Venu Tout droit de l’antichambre de la Ligue 2, tous les regards et tous les doutes étaient braqués sur lui, au moins au début. Benoît Costil a dû en plus prendre la place d’un gardien qui s’était imposé comme l’un des meilleurs du championnat. Le droit à l’erreur n’existe pas, surtout pour un gardien.
Beau gosse, bien sapé, c’est un Benoît Costil fidèle à la jeune image qu’on lui prête depuis son arrivée dans l’élite, qui s’est présenté à la fine équipe de Surface. Inconnu du grand public, il débarque cependant au Stade de la route de Lorient, accompagné d’un supporter Sedanais, un de ces fidèles qui n’existent que dans les petits clubs. Il aura passé la journée avec son “idole”, le sourire aux lèvres, les yeux qui pétillent. Pourtant Benoît, malgré son sex appeal confirmé, est loin d’être ce qu’on pourrait appeler une idole. Un Normand qui a migré en Bretagne. Le cidre contre la crêpe. Au moins, même avec le fond d’image le plus pourri du monde, Costil sera toujours photogénique. Installé discrètement dans les cages des Rouges et Noirs, le Caennais a encore tout à prouver, et son titre de meilleur joueur de Ligue 2 ne pourra que l’encourager à continuer. Pour faire baisser les regards sceptiques qui étaient braqués sur lui avant qu’il ne fasse ses débuts dans le grand bain. Il se sent bien intégré aujourd’hui, mais n’en oublie pas ses premiers amours.
En 2007, alors que tu es en contrat depuis deux ans, tu prolonges avec Caen. Finalement, tu n’as jamais vraiment eu ta chance…
Je n’ai pas été très bon et je ne faisais pas de matches extraordinaires. Je n’étais pas prêt et je pense ne pas toujours avoir travaillé comme je travaille aujourd’hui. Je manquais de maturité, et je n’avais pas cette notion de travail.
Qu’est-ce qu’on se dit lorsqu’on est dans l’obligation de signer à Vannes, en prêt ?
Quand je pars à Vannes, c’est un échec pour moi, car je voulais m’imposer à Caen. Partir de Ligue 1 dans le plus petit club pro de France… Et si je ne réussis pas à Vannes, je fais quoi ? Mais même en allant dans le plus petit club de Ligue 2, je pensais Ligue 1 tous les jours.
Tu reviens de prêt et Caen n’est toujours pas disposé à te faire évoluer. À ce moment-là tu leur en veux ?
De retour à Caen, on ne me fait toujours pas confiance. J’ai donc été transféré pour zéro euro à Sedan ! Je suis hyper rancunier, et j’en voulais à Caen de m’avoir traité comme ça. J’ai eu du mal à accepter. Mais ensuite, je ne pensais même plus au Stade Malherbe.
Rennes vendait Nicolas Douchez au PSG, un gardien qui a fait ses preuves en Ligue 1. C’est toi qui le remplace ; ça ressemblait fortement à un pari…
Peut-être, mais il y a un de mes coaches qui m’a dit « ce n’est pas un pari, et ils vont vite s’en rendre compte… » Après, c’est un pari parce que je venais de Ligue 2. Même pour les gens extérieurs, c’était un pari. Je suis arrivé confiant même si je sais que je n’étais pas la priorité, aujourd’hui je suis là. Je m’adapte, et je me protège de la médiatisation.
Tu es arrivé dans un vestiaire où tout le monde se connaissait. Comment s’est passée ton adaptation ?
Pas facile au début, car encore une fois je venais de la Ligue 2. Je sentais des regards sceptiques vis-à-vis de moi. Même dans le vestiaire. Il fallait que je leur montre de quoi j’étais capable. Et l’entraînement, c’est comme un match pour moi. J’avais beaucoup de choses à montrer.
Aujourd’hui, as-tu l’impression d’avoir pris davantage d’importance au sein de l’équipe ?
De l’importance je ne sais pas, mais je me sens de mieux en mieux. Au fur et à mesure des matches, je me dis que je peux jouer, que je peux être au niveau. Au tout début quand on fait deux ou trois bonnes performances, les gens se disent souvent que c’est un feu de paille, mais c’est sur la durée qu’il faut voir. Je veux qu’on puisse me considérer comme un gardien fiable, sur qui on peut compter.
Tu as été élu joueur le plus sexy de Rennes, est-ce que ça a changé ta vie ?
Bah, devant chez moi, il y a 300 nanas ! Je ne peux plus sortir tout seul, c’est super chiant… Je blague, ça ne change rien. C’est un petit concours marrant, qui nous a bien fait rire dans le vestiaire, mais je ne pensais pas que ça prendrait une telle proportion. Je ne pensais pas qu’on allait en parler sur Canal+. Je me suis fait chambrer par mes coéquipiers, mais ce sont des jaloux en fait (rires).
Tu te vois où dans 3 ans ?
En Ligue 1, à Vannes ! (rires) J’attends qu’ils passent de National à la Ligue 2, puis à la Ligue 1, et je retourne à Vannes avec mes amis. J’ai pris beaucoup de plaisir là-bas. Je suis très bien à Rennes, mais si je peux retourner à Vannes, ça serait énorme. Je dis ça en déconnant, même si je le pense un peu. Aujourd’hui pour moi, ça serait prétentieux de dire que je veux jouer plus haut que Rennes. On a tous envie de progresser, mais je veux continuer à progresser avec Rennes. Je ne suis pas que de passage.
Pour toi, qui est le meilleur gardien de Ligue 1 cette saison ?
Sirigu est super performant. Il a ramené beaucoup de points à Paris cette saison. Mais, il y a Lloris que j’aime beaucoup. Je ne vais pas tous les citer mais, en France, on a de très bons gardiens, même en Ligue 2.











