Benoit Costil

Posted by Surface On janvier - 14 - 2013

Benoit Costil ©Fabien Campoverde

Venu Tout droit de l’antichambre de la Ligue 2, tous les regards et tous les doutes étaient braqués sur lui, au moins au début. Benoît Costil a dû en plus prendre la place d’un gardien qui s’était imposé comme l’un des meilleurs du championnat. Le droit à l’erreur n’existe pas, surtout pour un gardien.

Beau gosse, bien sapé, c’est un Benoît Costil fidèle à la jeune image qu’on lui prête depuis son arrivée dans l’élite, qui s’est présenté à la fine équipe de Surface. Inconnu du grand public, il débarque cependant au Stade de la route de Lorient, accompagné d’un supporter Sedanais, un de ces fidèles qui n’existent que dans les petits clubs. Il aura passé la journée avec son “idole”, le sourire aux lèvres, les yeux qui pétillent. Pourtant Benoît, malgré son sex appeal confirmé, est loin d’être ce qu’on pourrait appeler une idole. Un Normand qui a migré en Bretagne. Le cidre contre la crêpe. Au moins, même avec le fond d’image le plus pourri du monde, Costil sera toujours photogénique. Installé discrètement dans les cages des Rouges et Noirs, le Caennais a encore tout à prouver, et son titre de meilleur joueur de Ligue 2 ne pourra que l’encourager à continuer. Pour faire baisser les regards sceptiques qui étaient braqués sur lui avant qu’il ne fasse ses débuts dans le grand bain. Il se sent bien intégré aujourd’hui, mais n’en oublie pas ses premiers amours.

En 2007, alors que tu es en contrat depuis deux ans, tu prolonges avec Caen. Finalement, tu n’as jamais vraiment eu ta chance…

Je n’ai pas été très bon et je ne faisais pas de matches extraordinaires. Je n’étais pas prêt et je pense ne pas toujours avoir travaillé comme je travaille aujourd’hui. Je manquais de maturité, et je n’avais pas cette notion de travail.

Qu’est-ce qu’on se dit lorsqu’on est dans l’obligation de signer à Vannes, en prêt ?

Quand je pars à Vannes, c’est un échec pour moi, car je voulais m’imposer à Caen. Partir de Ligue 1 dans le plus petit club pro de France… Et si je ne réussis pas à Vannes, je fais quoi ? Mais même en allant dans le plus petit club de Ligue 2, je pensais Ligue 1 tous les jours.

Tu reviens de prêt et Caen n’est toujours pas disposé à te faire évoluer. À ce moment-là tu leur en veux ?

De retour à Caen, on ne me fait toujours pas confiance. J’ai donc été transféré pour zéro euro à Sedan ! Je suis hyper rancunier, et j’en voulais à Caen de m’avoir traité comme ça. J’ai eu du mal à accepter. Mais ensuite, je ne pensais même plus au Stade Malherbe.

Rennes vendait Nicolas Douchez au PSG, un gardien qui a fait ses preuves en Ligue 1. C’est toi qui le remplace ; ça ressemblait fortement à un pari…

Peut-être, mais il y a un de mes coaches qui m’a dit « ce n’est pas un pari, et ils vont vite s’en rendre compte… » Après, c’est un pari parce que je venais de Ligue 2. Même pour les gens extérieurs, c’était un pari. Je suis arrivé confiant même si je sais que je n’étais pas la priorité, aujourd’hui je suis là. Je m’adapte, et je me protège de la médiatisation.

Tu es arrivé dans un vestiaire où tout le monde se connaissait. Comment s’est passée ton adaptation ?

Pas facile au début, car encore une fois je venais de la Ligue 2. Je sentais des regards sceptiques vis-à-vis de moi. Même dans le vestiaire. Il fallait que je leur montre de quoi j’étais capable. Et l’entraînement, c’est comme un match pour moi. J’avais beaucoup de choses à montrer.

Aujourd’hui, as-tu l’impression d’avoir pris davantage d’importance au sein de l’équipe ?

