Jonathan Zebina

Posted by Surface On janvier - 23 - 2013

De la Roma à Toulouse, en passant par la Juventus et les bleus, Jonathan Zebina a connu toutes les émotions que peuvent procurer le football professionnel. Si aujourd’hui il profite d’une certaine tranquillité en Ligue 1, malgré des interrogations sur son retour en France, il revient sur ses années italiennes et les moments difficiles de 2006 et en profite aussi pour briser plusieurs tabous.

Pour être honnête, on s’attendait à tout, sauf à voir Jonathan Zebina débarquer en VélôToulouse (le Vélib’ toulousain) au rendez-vous qu’il nous a lui-même proposé place du Capitole à Toulouse, « pour boire un coup » après l’état des lieux de son nouvel appartement dans la ville rose. C’est donc comme cela, que l’ancien joueur passé notamment par la Roma et la Juve se présente aux médias : lunettes de soleil, t-shirt blanc et Vélib’ donc. Une façon de faire qui n’est pas sans rappeler une certaine classe à l’italienne et la décontraction qui va avec. Comme quoi, les footballeurs d’aujourd’hui ne se promènent pas tous dans de grosses berlines. Mais Jonathan Zebina fait partie des exceptions car il est rempli de contradictions, aussi bien dans le football que dans la vie. Retour sur une carrière faite de hauts et de bas, mais aussi de titres.

Capello est un homme qui a beaucoup compté pour toi. Quels étaient vos rapports ?

Je ne crois pas qu’on puisse parler d’amitié, mais c’était particulier parce qu’il avait énormément confiance en moi. J’avais 21 ans lorsque je suis arrivé à Rome, et il m’a tout de suite montré sa confiance. D’autant plus que dans l’équipe il y avait Aldair, qui arrivait en fin de carrière mais qui était un monument à l’époque. Capello m’a fait jouer à sa place tout de suite. Pourtant, la première année où on a gagné le titre, il y a quand même eu des matches où c’était compliqué, mais il m’a toujours fait jouer. Et depuis, on est restés six ans ensemble, de la Roma à la Juve. Avec lui, il y avait ce rapport de confiance mais aussi de grande exigence. Il savait quels étaient mes qualités et mes défauts. À partir de là, il était très, très exigeant envers moi. Mais c’était quelque chose qui me convenait. Il reste une personne à part dans le football international, car c’est l’un des entraîneurs les plus capés au monde. C’est une tronche et quand les supporters le croisent, ils sont très intimidés. Avec lui, j’ai tout de suite été plongé dans le grand bain. Capello est l’un des éléments fondamentaux de ma carrière en Italie. S’il n’avait pas été là, j’aurais pu partir en Angleterre.

Tu as quasiment toujours respecté tes contrats mais tu as aussi joué dans beaucoup de clubs. Un mélange de fidélité et d’instabilité. Comment analyses-tu ce paradoxe ?

Je pense que le plus gros paradoxe, c’est l’équipe de France : c’est zéro, un bilan catastrophique. Les gens n’ont jamais vraiment compris cela et lorsque je suis revenu en France, j’ai vécu le paradoxe du joueur à la grosse carrière, et qui se retrouve à Brest. On aurait été beaucoup moins surpris si j’étais arrivé à Toulouse, Saint-Étienne ou Lyon, comme font tous les internationaux. Le problème c’est qu’à l’époque de mes blessures, j’ai loupé le mondial 2006 parce que je suis parti me faire opérer. Et quelque part c’est quelque chose qui diminue ta carrière. Mais quand tu regardes les clubs où j’ai joué comme la Roma ou la Juve, les gens n’arrivent pas à comprendre pourquoi je n’ai eu qu’une seule sélection internationale. L’équipe de France est mon plus grand regret. Pas la sélection en elle-même, mais cette non continuité physique qui a fait que ma carrière a été diminuée.

D’autant plus qu’à l’époque, c’est Chimbonda qui est sélectionné, une surprise pour tout le monde…

Oui, il sort de nulle part, il a fait l’équipe de France puis il n’est plus jamais revenu. Mais bon, c’était écrit comme ça.

Si tu n’avais pas été blessé, penses-tu que ta carrière aurait été différente ?

