnat de France ?
Très compétitif. Mais la Liga, la Premier League et la Serie A restent des championnats très pros. Depuis la Coupe du Monde 98, le football français a beaucoup grandi. La France est une puissance dans le football. C’est un championnat très intéressant pour ceux qui viennent y jouer. Mais le championnat brésilien reste pour moi un championnat à part. Là-bas, il y a dix équipes chaque année qui sont capables et obligées de gagner le titre de champion. Si elles ne gagnent pas, c’est un véritable échec. Et puis, c’est un championnat de plus en plus compétitif en vue de la Coupe du Monde 2014. En Turquie, c’est le championnat où la rivalité est la plus féroce. Ça m’a beaucoup plu d’ailleurs. Il y a une passion incomparable dans ce pays. Le peuple turc adore le football. Mais cela ne se ressent pas dans l’organisation de la Ligue. L’acclimatation y est très difficile. Le championnat uruguayen lui, est assez petit, mais très agréable.
Quelle différence de pression y-a-t-il entre le PSG, Fenerbahçe et São Paulo ?
Le football se joue de plusieurs façons dans ces trois pays. Au Brésil, c’est le plus beau du monde. Je suis arrivé jeune là-bas, dans un club qui ne gagnait pas beaucoup de titres, et j’avais déjà de grosses responsabilités. À Fenerbahçe, c’était autre chose. C’est le plus grand club de Turquie. La passion y est énorme. Les gens dans la rue t’arrêtent pour te parler de l’équipe, des matches à gagner. À Paris, la pression est encore différente. Le PSG est un grand club, qui vit une période de transition. Le club a de grandes responsabilités, d’autant plus qu’il est regardé par énormément de monde. Il y a une grosse pression. J’ai appris à la gérer différemment avec l’âge. J’ai toujours voulu laisser mon nom dans l’histoire des clubs où je suis passé.
Quel était ton joueur favori étant jeune ?
Enzo Francescoli, comme tout Uruguayen. Mais il a joué à l’OM, c’est pour ça que je ne peux pas trop en parler ici (rires). C’est ça le problème. En Amérique oui, mais pas ici. Il a marqué une bonne époque du foot uruguayen. Il était admiré ici. C’était l’un des joueurs les plus classes de sa génération.
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