De l’importance je ne sais pas, mais je me sens de mieux en mieux. Au fur et à mesure des matches, je me dis que je peux jouer, que je peux être au niveau. Au tout début quand on fait deux ou trois bonnes performances, les gens se disent souvent que c’est un feu de paille, mais c’est sur la durée qu’il faut voir. Je veux qu’on puisse me considérer comme un gardien fiable, sur qui on peut compter.

Tu as été élu joueur le plus sexy de Rennes, est-ce que ça a changé ta vie ?

Bah, devant chez moi, il y a 300 nanas ! Je ne peux plus sortir tout seul, c’est super chiant… Je blague, ça ne change rien. C’est un petit concours marrant, qui nous a bien fait rire dans le vestiaire, mais je ne pensais pas que ça prendrait une telle proportion. Je ne pensais pas qu’on allait en parler sur Canal+. Je me suis fait chambrer par mes coéquipiers, mais ce sont des jaloux en fait (rires).

Tu te vois où dans 3 ans ?

En Ligue 1, à Vannes ! (rires) J’attends qu’ils passent de National à la Ligue 2, puis à la Ligue 1, et je retourne à Vannes avec mes amis. J’ai pris beaucoup de plaisir là-bas. Je suis très bien à Rennes, mais si je peux retourner à Vannes, ça serait énorme. Je dis ça en déconnant, même si je le pense un peu. Aujourd’hui pour moi, ça serait prétentieux de dire que je veux jouer plus haut que Rennes. On a tous envie de progresser, mais je veux continuer à progresser avec Rennes. Je ne suis pas que de passage.

Pour toi, qui est le meilleur gardien de Ligue 1 cette saison ?

Sirigu est super performant. Il a ramené beaucoup de points à Paris cette saison. Mais, il y a Lloris que j’aime beaucoup. Je ne vais pas tous les citer mais, en France, on a de très bons gardiens, même en Ligue 2.

Benoit Costil ©Fabien Campoverde

Interview Sylvain Marveaux

Posted by Surface On février - 5 - 2010

Issu du centre de formation rennais, Sylvain Marveaux est aujourd’hui devenu une pièce essentielle de l’équipe de Frédéric Antonetti. Auteur de 6 buts en championnat cette saison, le milieu gauche ne cesse de progresser et devient de plus en plus décisif en championnat. Rencontré au centre d’entraînement Henri Guérin, Marveaux évoque avec nous les prochaines échéances de Rennes ainsi que la vision qu’il porte sur sa propre progression. Après un entraînement plus qu’intense.

Comment le groupe rennais aborde-t-il le match face à Bordeaux ce Samedi ?

Nous savons que c’est un match très important. Nous devons rattraper les points que l’on a perdu car c’est vrai qu’on a un déficit. Mais on sait que l’on peut faire partie des 5 meilleures équipes de ce championnat et pour cela il faut passer par ce match. On se doit de faire un gros coup puisqu’on a gagné le week-end dernier et il faut continuer sur cette lancée.

Quel va être l’ingrédient principal pour battre les champions de France ?

Il faudra tout simplement être tous ensemble à notre meilleur niveau, au même moment et pendant 90 minutes. Ca peut devenir un match référence et c’est la seule solution pour espérer faire un résultat.

Est-ce que le coach Antonetti a accentué votre travail, par rapport justement à la réception de Bordeaux ?

Non, la semaine est classique. Après bien sûr, comme toutes les semaines on étudie les forces et les faiblesses de chaque adversaire. Sinon c’est du classique, mais c’est vrai que l’on travaille toujours tactiquement, on fait beaucoup de jeu. Mais il y a toujours une mise en place par rapport à l’équipe que l’on s’apprête à affronter.

Le match nul concédé par Bordeaux face à Boulogne, est-il un bon ou un mauvais signe pour Rennes ?

Pour ma part, je pense que ça ne change pas grand chose. On connaît la qualité de cette équipe là. On a vu sur les trois derniers matches qu’ils ont joué à l’extérieur, qu’ils ont concédé quand même beaucoup d’occasions de buts. Mais on sait que malgré la difficulté, ou lorsqu’ils sont dans un moins bon jour, ils arrivent quand même à gagner. Il va falloir être très efficace dans les deux zones de vérité.