C’est sûr. J’ai toujours été au niveau des défenseurs, à part la grosse équipe Thuram/Desailly, parce qu’eux, c’était un autre niveau. Mais sinon, je ne me suis jamais senti inférieur à personne. Je jouais à la Juve et à l’époque c’était quand même quelque chose. D’un point de vue personnel, je pense que cela aurait été mérité et m’aurait fait beaucoup de bien. Mais il y a des choses inexplicables dans la vie. En 2006, on me fait clairement comprendre que si je suis apte physiquement, j’irai au Mondial. Et cette année là, j’ai une pubalgie, je ne me suis pas fait opérer avant parce que j’ai fait confiance au docteur de la Juve qui est une moitié de charlatan, donc je rate la Coupe du monde pour ça. En plus en 2006, c’est l’Italie qui gagne. Tu te rends compte de ce que j’ai vécu ? J’étais devant mon canapé et à chaque fois que la France passait un tour j’étais content et déçu à la fois car je me disais : « regarde ce que tu es en train de louper ». Là je te jure que si on avait été champion du monde je ne m’en serai jamais remis. Je ne vais pas dire merci Zizou mais presque (rires).

As-tu discuté de cette période avec Lilian Thuram ?

Lilian c’est un très bon… (il se reprend). Moi j’arrivais avec ces joueurs, il y avait un grand écart au niveau de l’âge. On rigolait beaucoup mais on n’était pas du tout sur les mêmes sujets ni sur la même longueur d’onde. Lilian c’est quelqu’un que j’apprécie, mais on parlait surtout football ou de choses assez légères.

L’Italie t’a fait grandir sur le plan sportif. Est-ce pareil du point de vue humain ?

Ça c’est sûr, parce que j’ai traversé des moments vraiment compliqués. Je me suis aussi rendu compte de mon caractère, parce qu’au début tu te dis : « Lui il est bizarre, l’autre il est comme ça… » Et quand tu commences à grandir, si tu as un minimum d’autocritique tu peux corriger certaines choses. Cela dépend des gens, mais je suis en général très gentil, très poli voire un peu trop…

Qu’entends tu par « trop poli » ?

C’est mon premier entraîneur quand j’étais à Cagliari (Giampero Venturai), celui qui m’a lancé dans le grand bain qui m’a fait cette remarque. Cette année-là, on a fait une année fantastique mais la saison suivante s’est mal passée et le coach s’est fait limoger. Avant de partir, en rentrant dans sa voiture, il me dit : « Jonathan, n’oublie jamais que la bonne éducation dans le football, ça ne marche pas. » C’est la vérité. Dans le football tu as deux parties : le terrain et le business où tu dois être intraitable. Ce sont deux choses tellement différentes, que de temps en temps tout se mélange et tu t’embrouilles, il y a beaucoup d’amalgames et à un âge où tu es jeune, c’est là que tu peux faire tes plus grosses erreurs. C’est pour ça que je me suis calmé car à un moment, on disait que j’avais deux personnalités, une très agressive sur le terrain et une très calme en dehors.

Avec ton statut de capitaine et ton caractère perfectionniste, ressens-tu une certaine pression à Toulouse ?

Je crois qu’il n’y pas plus grosse pression que celle que je peux moi-même m’infliger. Ce matin on faisait un jeu de conservation et je rate une passe à 20m. Je me suis énervé parce que c’était quelque chose de simple normalement. Et puis maintenant les jeunes d’aujourd’hui, il leur faut beaucoup plus qu’une carrière comme la mienne pour les impressionner. Entre les jeunes, c’est une compétition permanente. Grosso Modo c’est : « dis moi ce que tu as gagné et je te dirais qui tu es. »

Qu’attends-tu de cette expérience au TFC ?

Je ne sais pas, c’est l’avenir qui me le dira. Continuer à avancer et même à progresser, car d’un point de vue technique et tactique, tu peux toujours progresser.

Pourquoi être revenu France ? Était-ce quelque chose de prémédité ?