Selon toi, dans quel domaine devrais-tu encore t’améliorer pour être encore plus décisif ?

Je pense déjà avoir réussi à acquérir une certaine régularité dans mes performances. On a discuté de ça avec le coach, et on s’est dit qu’il fallait que je parvienne à être encore plus décisif à chaque match, que l’équipe tourne bien ou moins bien et surtout contre les équipes plus fortes. Je dois être très présent lors des grands matches. Lorsque j’arriverai à être décisif quand l’équipe aura besoin de moi, là je pense que j’aurais franchi un palier. Après être décisif ça ne veut pas dire seulement marquer des buts. Ca veut aussi dire faire des bonnes passes, être à l’origine des actions. Et le fait d’être décisif, ça permet d’emmagasiner de la confiance et de tenter encore plus de choses.

Propos recueillis par Sébastien Béquérel

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Carlos Bocanegra / Junichi Inamoto

Posted by Surface On septembre - 21 - 2009

Originaires de deux pays dans lesquels le football n’est pas le sport numéro un, Carlos Bocanegra et Junichi Inamoto ont dû traverser les océans pour trouver des championnats à la mesure de leurs ambitions. Une expatriation qu’ils vivent plutôt bien et qui leur permet d’avoir un regard passionnant sur le ballon rond.

Carlos Bocanegra et Junichi Inamoto

Carlos Bocanegra

Photos: Hugues Anhes

Junichi Inamoto

L’un a la décontraction naturelle des Américains, tandis que que l’autre a la retenue et la politesse des Japonais. Curiosités du championnat français, Carlos Bocanegra et Junichi Inamoto, vraiment pas nés dans des contrées où le ballon rond est roi, étaient pourtant mal partis pour devenir joueurs de foot professionnels au pays « du fromage qui pue ». Leur parcours relève autant du hasard que de la détermination.

« Je joue au foot depuis que je suis tout petit mais j’ai aussi pratiqué des sports plus traditionnels comme le baseball, le foot américain ou le basket. J’aimais particulièrement le foot, donc j’ai continué à en faire. Au fil du temps, il est apparu que j’étais assez doué. J’ai par la suite joué en club, avant de continuer au lycée. Là, j’ai été drafté par la MLS, la ligue américaine. La MLS et la NBA ont un draft similaire: la dernière équipe du championnat est en première position la saison suivante pour choisir les meilleurs joueurs de lycées ou d’universités », résume Bocanegra qui, en tant que capitaine de la sélection nationale des États-Unis, est une véritable star du ballon du rond Outre-Atlantique. Il faut dire que, dans un pays où l’image prédomine, ce joueur à moitié mexicain ne manque pas d’atouts. Lorsque nous l’avons rencontré, il avait, avec son short et ses tongs, plus l’allure d’un surfeur de Californie, d’où il est originaire, que d’un joueur de  foot. Aussi populaire dans son pays, si ce n’est plus, Inamoto affiche pour sa part un parcours légèrement plus classique. « Bien que le sport préféré des Japonais soit le baseball, je me suis mis à jouer au foot dès mon plus jeune âge. Je ne sais pas trop ce qui m’a poussé à ne pratiquer que ce sport, mais toujours est-il que j’ai persévéré dans ce sens. Étudiant à la fac, j’ai commencé à jouer dans une équipe semi-professionnelle qui a pris de plus en plus d’ampleur. Et à 17 ans, j’étais joueur pro. Le système est à peu près le même que dans les pays européens. Mon équipe a gravi les échelons : troisième division, D2, pour finir en première division… À 17 ans, je jouais donc dans la ligue professionnelle du Japon. Au bout de quatre ans, je me suis rendu en Europe », explique Inamoto.

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Rod Fanni

Posted by Surface On mai - 2 - 2009

Pilier du système défensif rennais, sélectionné en équipe de France à plusieurs reprises, Rod Fanni conjugue son amour du ballon rond avec sa passion pour la musique. Et depuis que l’ancien Niçois fait office de DJ dans les vestiaires du club, Rennes se porte plutôt bien.