Non. Je sortais d’une période très compliquée avec la Juve, où …(il réfléchit) Bref, tu as Trezeguet, champion du Monde et d’Europe qui termine chez un promu espagnol (Hercules Alicante), Camoranesi, champion du Monde deux ans avant qui finit dans un club en Allemagne en ayant du mal. Alors je ne sais pas s’il y a un mécanisme qui s’est enclenché, mais le club avait été clair et voulait absolument se séparer de certaines personnes, de son passé tout simplement, et au dernier moment, je suis le 31 août, à minuit, à Brescia. J’ai eu peur parce que j’ai failli finir sans club. Et là, l’année se passe super bien d’un point de vue individuel, sauf qu’on descend en D2. Et après ce que j’avais vécu durant le dernier mercato, je me rends compte qu’il y a un changement complet par rapport à ce que j’avais connu et à ce que je suis en train de vivre. Je me suis dit qu’il fallait peut-être relancer la machine et montrer à tout le monde que j’étais là, une nouvelle fois. Donc n’importe quel club aurait été un bon club. Et là, Brest m’appelle. Je remercie la Bretagne et ses supporters parce que j’ai vécu de très belles choses. Chaque week-end, cela a été super.

L’écart n’est-il pas trop grand entre la Juventus, Brest et Toulouse ?

Disons qu’il n’y a pas de joueur qui a eu la carrière que j’ai eu en Italie, avec cette expérience et qui arrive dans un club aussi bas. Donc quoi que tu dises, dans la tête des gens, cela ne passe pas.

Ne serait-ce pas une seconde jeunesse ?

Peut-être, sans doute même. Je me dis que c’était l’occasion aussi de démontrer à tout le monde que j’avais le niveau pour le faire. Et aujourd’hui, quand je vois ce qu’on dit sur moi : un joueur atypique qui a eu une grande carrière mais pas beaucoup de sélections… À chaque fois que je lis des articles, je vois qu’on se pose des questions sur moi vis-à-vis de ce paradoxe, et c’est le plus grand compliment qu’on puisse me faire.

Aujourd’hui, comment te sens-tu ?

Aujourd’hui, ça va. Je me bats avec mes petits démons, mais j’ai ma petite vie tranquille. Je commence à penser à une vie de famille, et avoir des enfants un jour, je pense que cela aussi m’apaisera beaucoup. Ça ne m’empêchera pas de toujours vouloir gagner, mais j’attends ce moment avec impatience.

Jonathan Zebina ©Vivien Lavau

Jonathan Zebina ©Vivien Lavau

Jonathan Zebina ©Vivien Lavau

Interview Moussa Sissoko

Posted by Surface On janvier - 25 - 2010

Moussa Sissoko, 20 ans, formé au Téfécé, ne cesse de franchir les paliers. Convoqué en équipe de France lors des dernières joutes qualificatives pour la Coupe du Monde, l’une des révélations majeures de notre championnat version 2008/2009 revient pour Surface sur le nul concédé en Championnat  face à Nancy (0-0) le mercredi 20 janvier et son ressenti sur la suite de la saison. Tout droit sorti d’une séance de balnéothérapie, Moussa nous rejoint dans les travées du Stadium de Toulouse. En toute décontraction.

Compte tenu du match, étiez-vous satisfait de ce résultat nul obtenu face à Nancy ?

A la vue du match, le nul est logique. Mais nous n’étions pas satisfaits, au contraire… Il fallait absolument bonifier notre bon résultat obtenu à Valenciennes (1-3) par une victoire à domicile. On était tous déçus. C’était impératif de prendre ces trois points là pour remonter dans la première partie du tableau. C’est vraiment dommage qu’on n’ait pas su le faire. Mais on est toujours sur une dynamique positive avec trois victoires consécutives et un match nul.

Vous retrouverez Guingamp ce mercredi pour les quarts de finale de la Coupe de la Ligue… Comment appréhendez-vous ce match ?

Il faut vite oublier cette rencontre face à Nancy et bien se reposer pour ce déplacement important à Guingamp. On ne peut pas se permettre de négliger les deux coupes où nous sommes encore en lice. Guingamp nous avait sorti la saison passée en demi finale de Coupe de France (ndlr, et avait remporté la compétition). Nous étions vraiment déçus de passer à côté d’une finale à Paris. On veut aller le plus haut possible sur tous les tableaux.

As-tu le sentiment que Toulouse peine plus contre des équipes à vocation défensive ?

C’est vrai qu’on a un peu plus de mal car notre équipe joue beaucoup sur la récupération même si on joue de mieux en mieux au ballon. On s’attache surtout à bien défendre tous ensemble et à chercher le contre. Face à Nancy, c’était difficile. Ils sortaient d’une mauvaise série, je pense que c’est pour ça qu’ils ont bien serré les lignes et essayé d’être costauds derrière. Et forcement, il y avait moins d’espace. On a quand même pu se procurer des occasions. En première mi-temps, on aurait dû mettre ce but qui aurait décanté la rencontre. Nancy se serait découvert… On n’a pas pu le faire et ça s’est compliqué en deuxième mi-temps. Et l’état du terrain n’a rien arrangé.