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COMMENT SE SONT PASSÉS TES PREMIERS PAS DANS LE FOOT ?
J’ai commencé par le foot en salle. C’est grâce à ça que j’ai pu exploiter mon potentiel et que je suis devenu compétiteur. J’ai la chance d’avoir grandi dans un quartier où il y avait pas mal de bons jeunes joueurs. Nous avons notamment été plusieurs fois champions de France. De mon côté, je faisais mes études en parallèle car je ne pensais pas poursuivre dans le foot. Mais il est arrivé un moment où je ne pouvais plus concilier les deux.

EN QUOI LA PRÉPARATION D’UN DÉFENSEUR DIFFÈRE-T-ELLE DE CELLE DES AUTRES POSTES ?
Tout le groupe est très uni mais c’est vrai qu’on se regroupe pas mal entre défenseurs. On n’a pas la même mentalité que celle d’un milieu de terrain, par exemple, qui est plutôt un animateur et un créatif. Il faut qu’on se monte un petit peu la tête entre nous, comme des combattants. Pour ce qui est de la préparation, l’entraîneur nous fait bosser les automatismes défensifs au moins une ou deux fois par semaine en fonction des caractéristiques de nos adversaires.

COMMENT AS-TU RÉAGI A L’ANNONCE DE TA PREMIèRE SéLECTION EN ÉQUIPE DE FRANCE ?
J’ai d’abord pris ça comme une blague. Je pensais qu’on se foutait de moi. Puis j’ai eu la confirmation en allant vérifier sur le net. Cette sélection fut une grande surprise et un grand bonheur, parce que je vivais une période de transition assez délicate. La sélection du Bénin était en effet derrière moi depuis un certain temps, j’avais un peu de mal à jauger, et j’ai finalement fait mon choix.

C’EST UNE PRESSION PARTICULIÈRE DE JOUER SOUS LE MAILLOT BLEU?
Forcément. Je l’ai ressentie mais j’ai trouvé qu’intégrer le groupe France a été très facile. Je me suis vite adapté et les joueurs ont été super cools. Etre épié, surveillé, c’est par contre beaucoup moins évident. Quoi qu’on fasse et quoi qu’on dise, on doit toujours faire attention car tout peut être mal interprété. On essaie de s’isoler en fait.

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Mickaël Pagis

Posted by Surface On mars - 13 - 2009

Mickaël Pagis est un joueur au verbe rare et lorsqu’il parle c’est toujours avec humilité et sincérité. Il a donc choisi Surface pour revenir quelques instants sur son passé et faire le point sur sa très riche carrière.

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Photo: Manuel Lagos


As-tu vécu ton arrivée à Marseille en 2006 comme une sorte de consécration ?
Pas du tout. Mon transfert à Marseille correspond plus à un palier franchi, à une nouvelle étape. Ça a été tout de même un grand moment d’être contacté par un club pareil, sachant que plus jeune, j’étais un grand supporter de l’OM.  J’ai particulièrement aimé la ferveur qu’il y a autour de cette équipe, la chaleur du stade Vélodrome et de ses supporters.

Penses-tu avoir eu la carrière que tu mérites ?
Je peux comprendre que certaines personnes pensent le contraire. Mais, de mon côté, je n’ai aucun regret par rapport à mon parcours. J’ai passé des moments très forts dans presque tous les clubs dans lesquels j’ai joué et j’ai avancé étape par étape.

Tu viens de faire ton entrée au comité directeur de l’UNFP, le syndicat des joueur. Peux-tu nous en dire Plus ?
Le syndicat des joueurs travaille depuis de longues années, même si on a  surtout parlé de lui suite à la menace récente de grève qui a interpellé beaucoup de joueurs. Nous avons été sollicités par les instances pour apporter notre contribution. En raison de mon vécu, il est logique que je réponde d’une manière positive. En 2009, je pense pouvoir apporter ma vision précise du foot en tant que joueur. On a besoin du syndicat pour avoir notre mot à dire car nous restons tout de même les acteurs principaux de ce sport. Je fais ça essentiellement pour le bénéfice des jeunes qui sont actuellement dans les centres de formation parce que vu mon âge, il m’étonnerait que je puisse profiter des éventuelles avancées.

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