L’état du terrain justement est parfois très limite, comme il le fut face à Nancy. Cela peut expliquer certaines contre-performances ?

Oui, car c’est vraiment difficile par moment. On ne peut pas jouer rapidement vers l’avant, développer nos contres. Techniquement, c’est compliqué et on ne peut donc pas exploiter tout notre potentiel. Il faut faire preuve de maîtrise et marquer le plus tôt possible. Etre efficace est primordial sur des terrains comme ça. Car plus le temps passe dans la rencontre, plus c’est difficile.

À 20 ans tu es aujourd’hui devenu un joueur cadre du Téfécé et international français… Que de chemin parcouru depuis 2 ans…

Si vous m’aviez dit tout ça il y a deux ans, je vous aurais pris pour un fou ! Etre à Toulouse m’a permis d’avoir ma chance très tôt. C’est un club qui mise sur les jeunes. Il n’y a qu’à voir sur la dernière rencontre, il y avait 7 joueurs issus du centre de formation. Aujourd’hui, je joue plus libéré, je me sens de plus en plus à l’aise sur le terrain. Ca m’a permis d’être sélectionné en équipe de France. Je suis conscient qu’on en attend plus de moi maintenant. Ca m’arrive d’être moins bon certains jours, c’est pour ça qu’il faut continuer à travailler et essayer d’être le meilleur possible avec mon club. Rien n’est acquis, au contraire. Je ne me préoccupe pas du reste pour le moment…

Tu es actuellement le meilleur buteur du Téfécé en championnat avec 7 réalisations, tu te permets de chambrer André Pierre Gignac ?

On en rigole de temps en temps, mais pas trop… A mon poste, je me crée pas mal d’occasions et j’ai eu la chance de mettre des buts. Même si André Pierre en est à 5 buts pour l’instant, on est tous conscient ici de ses qualités. C’est lui le buteur principal. A son poste, c’est un repère pour tout le monde. La dernière saison qu’il a faite a été incroyable. Il est pour beaucoup dans notre succès de l’an passé. Comme il l’a montré à de nombreuses reprises, il est capable de débloquer un match à tout moment. Aujourd’hui, il est quasiment titulaire en équipe de France, et c’est entièrement mérité. De toute façon, le principal est que l’équipe gagne, et il est dans cet esprit là. C’est l’essentiel.

L’arrivée de Kazim est-elle une réponse à un déficit du côté droit ?

Il y a Daniel Brateen qui semble être le plus apte à jouer sur ce côté droit. Mais il nous manquait un joueur à ce poste là dans les moments où Brateen est un peu moins bien. Et vice versa. Durant une période j’ai évolué sur ce côté mais je me sens clairement plus à l’aise dans l’axe. Cela ne me pose cependant aucun problème s’il s’agit de rendre service à l’équipe. L’arrivée de Kazim nous fera du bien. Et plus de concurrence ne peut qu’être que positif pour la suite.

Propos recueillis par Vincent Ricau

Moussa Sissoko

photo: Hugues Anhes

André-Pierre Gignac

Posted by Surface On septembre - 23 - 2009

Nom de code : APG. Profession : braqueur de la Ligue 1. Déjouant tous les pronostics, André-Pierre Gignac a réussi la saison dernière le casse de l’année en décrochant le titre de meilleur buteur du championnat de France avec 24 réalisations. Devenu un atout offensif incontournable de l’équipe de France, le Toulousain puise dans les erreurs du passé la force nécessaire pour ne pas s’arrêter en si bon chemin et poursuivre sa prodigieuse progression.

gignacAndré-Pierre Porte un jean Chevignon Legend, un blouson, une chemise et un foulard IKKS et des gants Dunhill

gignac

André-Pierre Porte un costume, une chemise, une cravate, des gants et un sac bowling Dunhill, des derbies Paul&Joe, des lunettes Ray Ban et un sac en cuir Stephane Verdino.

André-Pierre Gignac

André-Pierre GignacAndré-Pierre Porte une veste Adidas et des lunettes Ray Ban outdoors man Porsche Prêtée par www.Autoclassic.fr

André-Pierre GignacAndré-Pierre Porte un Pull et un foulard IKKS

André-Pierre GignacAndré-Pierre porte un blouson IKKS, des gants Dunhill et un t-shirt Majestic

Il a mis le sujet sur la table au bout de trente secondes de conversation. « Je suis heureux bien sûr mais en même temps, je suis dans une optique de vie  qui fait que je ne me projette pas trop. Dans le passé, je me suis donné des objectifs élevés et ça m’a complètement mis en-dedans, notamment lorsque  je suis arrivé à Toulouse. L’essentiel est ailleurs maintenant pour moi. Prendre match après match, c’est devenu le plus important. » Plutôt que de  s’enthousiasmer sur son titre de meilleur buteur de la Ligue 1 et sur ses sélections désormais régulières en équipe de France, André-Pierre Gignac, qui partage avec Yoann Gourcuff le titre de grande révélation tricolore de  l’année 2009, a d’emblée pris un ton grave et adopté un discours mesuré. Loin de ce que l’on aurait pu attendre d’un footballeur de 23 ans, aussi rigolard que fougueux. Cette rengaine du « match après match », cent fois rebattue par le petit monde du ballon rond, APG ne semble pas l’avoir  apprise en copiant ses petits copains. C’est l’expérience d’une saison  2007/2008 complètement ratée, à l’âge où l’on rêve de progression perpétuelle, qui l’a converti au relativisme. Alors, très bien, commençons  par là. Été 2007 : après cinq saisons passées à Lorient, Gignac signe à Toulouse pour 5 millions d’euros. Dédé n’est alors qu’un attaquant  prometteur qui vient d’inscrire neuf buts pour sa première saison en Ligue 1. À confirmer, donc. Rien à rajouter. Si, tout de même, alors que ce dernier venait tout juste de jouer trois matches en première division, le  sélectionneur Raymond Domenech avait déclaré garder un oeil sur lui ! « Il a quelque chose. Il a un petit plus, quelque chose qu’on remarque. Quand on est entraîneur, on se dit ‘tiens celui-là, il est à suivre parce qu’il peut se passer quelque chose’, donc je vais le suivre. » Heureuse prédiction. Mais,  en ce mois d’août, c’est un interminable chemin de croix qui démarre. « J’ai vécu une saison catastrophique tant sur le plan mental qu’humain et sportif.  Tout s’est mal passé. Collectivement, c’était pareil, on s’est sauvé à la dernière journée, on s’est fait peur toute l’année. »

La Porte VS Gignac : 1-0
Premier couac : avant de finalement s’engager pour le club de la ville rose, le  joueur avait signé un pré contrat avec Lille. « Cette histoire m’a fait vraiment beaucoup de mal : on m’a fait passer pour un mercenaire alors que ce n’est pas vrai. Le salaire était le même. Seulement voilà, c’était le Sud, c’était un stade déjà construit, c’était la possibilité de jouer en Ligue des  Champions et la promesse d’évoluer en 4-4-2. » Ensuite, tout va de travers. Gignac joue peu, boude, traîne des pieds. Deux petits buts en 28 bouts de matches. La star du Téfécé, c’est le buteur suédois Elmander et  personne d’autre. En-dehors du terrain, sa vie toulousaine n’a pas grand chose de rose non plus. À en croire les rumeurs, le jeune attaquant passe  plus de temps à engloutir des montagnes de charcuterie et à jouer son salaire dans les machines à sous qu’à taper dans un ballon. « Quand je lisais  que je ne pensais qu’à gaspiller de l’argent, à aller au casino et que je ne me  concentrais pas sur le foot, ça me faisait vraiment mal au cœur. C’est dur mais ça rend plus fort. Derrière un footballeur, il y a un humain et j’ai l’impression que certains journalistes ne s’en rendent pas trop compte. » À fleur de peau, le joueur souffre terriblement du flot de sarcasmes  médiatiques qui s’abattent sur lui. « La critique me rend fou. Quand tu es gamin et que tu vois le foot en rose, tu ne penses pas du tout à ça. Il y a des  critiques constructives de la part des gens qui connaissent le football. Mais il y a beaucoup de remarques de gens aigris qui sont dures à avaler. » Il se défend de tous ces excès : « J’ai des conseillers financiers et un budget que je  peux brûler chaque mois. Alors, voilà, je le brûle mais ça ne m’empêche  pas de mettre de l’argent de côté pour les impôts et pour une belle qualité de vie après le foot. J’achète des habits pour moi et pour ma famille, je vais au  restaurant, j’achète des jeux vidéo. Je suis un casanier, moi. Quand je sors, c’est avec ma femme et mon fils. Quand on va au casino, je ne gaspille pas plus de 600 euros par soirée et j’y vais une fois par mois. Et puis, ma façon  de vivre n’a pas changé d’une année à l’autre. » Frustré de si peu de temps de  jeu, gavé de tant d’espoirs déçus, le joueur ne se reconnaît plus : en décembre, il frappe une porte du vestiaire qui remporte le combat. Poignet  fracturé. Un mois d’indisponibilité. Finalement, Toulouse et Gignac ne sauvent leur peau en Ligue 1 qu’à l’issue de la toute dernière journée. Voilà pour la saison catastrophe. Voilà pour l’aspect sombre du personnage, susceptible de perdre pied quand la réussite sportive se dérobe.

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Etienne Capoue

Posted by Surface On septembre - 21 - 2009

Révélé lors du dernier exercice, Étienne Capoue a connu une progression  fulgurante. À seulement 21 ans, le toulousain est un titulaire indiscutable dans  son club formateur, mais également au sein de l’équipe de France Espoirs. Et il s’est même emparé du brassard de capitaine de la sélection.

Etienne Capoue

Lorsqu’Étienne Capoue pénètre dans le studio photo, André-Pierre Gignac se prépare à partir. Une poignée de main et quelques vannes bien senties plus tard, le capitaine des Espoirs attend son tour. Comme un gamin, Capoue essaie tant bien que mal de rester sérieux pendant que notre équipe lui  demande de prendre la pose. Beaucoup moins décontracté pendant l’interview, la révélation toulousaine de la saison passée prend tout de même le temps de répondre à nos questions, avec une certaine réserve. Du haut de ses 21 ans, il évoque son parcours au sein du TFC, son rôle de capitaine chez les Espoirs et son avenir proche en tant que footballeur. Un jeune homme mesuré, qui fait du travail l’élément essentiel de la réussite.

COMMENT EXPLIQUES-TU LES BRILLANTS RÉSULTATS DE TOULOUSE LA SAISON PASSÉE ?
Tout vient de l’alchimie entre les jeunes, qui veulent percer et faire une grosse saison, et des joueurs qui veulent se rattraper des échecs passés. On est beaucoup à être issus de la formation toulousaine et on a bien compris, grâce aux valeurs de la maison, que la réussite passe par le mental. Quand on est lancé dans le grand bain, on sait utiliser tout ce qu’on a appris plus jeunes. Donc, d’un côté, on retrouve un esprit d’insouciance avec ces gamins qui veulent réussir et lâcher les chevaux, et de l’autre, c’est plutôt un esprit de revanche. C’est un cocktail qui a parfaitement fonctionné et qui, j’espère, va encore marcher cette année.

COMMENT AS-TU RESSENTI TA PREMIÈRE SÉLECTION EN ÉQUIPE DE FRANCE ESPOIRS ?
C’est le coach qui m’a appelé pour me prévenir. J’étais content pour moi et aussi vis-à-vis du club. Porter le maillot tricolore, c’est vraiment une grande fierté.

TU ES MÊME DEVENU CAPITAINE DE CETTE ÉQUIPE…
C’est un honneur et beaucoup de responsabilités. C’est vrai que je ne suis pas un leader dans l’âme mais j’assume complètement de porter ce brassard et d’essayer de pousser mes joueurs tout en commençant par donner moi-même le maximum. En plus, on a vraiment un super groupe, on se  connaît tous depuis les sélections de jeunes. On veut tous aller très haut,  réussir les éliminatoires et participer à l’Euro. Rien que cet état d’esprit-là est porteur de beaucoup d’espoir.

[...]

André-Pierre Gignac

Posted by Surface On mars - 12 - 2009

André-Pierre Gignac est l’une des révélations de la Ligue 1. Portant à lui seul le poids de l’attaque toulousaine, il fait parti des meilleurs buteurs de notre championnat. Celui qui était la saison passée le remplaçant d’Elmander a pris une dimension supplémentaire : il attire aujourd’hui la convoitise des plus grands clubs et a honoré sa première sélection en Équipe de France à l’occasion du match France-Lituanie au stade de France.

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©Vivien Lavau